Travailleuses migrantes

Photo : André Querry

Les travailleuses et travailleurs migrants font depuis longtemps partie de l’histoire du Canada. En effet, jusqu’aux années 60, les politiques d’immigration ont explicitement restreint l’installation des personnes non blanches, tout en profitant de leur force de travail. Ce traitement discriminatoire des personnes migrantes s’est ensuite poursuivi sous d’autres formes.

Depuis 2008, la migration temporaire a dépassé l’immigration permanente au Canada. Les femmes racisées représentent une large partie de cette main-d’œuvre migrante temporaire, principalement originaire des Philippines, du Guatemala et du Mexique. Elles effectuent un travail indispensable à la survie de nos sociétés : faire pousser des légumes, prendre soin d’enfants, d’aîné·es, de personnes malades ou en situation de handicap, effectuer du travail ménager, travailler dans les commerces de proximité ou dans l’hôtellerie/restauration. Malgré leurs qualifications et leurs diplômes, ces femmes sont enfermées dans des secteurs d’activité précaires et ont peu d’accès à la résidence permanente.

Leur statut d’immigration temporaire les expose aux abus de toutes sortes, particulièrement au travail : salaires impayés, haut taux d’accidents de travail, harcèlement sexuel, accès difficile aux soins de santé, au congé de maternité, à l’école pour leurs enfants, etc.

Depuis la crise de la COVID-19, on constate à quel point un grand nombre de ces travailleuses sont « essentielles ». Au sein d’organisation comme l’Organisation des femmes philippines du Québec (Filipino Women’s Organization in Quebec – PINAY), le Centre des travailleurs et des travailleuses immigrants ou encore Solidarité sans frontières, ces migrantes luttent pour être régularisées ou pour obtenir un statut d’immigration permanent.

En plus d’actions concrètes pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, ces militantes contribuent à éclairer le rôle du Québec dans la perpétuation des inégalités Nord-Sud ainsi que leurs effets spécifiques sur les femmes, et à dénoncer la dépendance de notre société à l’exploitation des travailleuses et travailleurs, par exemple à travers la consommation de produits et de services à prix dérisoires.

Alexandra Pierre
Militante féministe

La photo est exposée dans la vitrine du Cacique Grill.
Situé au coin Saint-Laurent et Mont-Royal, Cacique Grill gagne à être connu! On y offre de délicieux plats traditionnels du Venezuela qui feront le bonheur de tout le monde.

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