La commission Bird, 1967-1970

Photo : Manifestation Henry Morgentaler, Antoine Desilets, Fonds Antoine Desilets, BAnQ

À la fin des années 1960, malgré d’importantes transformations sociales, les femmes subissent toujours plusieurs formes de discrimination qui freinent l’atteinte d’une égalité des chances. Ce constat pousse une coalition de 32 groupes à revendiquer la tenue d’une enquête nationale sur la « situation de la femme » auprès du gouvernement canadien. Sous leur pression et la menace d’une marche de deux millions de femmes sur la Colline Parlementaire, le premier ministre Lester B. Pearson crée la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada — ou Commission Bird, du nom de sa présidente — en 1967. Les audiences, qui débutent en 1968, permettent d’ouvrir un débat public sur de nombreux enjeux touchant la condition juridique, professionnelle, familiale, économique et politique des femmes. Bien qu’elles n’y aient pas été invitées formellement, des militantes autochtones prennent part à la commission d’enquête en présentant neuf mémoires et en témoignant aux audiences.

Le rapport de la Commission, déposé en 1970, comprend 167 recommandations, qui visent à assurer une égalité entre femmes et hommes dans toutes les sphères de la société canadienne. Malgré plusieurs propositions novatrices en matière d’accès à l’avortement, aux congés de maternité et aux garderies, le rapport comporte certaines lacunes. Dans son ensemble, il envisage peu les intérêts différents entre les femmes, qu’elles soient de diverses classes ou origines ethnoculturelles, et encore moins entre les femmes autochtones de nations distinctes. Au-delà de ces silences, les audiences de la Commission permettent tout de même de faire surgir dans l’espace public nombre de revendications et de voix qui étaient auparavant marginalisées. Le rapport offre également aux groupes de femmes de nouveaux outils pour formuler des revendications auprès de l’État dans les décennies suivantes.

Camille Robert
Historienne et autrice

La photo est exposé dans la vitrine du J. Schreter.
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