Billetterie

NIGAMON/TUNAI

14 au 30 mai
2024

Durée : 1 h 25

Tant ici qu’en Colombie amazonienne, la tortue est une figure centrale de nombreuses cosmogonies autochtones. Ici la terre a été créée sur le dos d’une tortue, là-bas la tortue est la mère de toutes les eaux. Elle est connectée au cycle lunaire et à la dimension féminine de la vie, autant à l’eau qu’à la terre et aux étoiles.

 

Les mots Nigamon et Tunai signifient « le chant » en langues anishinaabemowin et inga. NIGAMON / TUNAI est un manifeste poétique porté par Émilie Monnet et Waira Nina, animé par les liens d’amitié et de solidarité entre elles, et par les échanges et collaborations qu’elles développent depuis douze ans entre communautés autochtones du Nord et du Sud.

 

Au carrefour de l’amitié et des résistances pour la protection des eaux et contre l’extractivisme sur leurs territoires respectifs, les deux femmes nous convient à un précieux partage nourri par les connaissances vivantes, les cosmogonies et les luttes qui les relient. Au Canada prospèrent toujours des compagnies minières et pétrolières, qui là-bas, en Amazonie, sur le territoire du peuple Inga, détruisent des milieux de vie entiers pour en piller les ressources – dont le cuivre, central dans la culture anishinaabe.

 

Dans NIGAMON/TUNAI, Émilie Monnet et Waira Nina expérimentent avec leurs voix, leurs souffles, leur corps. Entremêlant performance immersive et documentaire audio parmi les savoirs et les voix autochtones, cette nouvelle œuvre théâtrale révèle de fascinantes résonances entre les territoires.

 

Waira Nina est une artiste interdisciplinaire, une écrivaine et une conseillère en politique culturelle pour la nation Inga dans la région de Caquetá en Amazonie colombienne. Elle est l’héritière des cérémonies traditionnelles Ambiwaska qui lui ont été enseignées par ses grands-parents et possède une richesse de connaissances qui a contribué à la reconnaissance officielle des territoires Inga et à la création d’un réseau radiophonique panamazonien grâce à l’expérience de la radio communautaire Ingakuna Realizando paisajes Sonoros en langue Inga. Elle est également coordinatrice de la communication et de la culture pour l’association Tandachiridu Inganokuna et conseille les processus pédagogiques de l’établissement d’enseignement Yachaikury School. En tant que dirigeante, elle a œuvré pour la reconnaissance de la richesse culturelle, de l’éducation et des droits de sa communauté. Elle a reçu la reconnaissance officielle de l’Organisation nationale des peuples indigènes de l’Amazonie colombienne (OPIAC) et du gouvernement municipal de San José del Fragua pour son leadership.

 

Émilie Monnet poursuit sa résidence d’artiste au Théâtre ESPACE GO, entamée au cours de la saison 2021-2022 avec la création de MARGUERITE : LE FEU et sa participation en tant qu’interprète au spectacle MYTHE de Mykalle Bielinski. L’année suivante, Émilie présentait la version définitive de sa pièce OKINUM et créait le spectacle NEECHEEMUS qui réunissait des paroles de femmes autochtones et noires autour du thème de l’Amour et de l’érotisme.

 

NIGAMON / TUNAI s’inscrit dans le cycle sur l’Amour amorcé avec NEECHEEMUS. Émilie Monnet poursuit avec cette œuvre sa recherche sur le multilinguisme dans l’espace scénique. Cinq langues cohabiteront sur scène : espagnol, français, anglais, anishnabemowin et inga.

 

Émilie Monnet embrasse à travers ses performances et les œuvres qu’elle produit une démarche artistique ancrée dans des processus de création interdisciplinaires et multilinguistiques, afin de sonder les thèmes de la mémoire, de l’histoire et de la transformation. Elle fonde en 2011 les Productions Onishka afin de tisser des liens entre artistes de différents peuples autochtones, toutes disciplines confondues.

 

Au croisement entre le théâtre, la performance et les arts médiatiques, la pratique d’Émilie Monnet privilégie les processus de création collaboratifs, et ses œuvres sont le plus souvent présentées sous forme de théâtre interdisciplinaire ou d’installations immersives. Elle présente depuis 2016 Scène contemporaine autochtone / Indigenous Contemporary Scene, une plateforme nomade pour la diffusion des arts vivants autochtones. Cinq éditions ont été créées jusqu’à ce jour et la plus récente édition en format festival a été présentée à l’été 2019 en partenariat avec le Festival International d’Édimbourg, le Festival international du livre d’Édimbourg et le Fringe Festival d’Édimbourg. Émilie a aussi été artiste autochtone en résidence à l’École nationale de théâtre du Canada de 2020 à 2022. Elle est d’origine anishnaabe (algonquine) et française et a grandi entre l’Outaouais et la Bretagne. Elle vit actuellement à Tiohtià :ke/Mooniyaang/Montréal.

 

NIGAMON/TUNAI bénéficie du soutien du Fonds national de création du Centre national des Arts et de la Fondation Cole (Dialogues interculturels).

 

NIGAMON/TUNAI a bénéficié d’une résidence Indigenous Dramaturgies Circle au Banff Centre for Arts and Creativity. La pièce bénéficie d’une résidence de création et d’échanges au Centre dramatique Kokolampoe (Saint-Laurent du Maroni, Guyane française) et d’une résidence de création sonore au Centro de la escucha de Sibaté (Colombie).