Cercle miroir transformation
19 janvier au 13 février
2027
« Quand est-ce qu’on va faire du vrai théâtre? »
Dans une salle de centre communautaire, cinq personnes participent à un atelier de théâtre amateur dirigé par Marty, une enseignante idéaliste convaincue des vertus du jeu. Son but : stimuler la créativité, l’expression de soi, la confiance et l’écoute de l’autre. Au programme : échauffements, respirations, jeux de rôles, chaînes de mots, improvisations. Des exercices simples en apparence, mais capables de faire surgir l’inattendu.
Au fil des jours, chacun baisse un peu la garde. Les maladresses deviennent aveux. Les silences se font lourds. Les rires et les tensions s’entremêlent. On ne sait plus si on répète ou si on vit. Si on joue ou si on se livre. Le théâtre n’est plus prétexte, il devient révélateur. Ce qui semblait un simple atelier de théâtre est sur le point de bouleverser des vies ordinaires.
Écrite par Annie Baker, voix incontournable du théâtre contemporain aux États-Unis, Cercle Miroir Transformation est une comédie humaine dans laquelle des êtres cherchent à se reconnecter à eux-mêmes et aux autres. L’action repose sur des gestes anodins — faire des exercices, improviser, jouer — auxquels Baker donne une véritable portée dramatique. Elle s’amuse à semer des indices, des silences, des maladresses et des petits dérapages qui laissent deviner que quelque chose se fissure sous la surface, faisant surgir peu à peu une tension d’une ampleur insoupçonnée. Cercle Miroir Transformation nous invite à regarder de près ces vies ordinaires, avec leurs élans, leurs contradictions et leurs fragilités. Il y a de l’humour, de la cruauté et beaucoup de tendresse dans ces personnages qui essaient, tant bien que mal, de trouver leur place et d’entrer en relation avec les autres. Pas besoin de jouer un rôle pour toucher à quelque chose de vrai. Il suffit de se montrer tel qu’on est, même maladroitement.
Après sa création au Playwrights Horizons de New York en 2009, Cercle miroir transformation remporte en 2010 le prix Obie de la meilleure nouvelle pièce américaine. Le New York Times la qualifie de « captivante, incisive et réellement drôle, ce genre de petit bijou qui donne envie aux gens de sortir dans la rue et de faire passer le mot ». Depuis, elle est l’une des pièces les plus produites aux États-Unis et est régulièrement jouée à l’étranger, notamment au Royal Court Theatre à Londres, au Festival d’Avignon et au Piccolo Teatro de Milan.
Si Amélie Dallaire signe ici sa première mise en scène d’un texte qui n’est pas le sien, c’est parce que Cercle miroir transformation résonne profondément avec sa sensibilité pour les non-dits, le malaise et l’inconfort — ces zones grises où l’humain se révèle dans toute sa vulnérabilité. Fidèle à son art du détail et de la présence, Amélie développe une hyperchorégraphie du réel, où chaque geste et chaque silence comptent. Avant le travail en salle avec les interprètes, elle mènera des laboratoires avec de véritables participants d’ateliers de théâtre amateur, afin de tester les exercices et d’ancrer la mise en scène dans une expérience humaine concrète. Cette étape d’exploration nourrira ensuite le travail des interprètes, qui reprendront à leur tour cette matière vivante, imparfaite.
« Lorsque l’unique Amélie Dallaire m’est arrivée avec Cercle miroir transformation de l’illustre Annie Baker, traduit de façon jouissive par Raphaëlle Lalande, je me suis trouvée sans défense devant un tel alignement d’astres. La metteuse en scène, qui se mesure pour une première fois à un texte d’une autre plume que la sienne, ne pouvait trouver meilleure chaussure à son pied. J’ai savouré ma lecture comme on mange des petits fruits mûrs, tant je me délectais de l’humanité radicale et de l’humour irrésistible du texte. Pourtant, la partition aux allures d’improvisation exige une précision maniaque. Et c’est justement dans ces eaux qu’Amélie Dallaire excelle : désarmante alchimiste, elle n’a pas son pareil pour marier absurdité et profondeur existentielle. Et voilà qu’elle trouve en Annie Baker une autrice à sa hauteur. Le résultat de leur rencontre sera assurément un régal autant pour la rate que pour la pensée. »
— Édith Patenaude