Mot de l’artiste en résidence

Émilie Monnet (2021-2024)

La semaine dernière on m’a remis les clés d’ESPACE GO.

 

Moment de fébrilité.

 

Parce qu’avoir les clés c’est bien sûr avoir accès à des espaces de travail, mais aussi à un lieu qui génère de nouvelles rencontres et des conversations stimulantes, et une communauté avec qui on peut se projeter vers l’avant.

 

Symboliquement, ces clés ouvrent la porte aussi vers tout plein de possibles : la découverte de nouvelles rivières à naviguer à l’intérieur de soi; l’affinement des intuitions et de sa propension à rêver.

 

Le rêve a toujours occupé une place importante dans ma pratique. Au moment du réveil, j’ai même pris l’habitude de rester dans cet état entre le sommeil et l’éveil, là où il est plus facile de retenir les rêves – avant qu’ils ne s’échappent et disparaissent au fond de ma psyché. J’ai un carnet dans lequel je les note pour ne pas les oublier et pour pouvoir me les remémorer en temps voulu.

 

J’ai l’impression que ces rêves m’aident à élargir ma vision et j’y puise toujours l’inspiration pour mes créations.

 

Dans les langues algonquiennes, il y a d’ailleurs un temps de verbe qui indique que nous sommes dans le monde du rêve. C’est dire à quel point le rêve est important pour nous. C’est le langage qui permet à l’invisible de communiquer avec nous et qui nous relie autant au futur qu’au passé.

 

Pour moi le théâtre a toujours été cet espace où les frontières entre le visible et l’invisible sont particulièrement poreuses. Un peu comme au moment du réveil. Peut-être que c’est cela que je cherche à approfondir dans ma propre pratique : comment la création devient elle-même un portail pour traverser ces frontières et pour exprimer le monde de façon plus circulaire.