Intersectionnalité

Photo : Catherine Legault

Le terme a été popularisé en 1989 par la juriste afro-américaine Kimberlé Crenshaw. Elle constate que les Noires sont invisibles dans les mouvements féministes alors que les femmes sont invisibles dans les luttes de libération des Noirs, les deux mouvements étant incapables d’entrevoir la réalité du point de vue des femmes noires. Relativement récent, le terme est cependant inspiré par une longue tradition de résistance spécifique des femmes autochtones et des femmes noires depuis la colonisation des Amériques et l’instauration du système esclavagiste.
L’intersectionnalité est donc une critique de la tendance à homogénéiser le vécu des femmes. Dans le cas du Québec, toutes les femmes ne sont pas blanches, francophones, sans handicap et de classe moyenne. Déjà, dans les années 70, des féministes d’origine haïtienne au Québec — sans dire le mot intersectionnalité — parlent de la triple oppression qu’elles subissent parce qu’elles sont femmes, noires et immigrantes.

Ainsi, le féminisme intersectionnel affirme qu’il n’est plus possible de discuter de sexisme seul, sans sérieusement prendre en compte d’autres éléments tels que le racisme, le capacitisme, l’hétérosexisme, la transphobie ou le classisme. Les injustices subies par les femmes et les personnes au genre non conforme découlent en partie du patriarcat, mais ne se limitent pas à lui seul. Au-delà d’une meilleure prise de conscience de certaines réalités, les féministes intersectionnelles en appellent à une autre répartition du pouvoir et des ressources au sein des mouvements féministes. Elles demandent donc de mettre fin aux inégalités présentes au sein du mouvement des femmes afin de construire une véritable sororité, au-delà de certaines solidarités de façade.

Dans les dernières années, le féminisme intersectionnel a ainsi questionné certains angles morts des féminismes majoritaires : le mouvement Black Lives Matter souligne, par exemple, comment les femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou trans sont aussi susceptibles de subir des violences aux mains de la police ou par d’autres institutions; des militantes du mouvement #MeToo ont dénoncé l’invisibilisation des violences subies par les femmes racisées et les femmes en situation de handicap à cause de stéréotypes persistants sur leur sexualité; des femmes autochtones et des féministes racisées ont démontré comment, à cause de leurs mauvaises conditions de vie présentes et historiques, elles sont déjà les plus touchées par les impacts dévastateurs des changements climatiques.

Alexandra Pierre
Militante féministe

La photo est exposée dans la vitrine du Allô! Mon Coco.
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