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Photo : André Querry

Le 27 juin 2017, Pierre Coriolan est tué par le SPVM dans son appartement du quartier Centre-Sud, à Montréal. L’homme de 58 ans vient d’apprendre qu’il serait évincé de son logement. Il s’agite chez lui, seul. Des voisins appellent la police, qui agit très rapidement une fois arrivée sur les lieux. Coriolan reçoit des balles de plastique, puis est atteint à trois reprises par une arme à feu. Une balle reçue à l’estomac lui sera fatale.

Le 2 juillet, Montréal Noir, Hoodstock et Black Lives Matter lancent un rassemblement devant l’édifice HLM où Coriolan a été abattu. En plus des activistes locaux, des groupes de Toronto et de Los Angeles se joignent à la manifestation afin de contribuer à ce que cette tragédie locale reçoive une couverture ailleurs en Amérique du Nord. Malgré une mobilisation importante, peu de journalistes assistent au rassemblement de départ. La manifestation se déplace sur la rue Sainte-Catherine, vers l’ouest, en direction de la Place des Arts, où se déroule le Festival international de Jazz de Montréal. Un noyau de porte-parole décide d’escalader une des scènes principales du festival, inoccupée en milieu d’après-midi, avec l’accord du personnel de la sécurité. Les participants dans la foule se mettent alors à scander « Jazz is Black » en plus des slogans habituels, afin de rappeler aux festivaliers interloqués qu’on ne peut dissocier la musique qu’ils aiment tant des conditions de vie des hommes et femmes qui l’ont, après tout, créée. De la scène, on rend hommage à Pierre Coriolan. À la suite du coup d’éclat, plusieurs médias décident finalement d’accorder plus de place à la manifestation dans les nouvelles du jour.

Quelques mois plus tard, une vidéo de l’intervention policière est rendue publique par les avocats de la famille Coriolan. C’est la première fois que la mort d’un homme noir de Montréal aux mains de la police est ainsi capturée sur caméra. Les imaginaires en sont marqués.

Emilie Nicolas
Chroniqueuse et activiste

La photo est exposée dans la vitrine de la Casa del Popolo.
Inaugurée en septembre 2000, la Casa del Popolo est un café végétarien familial à l’ambiance chaleureuse. Ses vocations sont multiples : café équitable, resto-bar salle de spectacle et galerie d’art.

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