Christine Beaulieu : Dulle Gret, Joyce, Louise
Romy Bédard : La patiente Griselda, Angie
Laura Côté-Bilodeau : La papesse Jeanne, Kit, Shona
Marie-France Lambert : Isabella Bird, Win, Madame Kidd
Ève Pressault : Marlène
Cynthia Wu-Maheux : Dame Nijō, Jeanine, Nell
ACTE 1 : Un restaurant, le soir
MARLÈNE
Personnage central de la pièce, Marlène est une cadre supérieure de l’agence d’emploi Top Girls à Londres, où elle vient d’obtenir une promotion majeure. Pour marquer l’événement, elle convie quelques invitées à un dîner dans un restaurant londonien huppé — non pas des amis, des proches ou des collègues, mais uniquement des femmes historiques, légendaires ou picturales.
À mesure que l’action progresse, Marlène apparaît comme une femme habile, brillante, rusée et dotée d’une langue particulièrement acérée, occupant une position d’autorité incontestable au sein de Top Girls. Pourtant, malgré sa réussite professionnelle et financière, un passé obscur ne cesse de la rattraper, menaçant de faire vaciller tout ce qu’elle a patiemment construit.
Depuis longtemps, Marlène a mis de côté ses responsabilités familiales, incapable de concevoir le monde autrement que comme un champ d’opportunités à conquérir, réussite qu’elle estime indispensable. Ayant su s’imposer dans un univers dominé par les hommes, elle a dû se plier aux règles du patriarcat et renoncer à tout ce qui pouvait être perçu comme faiblesse ou fardeau afin de survivre.
À travers le personnage de Marlène, Caryl Churchill propose une critique du thatchérisme et formule une mise en garde contre les dangers d’une quête de réussite socioéconomique menée au prix de tout ce que la vie peut offrir d’autre.
ISABELLA BIRD
Isabella Lucy Bird est une exploratrice, écrivaine et naturaliste britannique du XIXᵉ siècle. Née le 15 octobre 1831, elle est une enfant fragile, confrontée à de nombreux problèmes de santé, notamment une tumeur de la colonne vertébrale qui nécessite une intervention chirurgicale lorsqu’elle a 18 ans. À 23 ans, un médecin attribue ses maux à un mode de vie trop sédentaire et lui prescrit un long voyage.
En 1854, son père lui remet 100 livres sterling pour qu’elle puisse rendre visite à des proches en Amérique. À une époque où les femmes n’ont guère d’autres choix que d’être femmes au foyer ou ouvrières, Isabella traverse la moitié du monde en quête de guérison, un voyage qui lui fait le plus grand bien. En 1856, elle publie anonymement le récit de cette expédition sous le titre The Englishwoman in America. L’année suivante, elle visite le Canada et l’Écosse, mais chaque retour en Grande-Bretagne semble aggraver son état de santé. Après la mort de sa mère en 1868, elle se lance dans une série d’excursions, finançant ses voyages par la publication de ses récits, souvent sous forme de lettres adressées à sa sœur.
En 1872, Isabella entreprend un long périple à l’étranger : d’abord en Australie, puis à Hawaii (alors appelées Îles Sandwich), où elle tombe amoureuse de l’archipel et écrit son deuxième livre, The Hawaiian Archipelago, publié en 1875. Elle se rend ensuite au Colorado, alors territoire du Far West américain. Elle monte à cheval, manie le lasso et attrape le bétail avec une aisance qui lui vaut la réputation d’être aussi habile qu’un cavalier masculin. Elle parcourt plus de 1 200 kilomètres dans les Rocheuses durant l’hiver 1873-1874. Bravant tempêtes de glace et nuits passées dans la neige, elle escalade des sommets vertigineux. Ses lettres de ce voyage sont réunies dans son troisième ouvrage, A Lady’s Life in the Rocky Mountains, paru en 1879.
En février 1889, Isabella visite l’Inde, traverse le Tibet et parcourt la Turquie, la Perse et le Kurdistan. L’année suivante, elle accompagne un groupe de soldats britanniques entre Bagdad et Téhéran. Grâce à ses récits et photographies publiés pendant des décennies dans journaux et magazines, elle acquiert une grande notoriété et devient une défenseure infatigable des droits des femmes. En 1892, elle se forme à la photographie au Regent Street Polytechnic (devenu l’Université de Westminster) à Londres. Cette même année, elle devient la première femme admise à la Royal Geographical Society, puis, cinq ans plus tard, à la Royal Photographic Society.
En 1897, elle effectue son dernier grand voyage vers les sources des fleuves Yang Tsé Kiang en Chine et Han en Corée, donnant lieu à de nouvelles publications, illustrées de ses photographies.
Isabella Bird meurt le 7 octobre 1904 à Édimbourg, quelques mois après son retour du Maroc, peu avant son 73e anniversaire. Elle préparait alors un nouveau voyage.
Lors du dîner de Marlène, elle est la seule invitée à ne pas avoir d’enfants et la seule dont le travail est reconnu et honoré de son vivant. Churchill l’inclut sans doute précisément pour montrer comment la maternité est souvent perçue comme un fardeau à travers l’histoire. Contrairement à beaucoup d’autres femmes, la vie d’Isabella, bien que marquée par des tragédies, est largement exempte d’abus ou de contrôle masculin. Tout au long de son existence, elle évolue dans des espaces traditionnellement masculins et pratique des activités réservées aux hommes — explorant le monde, se rapprochant de la nature et écrivant librement. Son succès, indépendant de la maternité ou du pouvoir économique, nous invite à repenser la notion même de réussite.
DAME NIJŌ
Aristocrate japonaise du XIIIᵉ siècle, Dame Nijō est l’auteure du Towazugatari, un journal dans lequel elle raconte les splendeurs et les misères d’une favorite impériale. Cette œuvre écrite à la première personne témoigne de la vie à la cour de l’époque, de ses coutumes et de ses règles.
Née en 1258, Nijō est la fille du grand conseiller impérial Koga Masatada. Son père et son grand-père paternel occupent des postes importants à la cour impériale, et de nombreux membres de sa famille jouissent d’une grande réputation pour leurs talents littéraires. Son véritable prénom demeure inconnu. Le nom « Nijō » lui est donné à la cour : il est alors courant de désigner les dames de la cour par le nom de la rue où elles résident, et « Nijō » (« Deuxième avenue ») indique un rang élevé, proche de la Première division, où se trouve la résidence impériale.
L’empereur Go-Fukakusa fut épris de la mère de Nijō, Kinshi, qui a initié le jeune empereur de quatorze ans à la sexualité. Cependant, Kinshi meurt peu après la naissance de Nijō, et Go-Fukakusa reporte alors ses affections sur l’enfant. Nijō est amenée à la cour à l’âge de quatre ans et y est élevée. En 1271, à quatorze ans, son père la donne à Go-Fukakusa comme concubine. L’empereur laisse souvent entendre qu’il en fera son épouse. Le grand malheur de Nijō est qu’elle n’obtiendra jamais ce statut auquel elle pouvait prétendre.
La vie de Nijō à la cour est marquée par de nombreuses épreuves. La mort de son père alors qu’elle a quinze ans complique sa situation, car elle perd un soutien influent. Sa relation avec l’empereur devient aussi tendue : il exige plusieurs fois que Nijō s’engage dans des liaisons amoureuses avec d’autres hommes pour mieux les lui reprocher ensuite. De plus, elle fait l’erreur de s’amouracher du frère cadet du monarque, ce qui a l’heur de déplaire fortement à ce dernier. La situation est d’autant plus complexe qu’elle connaît plusieurs grossesses : son unique enfant avec Go-Fukakusa meurt en bas âge, et ses trois autres enfants, toutes des filles, lui sont arrachés pour être élevés à leur tour comme concubines.
Déjà mécontente de la faveur que porte Go-Fukakusa à Dame Nijō, l’épouse principale de l’empereur, Higashi-nijō, trouve le moyen de la faire expulser de la cour en 1283. Tombée en disgrâce, Nijō devient nonne bouddhiste et abandonne la cour pour parcourir à pied les provinces du Japon, en toute liberté, sur les traces de personnages historiques et de poètes célèbres. Elle voyage dans des lieux sacrés, faisant enfin l’expérience de la vie pour elle-même.
Réhabilitée, elle revient parfois à la cour, mais à chaque fois pour mieux la quitter.
Elle s’éteint à une date postérieure à 1307.
Les récits des traitements atroces que Nijō subit de la part de la noblesse révèlent le scepticisme de Caryl Churchill envers les classes dirigeantes. Plus encore, la vie de Nijō — dictée à chaque instant par les volontés et désirs de figures patriarcales — est mise à nu dans la pièce pour démontrer les effets profondément délétères de l’existence sous le patriarcat.
DULLE GRET (OU MARGOT LA FOLLE)
Dulle Gret (ou Griet en néerlandais) est le sujet de Dulle Griet, un tableau de la Renaissance flamande peint par Pieter Brueghel l’Ancien (1525-1569). Cette œuvre — une huile sur panneau de chêne de 115 x 161 cm — date de 1563 et représente une femme armée d’une longue épée, coiffée d’un casque de fortune, vêtue d’une armure de combat, qui mène un groupe de femmes à l’assaut de l’Enfer pour le piller. Autour d’elle, les scènes de destruction dominent, avec le rouge des flammes omniprésent. Tandis que ses compagnes d’armes vandalisent une maison, Dulle Gret avance vers la bouche de l’Enfer, au cœur d’un paysage peuplé de monstres tout droit sortis de l’univers de Jérôme Bosch. Elle paraît géante à côté des autres personnages.
Cette œuvre est l’une des peintures les plus complexes à interpréter. En effet, il est difficile d’identifier chaque personnage, chaque créature monstrueuse, chaque objet et d’expliquer leur symbolique. Mais on peut surtout y voir, dans le contexte de l’époque, une allégorie de la Flandre ravagée par les guerres et la domination espagnole.
Si le mot Griet est parfois une insulte adressée à une femme querelleuse ou en colère, ce personnage de l’œuvre de Brueghel est réinterprété dans l’art et le théâtre modernes comme un symbole de l’émancipation féminine et de la lutte contre l’injustice, en complète opposition à ce qu’on attend des femmes au Moyen Âge.
L’action du tableau fait peut-être aussi référence au proverbe flamand : « Elle pouvait aller piller l’Enfer et en revenir saine et sauve », qui qualifie une femme d’un courage et d’une ténacité exceptionnels, capable d’affronter les pires dangers.
En intégrant Gret au banquet, Caryl Churchill met en lumière le sexisme inhérent à cette représentation, tout en établissant un parallèle subtil entre le désir de pouvoir et de richesse de Gret et celui de Marlène. Gret est une femme peu loquace, mais elle révèle vers la fin du repas que, dans son village, elle et les autres femmes ont vu leurs enfants mourir, victimes de la guerre, et qu’elles ont pris d’assaut l’Enfer afin de combattre le mal à sa source.
LA PAPESSE JEANNE
La papesse Jeanne est un personnage du IXe siècle qui, selon la légende, se déguise en homme au Moyen Âge et règne comme pape pendant deux ans, jusqu’à ce que sa véritable identité soit découverte.
Vers 850, Jeanne, une Anglaise née à Mayence en Allemagne, grandit sous la férule d’un père sévère et rigide. Très vite, elle se révolte contre les préjugés et interdits qui pèsent sur les femmes. Elle apprend à lire et à écrire en secret et parvient à être admise à l’école de la cathédrale de Dorstadt, en Basse-Saxe. Les études étant réservées aux garçons, elle ne peut y résider. Elle s’éprend alors d’un jeune homme passionné de lettres, se travestit et prend le nom de « Jean l’Anglais » pour le suivre jusqu’à Athènes. Sa piété et son érudition lui permettent de gravir les échelons de la curie, de devenir cardinal puis pape. Son pontificat dure deux ans, cinq mois et quatre jours, de 855 à 857.
Les historiens s’accordent à dire qu’il s’agit d’un mythe, aucune source contemporaine du IXe siècle ne prouvant son existence, mais elle sert à illustrer les débats sur la place des femmes dans l’Église et inspire de nombreux récits médiévaux. Son existence n’est mentionnée pour la première fois que trois cents ans plus tard, vers 1250, dans la Chronica universalis du moine français Jean de Mailly. Dans son écrit, ce dominicain du convent de Metz indique une mention « à vérifier » avant de révéler l’affaire : « Il s’agirait d’un certain pape, ou plutôt d’une papesse, car c’était une femme ; se déguisant en homme, il devint, grâce à l’honnêteté de son caractère, notaire de la curie, puis cardinal, enfin pape. »
Un autre moine français, Étienne de Bourbon, reprend ce récit, qui est copié par la suite par d’autres ecclésiastiques dans les années suivantes.
Dès la fin du XIIIe siècle, l’histoire connaît un large succès, portée surtout par des religieux. Ainsi, en Pologne en 1278, le moine Martin de Troppau apporte de nombreux détails factuels, transformant la légende en fait historique. Dans sa Chronique des pontifes romains, qui recense les biographies des papes depuis Saint-Pierre, il explique que la jeune femme devient pape sous le nom de Jean VIII : « Elle progresse tant dans les diverses sciences qu’on ne trouve personne qui lui soit son pareil, à tel point qu’à Rome, en enseignant les arts du trivium, elle a de grands maîtres pour disciples et auditeurs. Et puisque, en ville, elle jouit d’une grande réputation pour sa vie et sa science, elle est élue pape à l’unanimité… »
Après plus de quatre cents ans de déni, la papesse Jeanne figure aujourd’hui dans les registres du Vatican.
Son exclusion du catalogue des saints pontifes s’inscrit dans le débat sur l’impossibilité pour les femmes d’accéder aux ordres sacrés, débat initié vers 1140 par Gratien, qui affirme dans son Decretum Gratini que « les femmes ne peuvent être promues ni au sacerdoce ni au diaconat ». Mais, en insérant dans cette œuvre majeure du droit canonique des textes mentionnant des diaconesses et même des presbyterae (femmes de prêtre), il laisse ouverte une brèche que les canonistes s’empressent chaque fois de refermer.
La papesse Jeanne désire le pouvoir à un point tel qu’elle renonce à sa condition de femme : non seulement elle dissimule son identité féminine à ses proches et fidèles, mais elle en vient à oublier elle-même sa féminité. Elle ne réalise qu’elle est enceinte que lorsqu’elle accouche dans la rue en montant à cheval, un jour de procession religieuse. Ce jour-là, Jeanne et son enfant sont aussitôt emmenés et lapidés à mort par une foule en colère d’avoir été trompée.
Jeanne vit sa vie en quête de liberté qu’elle ne peut conquérir qu’en dissimulant son genre réel, et son histoire interroge ce que signifie renoncer à sa féminité pour accéder à des privilèges et formes de pouvoir traditionnellement masculins. Dans la pièce de Caryl Churchill, le destin de Jeanne fait écho à la quête de pouvoir de Marlène, menée au détriment de son identité.
LA PATIENTE GRISELDA
La patiente Griselda est une figure emblématique de la littérature européenne médiévale et de la Renaissance, célèbre pour son obéissance conjugale absolue et sa patience inébranlable.
Elle est l’héroïne du dernier récit du Décaméron de Giovanni Boccaccio, rédigé vers 1350 à partir d’une source française antérieure. Pétrarque assure à l’histoire une diffusion majeure en la traduisant en latin en 1373 (De Patientia Griseldis), ouvrant la voie à de nombreuses traductions à travers l’Europe. À la fin du XIVᵉ siècle, Geoffrey Chaucer la fait découvrir au public anglophone avec Le Conte du clerc, intégré aux Contes de Canterbury.
Absorbé par les plaisirs de la chasse, Gualtieri, marquis de Saluces, ne songe ni au mariage ni à la descendance. Inquiets de le voir vieillir sans héritier, ses amis et ses sujets le pressent de prendre épouse. Pour faire taire leurs reproches, il choisit délibérément une jeune femme pauvre, issue d’un village voisin, espérant ainsi contrarier ceux qui insistent tant pour son mariage. Il se persuade également que la beauté de la jeune fille rendra la vie commune au moins supportable.
Gualtieri demande alors à Griselda si elle accepte de l’épouser, de l’aimer, de l’honorer et de lui obéir en toutes circonstances, sans jamais le critiquer ni remettre en cause son autorité. Elle consent sans hésitation et le mariage est célébré aussitôt.
Installée au château, Griselda devient l’objet d’une série d’épreuves imaginées par le marquis, décidé à tester sa loyauté et sa patience. Peu après la naissance de leur premier enfant, une fille, il lui annonce que ses sujets refusent cette naissance et que l’enfant doit être mise à mort. Griselda se soumet sans protester et lui remet le nourrisson. En réalité, Gualtieri fait secrètement emmener l’enfant et l’élève à l’abri des regards.
Quelque temps plus tard, Griselda met au monde un fils. Déterminé à poursuivre son épreuve, Gualtieri exige également la mort de cet enfant. Une fois encore, Griselda obéit sans se plaindre, et l’enfant est, comme sa sœur, emmené dans un lieu secret où il est bien traité.
Gualtieri conçoit alors une dernière épreuve. Il répudie publiquement Griselda, affirmant avoir obtenu du pape une dispense lui permettant de divorcer et d’épouser une femme digne de son rang. Dépouillée de tout, Griselda est renvoyée chez son père, acceptant cette humiliation sans la moindre protestation.
À l’approche des noces annoncées, Gualtieri rappelle Griselda au palais, non plus comme épouse, mais comme servante, afin qu’elle prépare la cérémonie. Il lui présente alors une jeune fille de douze ans, qu’il désigne comme sa future épouse, sans qu’elle sache qu’il s’agit en réalité de sa propre fille.
« Que penses-tu de ma nouvelle épouse ? » lui demande-t-il.
Griselda répond simplement : « Si sa sagesse égale sa beauté, vous serez très heureux ensemble. »
Devant une telle constance, Gualtieri reconnaît enfin la sincérité, la fidélité et la patience de Griselda. Il lui révèle la vérité, lui rend ses enfants et la rétablit dans son rôle d’épouse.
Racontée pendant des siècles par des auteurs masculins, l’histoire de la patiente Griselda a servi de parabole exaltant la patience et l’obéissance féminines. Dans Top Girls, Caryl Churchill en propose une lecture critique, mettant en lumière la violence symbolique, la souffrance et le traumatisme infligés à Griselda, entièrement sacrifiés aux intérêts, au pouvoir et à la richesse d’un homme.
ACTE 2
Scène 1 : L’agence de placement Top Girls, le lundi matin
MARLÈNE
(voir fiche plus haut)
JEANINE
Jeanine est une jeune femme qui se présente à l’agence d’emploi Top Girls pour un entretien avec Marlène. Désireuse d’améliorer sa situation financière, elle économise en vue de se marier et de fonder un foyer. Marlène la met toutefois en garde contre le fait de privilégier la vie familiale au détriment de la carrière, allant jusqu’à lui expliquer que révéler à de futurs employeurs son intention de se marier — et éventuellement d’avoir des enfants — risque de compromettre sérieusement ses perspectives d’embauche.
Scène 2 : La cour arrière de Joyce, le dimanche après-midi
JOYCE
Joyce est la sœur de Marlène. Issue de la classe ouvrière, humble et profondément enracinée dans sa ville natale d’Ipswich, elle a renoncé à ses propres aspirations afin d’élever Angie et de prendre soin de leurs parents vieillissants. Elle porte ainsi le poids des choix individualistes de sa sœur et en incarne les conséquences concrètes. Figure de l’engagement collectif, Joyce représente la solidarité et le sens des responsabilités, se posant en contrepoint — et en critique — de l’échec du féminisme individualiste que Marlène incarne.
ANGIE
Angie est une adolescente marginalisée et négligée. À seize ans, elle présente un retard affectif et cognitif, vit dans une grande solitude et nourrit le rêve de fuir vers Londres afin de devenir, comme sa tante Marlène, une Top Girl. Angie incarne celles que le féminisme individualiste de Marlène a laissées sur le bord du chemin : elle en révèle le coût humain, cristallise la tragédie d’une génération sacrifiée et clôt la pièce sur le mot « Effrayant », lancé face à un avenir aussi incertain qu’inquiétant.
KIT
Kit est une fillette de douze ans, voisine et amie d’Angie. Elle se distingue par une cruauté et une agressivité marquées, tant dans ses paroles que dans ses gestes. Pourtant, malgré leurs conflits constants, Kit paraît profondément sous l’emprise d’Angie, allant jusqu’à lui déclarer son attachement. Elle s’étonne par ailleurs qu’une adolescente de seize ans choisisse de fréquenter une amie de quatre ans sa cadette.
Scène 3 : L’agence de placement Top Girls, le lundi matin
NELL
Nell est une jeune employée de l’Agence de placement Top Girls. Volubile et ambitieuse, elle se réjouit du succès de Marlène, tout en nourrissant ses propres rêves et en manigançant pour progresser dans la hiérarchie du monde des affaires.
WIN
Win, jeune employée à l’Agence Top Girls. Elle se montre amusée par le succès récent de Marlène et semble totalement détachée de toute jalousie.
MARLÈNE
(voir fiche plus haut)
LOUISE
Louise, 46 ans, se présente à l’Agence de placement Top Girls pour un entretien aux côtés de Win, qui considère son âge comme un véritable « handicap ». Après plus de vingt années passées dans son poste actuel, elle éprouve un profond sentiment de frustration et de mépris. Malgré son engagement constant, elle a vu de jeunes hommes — qu’elle a formés — accéder à de meilleures fonctions, que ce soit dans son entreprise ou ailleurs, tandis qu’elle demeure enfermée dans une impasse professionnelle sans perspectives d’évolution.
ANGIE
(voir fiche plus haut)
MADAME KIDD
Madame Kidd est l’épouse de Howard Kidd, employé à l’Agence Top Girls. Elle se rend auprès de Marlène pour la supplier de renoncer à sa récente promotion afin que son mari puisse en bénéficier à sa place. Howard, profondément humilié, nourrit une colère intense d’avoir été devancé par une femme. Quant à Madame Kidd, elle se dit indignée d’avoir consacré toute sa vie à soutenir son mari dans l’espoir d’assurer sa réussite économique, pour finalement le voir défait par une femme.
SHONA
Shona, venue à l’entretien accompagnée de Nell, triche quasiment sur l’ensemble de son CV, exagérant ses succès et augmentant son âge afin de paraître plus accomplie et plus expérimentée.
ACTE 3 : La cuisine de Joyce, le dimanche soir, un an plus tôt
MARLÈNE
JOYCE
ANGIE
KIT
BIBLIOGRAPHIE
EN GÉNÉRAL
Top Girls Characters
https://www.litcharts.com/lit/top-girls/characters/dull-gret
ISABELLA BIRD
Why Isabella Bird, the Victorian explorer forgotten by history, became my heroine The Guardian, Ruby Wax
Isabella Bird (1832-1904): Traveller, Travel Writer and Photographer, Part I, The Victorian Web, Jacqueline Banerjee, PhD, Editor-in-Chief
https://victorianweb.org/history/explorers/bird.html
Isabella Bird
https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabella_Bird
GRISELDA
Griselda (folklore)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Griselda_(folklore)
Griselda, fictional character, Britannica Editors, René Ostberg
https://www.britannica.com/topic/Griselda
Grisleda, Giovanni Boccaccio
https://sites.pitt.edu/~dash/griselda.html
The Griselda Story, Two Miles High
https://two-miles-high.ghost.io/the-griselda-story/
LA PAPESSE JEANNE
Papesse Jeanne, Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Papesse_Jeanne
La vraie histoire de la papesse Jeanne, L’Histoire, Agostino Paravicini Bagliani
https://www.lhistoire.fr/la-vraie-histoire-de-la-papesse-jeanne
Voici la véritable histoire de la papesse Jeanne, cette femme pape que l’Église a elle-même imaginée, L’édition du soir, Ouest-France, Gauthier Demouveaux
https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2024-12-12/voici-la-veritable-histoire-de-la-papesse-jeanne-cette-femme-pape-que-l-eglise-a-elle-meme-imaginee-05bfc3c0-366e-4ae7-b4d2-b64aab3d6782
La folle histoire de la papesse Jeanne, Histoire du Vatican, La Tribune de Genève, Jocelyn Rochat
https://www.tdg.ch/legende-du-vatican-la-folle-histoire-de-la-papesse-jeanne-715376626088
Jeanne la papesse, EU Universalis.fr
https://www.universalis.fr/encyclopedie/la-papesse-jeanne/
La papesse Jeanne a bien existé – FAUX, Historia, Olivier Tosseri
https://www.historia.fr/personnages-historiques/biographies/la-papesse-jeanne-a-bien-existe-faux-2058575
Histoire de la papesse Jeanne, Presses universitaires de Lyon, Agostino Paravicini Bagliani
https://presses.univ-lyon2.fr/product/show/9782729714314/histoire-de-la-papesse-jeanne
DULLE GRET
Margot la folle, Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Margot_la_folle
Dulle Griet (canon), Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dulle_Griet_(canon)
Dulle Griet, Pieter Bruegel, Le Soir, La rédaction
https://www.lesoir.be/art/1084528/article/soirmag/soirmag-histoire/2016-01-04/dulle-griet-pieter-bruegel
Dulle Gret, Pays natal, Textes et prétextes, Bruxelles, Dominique Rolin
http://textespretextes.blogspirit.com/tag/dulle+griet
Dulle Griet: The Many Faces of Mad Meg, Willow Winsham Blogspot, 2015
https://winsham.blogspot.com/2015/04/dulle-griet-many-faces-of-mad-meg.html
La « Dulle Griet » de Pieter Brueghel, Art Académie, artcompas
https://artacademieparis.com/la-dulle-griet-de-pieter-brueghel/#page-content
DAME NIJŌ
Dame Nijō, Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dame_Nij%C5%8D
Splendeurs et misères d’une favorite (le Towazugatari), par Dame Nijô, Littérature du soleil levant, Roger Raynal
https://litteraturedusoleillevant.wordpress.com/2019/03/10/splendeurs-et-miseres-dune-favorite-le-towazugatari-par-dame-nijo/
The Incredible Journey of Lady Nijo, Lilian Liu
https://blogs.ubc.ca/asia453/2021/04/27/the-incredible-journey-of-lady-nijo/
Splendeurs et misères d’une favorite, LaLibrairie.com, Nakanoin Masatada no Musume
https://www.lalibrairie.com/livres/splendeurs-et-miseres-d-une-favorite_0-196346_9782877307192.html
Japon : les concubines, esclaves du trône impérial, GEO, Christèle Dedebant
https://www.geo.fr/voyage/japon-les-concubines-esclaves-du-trone-imperial-184926