Dès que je commence à écrire ces quelques lignes, je suis émue. Le goulot de ce texte est trop étroit pour déverser l’arborescence d’idées que mon TDAH autodiagnostiqué a envie de gueuler nerveusement. Mon texte, à l’affiche à ESPACE GO, est une grande, grande aventure pour moi et — vous l’aurez deviné — même si je le cherchais depuis longtemps, c’est troublant de trouver un trésor scintillant comme ça.
Je veux remercier, avec beaucoup d’amitié et d’amour et d’admiration et d’humilité, toutes les personnes qui ont eu le courage de parier sur mon fol art. Je pense que ça prenait des couilles de féministes pour programmer et produire ce show. Je suis hautement choyée qu’on me laisse mon heure hurlante. Édith et Mayi, vous êtes le fourneau du gâteau, l’essentiel. Luce et Marie-Eve, vous êtes le gaz dans le char, le précieux. Mon Olivier, tu es à la fois le bench press et l’Antiphlogistine de ma chambre secrète, tu es le père de mes dernières quelques cellules souches, tu es ma mère porteuse, tu es fou, merci. Sharonista James, tu es dans nos fantasmes depuis 10 ans et tu es plus grande que ça. Et encore merci à tous les autres naïfs que je ne nomme pas.
Le véhicule de mes éditoriaux, c’est l’humour. Je souhaite vous faire rire très sincèrement, mais je ne cache pas le jupon éditorial qui dépasse de Nomme-moé. Le thème de la féminité est un sujet passionnant qui n’a pas de boutte (enfin…ça dépend). Pourquoi faudrait-il « uniformiser son teint », je n’en sais rien honnêtement… mais il est évident que cette idée s’est tellement normalisée que personne ne s’insurge devant des panneaux publicitaires disproportionnés de visages de femmes « parfaitement » maquillées à la porte de toutes les pharmacies. Je pense que c’est un bien triste piège. Attention, je ne critique pas les individus qui se maquillent, je déplore le fait que la cosmétique milliardaire se soit approprié de façon indissociable les mots « beauté, éclat, élégance, pureté… ». Je trouve que le concept même de la femme esthétique se rétrécie dangereusement, c’est un recul triste. Je voudrais bien être une voix pour celles et ceux qui cherchent la beauté ailleurs que dans le crisse de miroir.
Nomme-moé, c’est mon ode, ma prière à l’amitié. Eve et Chloé, ce sont toutes les meilleures amies du monde, les femmes qui se ramassent, à la petite cuillère ou à grandes tapes dans le dos, qui se parlent dans le nez, qui s’éclatent, qui dégueulent à force de rire, qui se comprennent sans rien dire, qui se sentent, qui s’admirent, qui se soutiennent. L’amitié féminine c’est une longue ride… on ne sait pas à quel point parfois. Ma Myriam, sans toi c’est le juste le néant.
Elisabeth Sirois
Autrice