Extraits de critiques

Constitué d’un enchevêtrement de dialogues aussi sportifs que le terrain de soccer sur lequel ils ont lieu, le texte de DeLappe révèle progressivement une architecture complexe et parfaitement maîtrisée, mêlant très habilement les enjeux sociopolitiques, les questions existentielles et les petits drames de la vie quotidienne, pour dresser un portrait mordant de l’adolescence occidentale contemporaine, sans jamais sombrer dans la caricature. Saluons ici la traduction de Fanny Britt, qui a su donner au texte une couleur locale tout en conservant sa vivacité, sa fraîcheur et sa justesse.

La mise en scène de Solène Paré est à la fois dynamique et extrêmement précise. Elle a réussi à insuffler aux comédiennes un sens de l’écoute et un souci du détail qui nous permettent de suivre sans mal des dialogues très rapides, courts et enchevêtrés, et de voir la personnalité de chacune des protagonistes se dessiner au sein du groupe. On sent un véritable esprit de camaraderie chez ces jeunes actrices remarquables, dont certaines sortent tout juste de l’école. Les déplacements sont habilement chorégraphiés (la danseuse et chorégraphe Virginie Brunelle fait partie de l’équipe de conception) et contribuent à donner une cohérence à un texte plein de défis, tout en mettant de l’avant la vitalité physique et la fougue de la jeunesse. Une partition sans fausse note.
Aurélie Olivier, revuejeu.org

 

Construit comme une orchestration pour neuf voix féminines (une dixième s’ajoute pour la finale, très émouvante), le texte est composé de répliques que se renvoient sans cesse les interprètes, à l’image de joueuses qui dribleraient avec un ballon.

Pour livrer cette partition éclatée, très exigeante physiquement, les neuf jeunes actrices n’ont eu d’autre choix que d’apprendre à jouer ensemble, au propre comme au figuré. La metteuse en scène, Solène Paré, a en effet décidé d’utiliser la scène dans sa pleine largeur, pour donner un espace maximal à ses actrices-joueuses. La chorégraphie (car c’en est une) est bien huilée. Le rythme est soutenu et l’énergie déployée sur scène force l’admiration. Malgré une nervosité palpable le soir de la première, les interprètes affichent une belle assurance.

Impossible en outre d’écrire ici qu’une interprète éclipse les autres ; comme le soccer, cette pièce repose entièrement sur le jeu d’équipe. Notons tout de même que les performances d’Alice Moreault, de Claudia Chillis-Rivard et de Zoé Tremblay-Bianco étaient particulièrement convaincantes.

En finissant, on se doit de souligner la traduction très juste de Fanny Britt, qui a su mettre dans la bouche des personnages tout le vocabulaire et la syntaxe des adolescentes québécoises. Aucun faux pas : on se croirait dans n’importe quelle école secondaire de la province. Genre…
Stéphanie Morin, La Presse

 

Les Louves de l’Américaine Sarah DeLappe dépèce avec une acuité de scalpel le point de bascule entre l’adolescence et l’âge adulte. Traduite avec fougue par Fanny Britt, la pièce, où pulsent autant les mots que les corps, est redoutablement mise en scène par Solène Paré à Espace Go. Celle-ci concentre l’essence de cet âge avide, tranchant et fragile en neuf figures impériales d’une même équipe de soccer. Telle une hydre déchaînée, les joueuses parlent d’une même voix et bougent d’un même geste, pour mieux affirmer tantôt leur unité, tantôt leur unicité. Percutant.
Louise-Maude Soucy, Le Devoir

 

Solène Paré réussit sa rentrée à l’Espace Go avec Les Louves
Le texte de DeLappe avance par séquences toujours organisées autour des entraînements qui précèdent ou suivent les matchs (eux toujours relégués au hors-scène), dans une langue souvent crue, que Fanny Britt traduit avec justesse. Jeu sur la tension inhérente entre le collectif et l’individuel, Les Louves exemplifie à merveille comment la mise en commun de personnalités disparates peut créer autant de frictions que de moments heureux.

Il faut dire que la mise en scène de Solène Paré, appuyée par la solide prestation des comédiennes (on pourrait dire de l’équipe, tant leur esprit de cohésion est manifeste), magnifie le texte et en fait oublier certaines faiblesses — jusqu’à la scène finale, puissante et touchante, alors qu’elle pourrait facilement paraître convenue. Avec la collaboration de Virginie Brunelle, la metteuse en scène travaille avec différents états de corps, sans cesse en mouvement et en jeu, sur le terrain comme dans la vie. Ces filles sont joyeuses, blessées, meurtries, mais toujours vibrantes, pleines d’une fureur qui ne s’éteindra pas de sitôt.
François Jardon-Gomez, Le Devoir

 

Solène Paré se permet une mise en scène libre. Elle invente ses propres codes de mise en situations, déconstruit l’espace scénique et ne recule devant rien pour afficher son indépendance. Il y a, chez cette femme, quelque chose d’agréablement et de chaleureusement insolent. Et cette bande de comédiennes ont magnifiquement compris le but de cet exercice périlleux. Lorsque Dominique Leduc entre en scène et dit son désarroi, sa douleur, ce sentiment de perte irrévocable, c’est à ce moment que l’art d’interprétation reprend ses droits, illumine la scène, rejoint le spectateur jusqu’à lui faire oublier ses doutes ou encore mieux son intrusion en territoire inconnu.

Les Louves est une pièce essentielle parce qu’atteinte de plusieurs urgences : montrer la rapidité des temps modernes, se prévaloir coûte que coûte par rapport aux autres, refuser catégoriquement la critique et chose bizarre, tout en voulant appartenir au groupe, conserver le désir intense et parfois machiavélique de se démarquer. Dans un sens, il s’agit d’une pièce politique. Elle ne fait qu’annoncer une nouvelle lignée de décideuses et de décideurs. Sensible, courageux et, disons-le quand même, inquiétant.
Élie Castiel, revuesequences.org

 

Un jeu très chorégraphié, choral où le langage se répercute. Superbe traduction de Fanny Britt.
Une pièce très contemporaine. C’est un portrait générationnel aussi, un portrait de ces fameux milléniaux. C’est une pièce d’à peine 1 h 30 et ça passe en un coup de poing. Un coup de poing, un coup de cœur et, je dirais, un coup de poing au plexus même. Vous le verrez, il y a un dénouement à tout ça. C’est tragique et pourtant très lumineux.

C’est vraiment un très bon texte. C’est un coup fort de la rentrée.
De l’enthousiasme, j’espère que vous en aurez autant que moi à voir cette pièce. Bref, vous en entendrez parler. La pièce s’appelle LES LOUVES. Faites vite pour réserver.
Catherine Richer, Le 15-18, Ici Radio-Canada

 

Une pièce qui devrait plaire à tous et à toutes. Dans sa traduction, Fanny Britt a réussi à capter le langage d’adolescentes intelligentes, mais qui ont leurs tics langagiers, qui sont influencées évidemment par l’ère du temps et par les expressions du temps.

C’est Solène Paré qui met en scène cette pièce. Elle nous plonge dans un terrain de soccer intérieur et nous, les spectateurs, on se trouve dans les gradins. C’est très original. Très réussi. La pièce met en scène neuf jeunes filles. Pendant l’heure et demie, on rit, on sourit et on s’attache vraiment à ces filles.Une très bonne pièce, avec de nouveaux visages.
Eugénie Lépine-Blondeau, Tout un matin, Ici Radio-Canada Première

 

L’écriture de Sarah DeLappe, tout comme la traduction qu’en a fait Fanny Britt, capture tout à fait l’essence de l’adolescence au féminin dans tout ce qu’elle peut avoir de cruelle et de rassembleuse à la fois. Les filles qui y sont représentées s’intéressent au monde qui les entoure, se posent des questions, sont allumées. Elles savent aussi être égocentriques, méchantes, directes et hypocrites. L’écriture de DeLappe et les mots de Britt les font surtout être vraies.
Chaque comédienne incarne son personnage en sachant le rendre unique. Rapidement, on arrive à distinguer leur personnalité, les liens qui les unissent. Brillantes performances, où personne ne détonne, où personne ne sonne faux. La mise en scène de Solène Paré fait qu’on y est, avec ce groupe d’adolescentes qui se relancent, qui s’interpellent, qui sautent du coq à l’âne. Un joyeux chaos rendu avec justesse. Et lorsque le drame frappe – ce que l’on comprend lors d’une scène franchement émouvante où Claudia Chan Tak, qui joue la gardienne de but #00, se retrouve seule et offre une performance de grand talent – la rupture de ton et la référence au temps qui passe sont diablement efficaces. Mention spéciale pour le jeu de Dominique Leduc, qui interprète la mère de l’une des joueuses, lors d’une scène particulièrement touchante. Gageons que peu de spectateurs ont pu y être insensibles.
L’heure et demie que dure la pièce file à toute allure, sans aucun temps mort. Les Louves est une pièce à voir – on espère sincèrement que les écoles profiteront de l’occasion pour intéresser leurs élèves au théâtre.
Roxane Guérin, montheatre.qc.ca

 

Solène Paré et son équipe remportent le match d’ouverture. Espace Go s’est armé jusqu’aux dents en ce début de saison en présentant Les Louves, une pièce mise en scène et interprétée par de jeunes artistes énergiques et affamées. La metteuse en scène Solène Paré joue désormais dans la cour des grandes. Sa mise en scène des Louves est une vraie réussite en raison d’une direction d’actrices assurée et d’une utilisation de l’espace inventive. Les dialogues de la dramaturge américaine Sarah DeLappe, traduits avec tellement d’acuité par Fanny Britt, forment la raison d’être de la pièce. Ces presque adultes parlent cru et franc.

Les Louves est une comédie noire rassurante en ce sens qu’elle nous fait voir une jeune génération inquiète, mais lucide face aux adultes et aux actualités déprimantes. Intelligentes, curieuses, les joueuses savent rire à gorge déployée des inepties du monde qui les attend. Solidaires, elles trouveront en groupe la force de faire face à la tragédie. Le cœur et les valeurs à la bonne place, elles sont belles à voir.
Mario Cloutier, entouteslettres

 

Les Louves, c’est bien sûr la maturité qu’il est nécessaire d’acquérir lorsque l’on peut finalement apprendre à conduire, ou encore voter. Tout devient plus réel, plus tangible, plus risqué.
Il y a quelque chose de vrai, à voir ces jeunes comédiennes – peut-être un peu plus âgées que leurs personnages, certes, mais à peine –revivre leur adolescent, leurs doutes, leurs peurs…

Pièce efficace, pièce touchante, Les Louves rappelle qu’il est impossible de stopper l’avancée du temps, et que la vie d’adulte est composée de toutes ces tragédies, petites et grandes, qu’il faudra apprendre à surmonter.
Hugo Prévost, pieuvre.ca

 

Les Louves, pièce qui amorce merveilleusement la programmation de la saison d’ESPACE GO. Présentée en 1h30 sans entracte, l’œuvre nous permet de plonger, littéralement, au cœur de la vie de neuf jeunes femmes pendant leurs pratiques et parties hebdomadaires de soccer et d’en ressortir tout à fait charmés… et désarmés!

D’entrée de jeu, le décor est fort intéressant. Le spectateur entre en salle, comme il va rejoindre sa place dans les estrades d’un terrain de soccer intérieur. Des projecteurs en guise de lampadaires encadrent la scène et éclairent le terrain de gazon synthétique de sa lumière blanche et puissante. Une musique intensément enlevante retentit soudain, entraînant tout le public dans une fébrilité d’avant-match : c’est le début de la pièce.

Tout au fil du récit, chacune des joueuses nous dévoilent un peu plus sa couleur, nous décrochant tantôt sourires, tantôt rires et parfois une petite larme, empreinte de nostalgie, de regrets ou simplement d’une parcelle de souvenirs. Ce qui frappe par-dessus tout c’est de constater que même les unes face aux autres dans leurs petites querelles de jeunes adultes, les neuf protagonistes sont toutes égales une fois vêtues de leur uniforme à jongler des pieds avec le ballon; leurs origines ethniques, leur couleur ou leur statut social, ni même leur passé respectif n’importe, au fond… Il s’agit-là d’un bel hymne aux relations humaines, quelles qu’elles soient, un exemple à suivre, une morale à intégrer…

Chorégraphies de jeux de jambes orchestrées en maître, interprétation juste et efficace, traduction bien adaptée, scénarisation et conceptualisation immersives, éclairages et sonorisations pertinemment placés rendant la soirée agréable et touchante. Le tout contribue à nous faire passer un magnifique moment!
Annabelle Richard, eklectikmedia.ca

 

Interprétées avec justesse par des actrices fortes, ces femmes en devenir nous plongent dans leur univers. La force de cette pièce réside dans le réalisme que réussissent à transmettre ces jeunes comédiennes, surtout grâce à leur façon de s’exprimer. Témoin d’une scénographie efficace orchestrée par la metteuse en scène Solène Paré, le spectateur devient le témoin privilégié de leur dynamique de groupe sur le terrain avant les parties.

L’action est donc bien campée. Chacune s’est créée une carapace, car la compétition est de mise aussi bien sur le terrain qu’à l’extérieur.
Emmanuel Martinez, Journal de Montréal 

 

Un portrait concret et sensible des millénaires. Ce polaroïd de l’adolescence à l’ère des réseaux sociaux est interprété de façon cohérente. On sent que la troupe est bien dirigée. Aux répliques très rythmées, s’ajoutent les exercices d’échauffement synchronisés. Un travail corporel qui demande une grande implication de la part des comédiennes pour un rendu crédible. Un défi que ces jeunes interprètes relèvent avec brio, après deux semaines d’entraînement sportif avec le coach Joël Chancy.
Micheline Rouette, arp.media