Okinum

4 au 22 octobre
2022

Durée
1h15

« Mes ancêtres ont traversé de grandes tempêtes. Mes ancêtres sont des survivantes. Moi aussi je survivrai. »
– Émilie Monnet

Émilie a un barrage dans la gorge, un amoncellement d’ossements d’arbres (okinum, en anishnaabemowin). Un castor géant lui apparaît en songe, comme un guide offrant sa médecine. En cherchant à comprendre le sens de ce rêve récurrent, elle fait émerger les voix et les savoirs enfouis à même son corps pour mieux comprendre d’où elle vient et ce dont elle a besoin.

 

En puisant à même sa propre expérience, l’artiste pluridisciplinaire Émilie Monnet livre une réflexion intime sur la notion de barrages intérieurs, métaphore poétique de la maladie qui entrave nos corps. Alliant l’art de la performance, de l’environnement sonore en direct et de la narration visuelle, elle propose une expérience immersive en trois langues (français, anishnabemowin, anglais) dans laquelle le théâtre, le son et la vidéo sont réunis au moyen d’une dramaturgie unique, circulaire et envoûtante. Elle tisse une série de tableaux oniriques, où l’espace-temps n’est pas conçu de façon linéaire, véritable témoignage d’une filiation qui inspire.

 

« J’ai toujours été fascinée par le monde des rêves. J’y puise toujours l’inspiration pour mes créations. Les rêves sont comme des cadeaux de l’invisible, c’est le langage qui permet aux ancêtres de communiquer avec nous et qui affine l’intuition. Les ancêtres sont en nous et le théâtre est un lieu propice pour leur donner l’espace de s’exprimer à travers nous. »
– Émilie Monnet

Avec OKINUM, solo créé au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en 2018 puis présenté en anglais au Théâtre du Centaur et au Centre national des Arts (CNA) à l’automne 2021, Émilie Monnet poursuit sa résidence d’artiste au Théâtre ESPACE GO, entamée la saison dernière avec la création de MARGUERITE : LE FEU et sa participation en tant qu’interprète au spectacle MYTHE de Mykalle Bielinski. En janvier 2023, Émilie proposera au public d’ESPACE GO le spectacle NEECHEEMUS dans lequel elle explorera les thèmes de l’amour et de l’érotisme depuis une perspective autochtone. En 2021, la pièce OKINUM était finaliste dans la catégorie théâtre des prix littéraires du Gouverneur général du Canada et finaliste pour le Grand prix du Livre de Montréal. La pièce a également été adaptée en œuvre sonore en partenariat avec la Scène nationale du son et le Théâtre autochtone du CNA.

 

Émilie Monnet embrasse à travers ses performances et les œuvres qu’elle produit une démarche artistique ancrée dans des processus de création interdisciplinaires et multilinguistiques, afin de sonder les thèmes de la mémoire, de l’histoire et de la transformation.  Artiste interdisciplinaire engagée, elle fonde en 2011 les Productions Onishka afin de tisser des liens entre artistes de différents peuples autochtones, toutes disciplines confondues. Se servant de la technologie pour rendre à voir l’invisible, Monnet explore le langage, les identités fragmentées et plurielles des peuples autochtones, ainsi que notre rapport à la mémoire et au legs culturel.

 

Au croisement entre le théâtre, la performance et les arts médiatiques, la pratique d’Émilie Monnet privilégie les processus de création collaboratifs, et ses œuvres sont le plus souvent présentées sous forme de théâtre interdisciplinaire ou d’installations immersives. Artiste autochtone en résidence à l’École nationale de théâtre du Canada, elle présente depuis 2016, Scène contemporaine autochtone / Indigenous Contemporary Scene, une plateforme nomade pour la diffusion des arts vivants autochtones. Cinq éditions ont été créées jusqu’à ce jour et la plus récente édition en format festival a été présentée à l’été 2019 en partenariat avec le Festival International d’Édimbourg, le Festival international du livre d’Édimbourg et le Fringe Festival d’Édimbourg. Émilie est d’origine anishnaabe (algonquine) et française et a grandi entre l’Outaouais et la Bretagne. Elle vit actuellement à Tiohtià :ke/Mooniyaang/Montréal.