Cet intervalle


Activité gratuite

13 avril
2017

« Tandis que les nouvelles nous montrent des fragments du réel et prétendent à l’objectivité, nous les artistes fabriquons la fiction à partir de ces mêmes fragments, tout en mettant cette fiction en lumière. Quelle démarche est la plus objective? »
 
– Morena Prats

 
 « Je recommence » sont les premiers mots écrits par Evelyne de la Chenelière sur le mur d’ESPACE GO. L’artiste interdisciplinaire Morena Prats s’inspire de ce recommencement pour présenter dans la grande salle une performance qui se situe entre le tableau vivant, la conférence, le théâtre et la danse. Dans cet intervalle, elle réévalue ce que « faire du théâtre » signifie pour elle. Cette pratique a-t-elle encore raison d’être et si oui, sous quelle forme?
 
Afin de répondre à ces questions, Morena Prats vous convie à un nomadisme à travers lequel errance optimiste et erreur (de la même racine errare) deviennent source de découverte. Dans cette performance, Morena Prats fera donc erreur/errance afin d’assembler autrement ses bribes de savoirs, de désirs, de peurs, de mots et d’images. Elle tentera ainsi de réorganiser le réel pour faire jaillir d’autres lectures. Morena Prats croisera la route des aèdes grecs, de l’histoire de l’art, des médias d’information et du corps en mouvement en tentant de réorganiser le casse-tête et relire le monde en réaffirmant l’importance d’errer, ensemble ou isolément.
 
Cette longue performance se veut une sorte de traversée de questions, de réflexions et d’images. Anti-climax, le public pourra entrer et sortir, afin que lui aussi, à son tour, erre/fasse erreur et réorganise le monde à sa guise. Car qu’est-ce que l’expérience esthétique sinon une expérience d’errance poétique, à la fois individuelle et collective?
 

 
Morena Prats a étudié le théâtre à Montréal, Avignon en France et à Minsk en Biélorussie avant de s’installer en Belgique. Sa carrière professionnelle l’a amenée à travailler comme interprète et dramaturge avec le Groupenfonction, le Nature Theater of Oklahoma, Jessica Gazon et Thibault Neve, Olivier Kemeid, le collectif transformiste Bas Nylon, Luce Pelletier, Bérengère Bodin, Jérémie Niel et Nadia Schnock. Elle a exposé son projet photo BOMB dans divers lieux à Bruxelles et à Montréal. Ses expériences professionnelles en tant que dramaturge, interprète et photographe l’ont menée à questionner la dramaturgie des corps en art : qu’est-ce qu’un corps raconte en soi? La juxtaposition de postures corporelles peut-elle générer une histoire?