Sentinelle #2 : Pour l'avenir

Une sentinelle comme 

un témoin

qui observe

mesure

embrasse

les vagues qui transforment 

et celles qui s’échouent

au seuil des institutions.

 

Une sentinelle comme

une vigie

qui

entre la répétition, la réunion et le bain des petit·es

fait le guet

s’assure que ses sœurs

ses ami·es 

continuent de danser de jouer d’inventer

en toute liberté et sécurité.

 

Une sentinelle comme

une lumière

qui éclaire des angles morts

invisibilisés par un système hétéropatriarcal

blanc et bourgeois.

Un phare

qui éclaire les trajectoires possibles 

chemins de désir 

qui existent

en dehors des sentiers (com)battus.

 

Une deuxième sentinelle comme 

une façon de répéter

encore et encore

que les inégalités subsistent

que les mots

équité

diversité

inclusion

ne sont pas que des cases à cocher

des médailles à porter.

 

Une deuxième sentinelle

pour tout ce qui s’est fait pour tout ce qui reste à faire pour tout ce qui commence 

et pour l’avenir.

 

Oui, une sentinelle pour l’avenir.

 

 

 

« si nous avons espoir, ce n’est pas par sentimentalisme. C’est parce que nous savons qu’à force de répéter certains gestes, des nouvelles lignes finissent par se dessiner, qui creusent leurs sillons dans les chairs et créent les formes les plus surprenantes. Les architectes-paysagistes utilisent le terme de chemins de désir pour décrire ces sortes de chemins clandestins, ces marques laissées sur le sol par les allers et venues quotidiennes de certaines personnes qui, au lieu de suivre les routes qu’on leur avait tracées, créent leurs propres voies. En suivant ces chemins de désir, on se rend capable de générer des paysages désorientés. »
— Sara Ahmed