« Une lesbienne est radicale ou n’est pas lesbienne. Une lesbienne qui ne réinvente pas le monde est une lesbienne en voie de disparition. » – Nicole Brossard

Photos : Ross Higgins, Manifestation du 5 mars 1983 + Jacques Nadeau (vignette)

Ce n’est pas d’hier que les lesbiennes réinventent le monde! Elles sont de toutes les luttes. Avec les femmes hétérosexuelles, elles dénoncent le viol et le harcèlement sexuel, demandent l’équité dans l’accès aux études et au travail, réclament l’accès à l’avortement libre et gratuit…

Au tournant des années 1980, des groupes autonomes de lesbiennes commencent à s’organiser et participent aux manifestations du mouvement féministe et du mouvement gai.

Pendant l’une des premières marches de la Fierté à Montréal, en juin 1979, des lesbiennes marchent derrière une bannière où elles ont écrit : « Lesbiennes : On étouffe sous nos masques ». Certaines portent un sac en papier brun sur la tête, d’autres tiennent des pancartes qui clament : « Je suis votre mère », « Je suis votre fille », « Je suis votre sœur », « Je suis votre infirmière », « Je suis votre vieille tante célibataire », « Je suis votre ancienne blonde », etc. Autrement dit : nous sommes partout, mais la discrimination et les préjugés que nous subissons nous obligent à vivre cachées.

Le message du contingent de lesbiennes qui prennent part à la Marche des femmes le 8 mars 1983 est le même : elles ont décoré des soucoupes en plastique (celles qu’on utilise pour glisser sur la neige) qu’elles brandissent, tantôt pour se cacher, tantôt comme un bouclier d’Amazone. D’autres portent des pancartes qui expliquent les raisons pour lesquelles elles sont parfois visibles, d’autres fois, non…

Aujourd’hui, au Québec, les couples et les droits parentaux des lesbiennes sont reconnus par la loi. En principe, les chartes de droits nous protègent de la discrimination, mais la visibilité a encore un prix pour les lesbiennes et les autres femmes qui refusent de se conformer aux normes d’un régime de genre binaire. Nous vivons encore dans une société hétéronormative et hétérosexiste. Ensemble, il faut continuer à réinventer le monde.

Laure Neuville
Membre des Archives lesbiennes du Québec

BROSSARD, Nicole. « Kind Skin My Mind », Resources for Feminist Research/Documentation sur la recherche féministe (RFR/DRF), vol. XII, no 1, Toronto, mars 1983, repris dans BROSSARD, Nicole. La lettre aérienne, éditions du remue-ménage, Montréal, 1988, p. 107-109.

Les deux photos sont exposées dans la vitrine du Robin des Bois.
Situé au cœur du Plateau-Mont-Royal, le restaurant Robin des Bois vous offre des plats aux saveurs du monde dans une ambiance chaleureuse. Réputée pour sa cuisine 99 % faite maison, cette institution unique vous sert un menu diversifié. La cheffe Amélie Acloque et son équipe vous préparent autant des options végétariennes et végétaliennes, comme du tofu mariné, de délicieux légumes de saison et des lentilles assaisonnées aux épices berbères, que du confit de canard, de la pieuvre marinée, de la bavette et du saumon fumé. Le tout vous est servi par une équipe dynamique et humaine, composée d’employés réguliers et de bénévoles dévoués.

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