Neecheemus

19 au 21 janvier
2023

Durée approximative
1h30

Neecheemus veut dire « mon amour » en cri.

 

Pour sa deuxième année en tant qu’artiste en résidence au Théâtre ESPACE GO, l’autrice et metteure en scène Émilie Monnet propose au public un événement festif réunissant des paroles intergénérationnelles de femmes inspirantes et inspirées autour du thème de l’Amour et de l’érotisme. À l’occasion de trois soirées ludiques et engagées, dix femmes artistes autochtones et noires partageront leur conception de l’amour et de la sexualité à travers un geste artistique ou une prise de parole spontanée. Toutes ces propositions seront liées par la musique de Frannie Holder.

 

La conception de l’amour, de l’érotisme et du plaisir est imbriquée au sein même des langues autochtones et des histoires traditionnelles, qui portent en elles une vision du monde spécifique à chacune des cultures et des territoires dont elles sont issues. Ce rapport à l’amour et à la sexualité diffère de la conception occidentale et de son articulation dans les langues latines et anglo-saxonnes. Ainsi, ce spectacle donnera à connaître les conceptions de l’amour que l’on retrouve dans différentes communautés culturelles, permettant d’enrichir par cet éventail de propositions notre propre conception de l’amour et celle de notre rapport à l’autre. En 2020, Émilie Monnet proposait un spectacle événementiel similaire dans sa forme au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Intitulé KICIWEOK, ce spectacle festif réunissait plusieurs artistes autochtones qui s’emparaient à tour de rôle d’un mot dans leur langue autochtone pour l’offrir dans une prise de parole au public. Cette fois-ci, c’est de l’amour et de l’érotisme dont il sera question.

 

Émilie Monnet vient de terminer un projet en trois volets sur le thème de l’esclavage (la triade Marguerite), dont faisait partie la pièce MARGUERITE : LE FEU présentée au Théâtre ESPACE GO en janvier dernier. Aujourd’hui, elle souhaite parler d’amour, surtout après deux ans de pandémie. Avec la triade Marguerite, l’importance de créer des espaces entre communautés autochtone et noire s’est confirmée et les créatrices de NEECHEEMUS ont eu envie d’élargir le concept d’autochtonie au-delà de la frontière québécoise ou canadienne, car il existe des premiers peuples partout, en Afrique aussi, notamment le peuple Amazigh en Afrique du Nord (origines de l’artiste Elkahna Talbi) ou le peuple Woyo au Congo (Tatiana Zinga Botao). Évidemment chaque culture a ses traditions, ses histoires et des conceptions spécifiques au territoire d’où elle vient. Émilie souhaite donc réunir plusieurs voix différentes pour témoigner d’une autre façon d’être en relation avec l’autre, tout en célébrant différentes conceptions de l’amour dans toutes ses formes.

 

À l’ère du #metoo, avoir accès à des conceptions traditionnelles ou qui précèdent les débuts de la colonisation, peut nourrir la conversation et peut-être même apporter des clés pour nous aider à redéfinir notre rapport aux autres, à l’intimité et à la société. La sexualité des femmes autochtones a été influencée très négativement par la colonisation et repenser amour et plaisir en termes de décolonisation peut être une porte de solution face au fléau de violence sexuelle dans leurs communautés.

 

Émilie Monnet embrasse à travers ses performances et les œuvres qu’elle produit une démarche artistique ancrée dans des processus de création interdisciplinaires et multilinguistiques, afin de sonder les thèmes de la mémoire, de l’histoire et de la transformation.  Artiste interdisciplinaire engagée, elle fonde en 2011 les Productions Onishka afin de tisser des liens entre artistes de différents peuples autochtones, toutes disciplines confondues. Se servant de la technologie pour rendre à voir l’invisible, Monnet explore le langage, les identités fragmentées et plurielles des peuples autochtones, ainsi que notre rapport à la mémoire et au legs culturel.

 

Au croisement entre le théâtre, la performance et les arts médiatiques, la pratique d’Émilie Monnet privilégie les processus de création collaboratifs, et ses œuvres sont le plus souvent présentées sous forme de théâtre interdisciplinaire ou d’installations immersives. Artiste autochtone en résidence à l’École nationale de théâtre du Canada, elle présente depuis 2016, Scène contemporaine autochtone / Indigenous Contemporary Scene, une plateforme nomade pour la diffusion des arts vivants autochtones. Cinq éditions ont été créées jusqu’à ce jour et la plus récente édition en format festival a été présentée à l’été 2019 en partenariat avec le Festival International d’Édimbourg, le Festival international du livre d’Édimbourg et le Fringe Festival d’Édimbourg. Émilie est d’origine anishnaabe (algonquine) et française et a grandi entre l’Outaouais et la Bretagne. Elle vit actuellement à Tiohtià :ke/Mooniyaang/Montréal.