Extraits de critiques

Poésie et rock ne font qu’un dans Parce que la nuit, pièce-concert inspirée par la vie et l’œuvre de Patti Smith. Une création qui, à l’image de l’artiste à l’esprit punk, sort des sentiers battus pour mieux tracer sa propre voie. Ou quand l’art fait foi de tout.

On n’a guère le temps de s’ennuyer pendant Parce que la nuit. C’est que la pièce non seulement nous offre une plongée intimiste dans la vie fascinante aux accents tragiques de Patti Smith, mais propose du même coup un panorama exaltant, en paroles et en musique, de l’époque où la poète, artiste peintre et chanteuse a vécu.

Brigitte Haentjens signe la mise en scène – plus près du concert rock que de la pièce de théâtre à proprement parler avec sa plateforme accueillant un band, ses micros et ses projecteurs, le tout appuyé de façon subtile mais efficace par des projections en arrière-plan – et le texte, avec Dany Boudreault (et en collaboration avec Céline Bonnier), de cette proposition forte et passablement libérée des contraintes du genre théâtral.

Et c’est ce texte, magnifiquement écrit et empreint de la beauté nocturne de la poésie de Patti Smith, qui est la pierre d’assise du spectacle et contribue grandement à sa réussite.

Plurielle et inclassable. Céline Bonnier incarne Patti Smith, mais Haentjens fait le choix judicieux de ne pas confiner le personnage dans un seul corps. Bonnier est accompagnée (et complétée) sur scène par Alex Bergeron, Dany Boudreault, Martin Dubreuil et Leni Parker ; ils prennent ici les traits des frères et sœurs de Patti, là ceux des multiples hommes et artistes qui ont marqué sa vie, mais deviennent aussi parfois des fragments de l’identité plurielle de Patti Smith.
Iris Gagnon-Paradis, La Presse

 

« Comme toi, j’ai trouvé qu’il y a une réelle liberté dans ce spectacle-là. C’est à la fois un show rock… et c’était un peu ça le défi, de correspondre à sa personnalité, c’était vraiment une rebelle, c’était vraiment une anticonformiste. Je trouve qu’ils réussissent ça. J’ai trouvé Céline Bonnier formidable. Je trouve qu’elle a la voix pour interpréter ces chansons-là. J’ai beaucoup, beaucoup, aimé ça. »
Marc Cassivi, Esprit critique, Radio-Canada

 

PARCE QUE LA NUIT : UN SHOW ROCK À L’ESPACE GO
La mise en scène reprend les codes du concert, comme cette entrée en matière qui donne le ton en commençant directement avec une chanson.

Brigitte Haentjens a mis en scène un concert de rock. Ça dure plus de deux heures, ça hurle, ça se pogne, ça montre ses fesses, ça se roule par terre, ça fout la chair de poule. Elle a monté un concert et l’a bien fait, on s’y croirait. Et puis Patti est là, un peu, incarnée magistralement par la comédienne Céline Bonnier. Elle est blonde et n’a pas le visage émacié ni la silhouette osseuse de la chanteuse, mais sa gestuelle bien travaillée, sa tignasse hirsute et sa rage dans le micro donnent le change.

L’anglophone Leni Parker vient apporter une touche anglo-saxonne avec ses répliques et son accent, dans un joli mélange bilingue. Un texte touffu aux nombreuses références, celles des lectures de Patti Smith, qui se voyage comme un trip d’acide.

Brigitte Haentjens aime explorer l’identité féminine. Dans Parce que la nuit, elle étudie les facettes de cette artiste de l’Amérique et de la contre-culture, un peu femme et un peu homme aussi, romantique mais rebelle. Un superbe portrait à cinq voix qui en dessine une, celle, si particulière, de Patti Smith. Une pièce rock’n’roll qui donne envie de replonger dans son album Horses ou son livre Just Kids, pour revivre encore un peu cette folie créatrice.
Marie Pâris, Voir

 

Je sors tout juste de Parce que la nuit, spectacle relatant la vie trouble et les pulsions créatrices de la chanteuse et poète Patti Smith. Je suis encore soulevé par ce que je viens de voir.

Véritable incursion au cœur de la pulsion artistique, ce spectacle va au-delà de Patti Smith et de son impact majeur sur la culture punk et rock and roll. C’est une plongée dans l’ADN de l’artiste, dans les pulsions de vie et de destruction que l’art crée. C’est aussi un hommage à la liberté, à la marginalité pure, à la rébellion et la foi et un plaidoyer pour la vérité et l’authenticité. Dans le monde actuel où nous vivons, vidé de son sens par la superficialité de celui-ci, ce spectacle trouble par ce «désir» si brûlant et si vrai qui anime l’artiste et sa démarche. Une vérité que l’on ne semble plus retrouver.

J’ai appris sur une époque charnière de la musique, j’ai voyagé dans le temps, j’ai été touché, comblé de poésie et de musique et j’ai eu envie de tout lire, tout voir et tout écouter de Patti Smith et de cette époque. De Mapplethorpe en passant par Sam Shepard ou Blondie, du Chelsea Motel à Andy Warhol, ce spectacle est une réflexion vivante sur des années mythiques en ébullition où tout était à construire tant les barrières et les limites n’existaient pas. Le spectacle est finement écrit, passant du JE à des extraits de poèmes et à l’anecdote de coulisses, se lançant tous la balle dans une chorégraphie désarticulée à l’image de la gestuelle de Smith. Céline Bonnier est tout à fait remarquable, ils le sont tous, mais mention spéciale à Alex Bergeron qui s’avère pour moi une découverte. Le band live sur scène ne prend pas trop de place, ponctuant ce « biopic » théâtral nouveau genre par un accompagnement efficace et subtil et des performances enlevantes lorsque le moment est venu.

On y parle de féminisme, on y parle de diversité sexuelle et de genre, de marginalité, de l’art et de sa condition, mais sans faire de Patti une martyre ou un monument intouchable. Une réussite à ce niveau, partant du fait que tous sur scènes sont fascinés et aiment l’œuvre de celle-ci. On l’humanise, on la complexifie (comme si c’était possible), et on la fait se questionner elle-même au fil de sa narration. Mélangeant les types de jeu, de dictions et les époques, et ce dans une fluidité parfaite, « Parce que la nuit » est un spectacle hautement pertinent et réussi. Vas-y et vite. Et conseil, prenez le programme, c’est une œuvre en soi.
Jordan Dupuis, Quartier général

 

La pièce est vraiment à l’image de Patti Smith, qui était une femme libre, qui a souvent fait un doigt d’honneur à tout ce qui était conformiste, et qu’on qualifie encore de marraine du rock, et qui a eu une vie très marginale, qui a vécu pour l’art, où tout était permis ou presque. La nouvelle création de Brigitte Haentjens essaie de nous entraîner dans cet univers-là qui est complètement fou : on pourrait qualifier ça de théâtre rock. Céline Bonnier. Dès qu’elle est sur scène, on ne regarde qu’elle. C’est une excellente comédienne, ça on le savait déjà, mais là je peux vous dire qu’elle a toute une palette. Elle est capable de jouer, de chanter, elle a une présence. En fait, elle est Patti Smith. Elle s’abandonne devant nous.
Catherine Brisson, 98,5 FM

 

C’est en fait un spectacle assez éclaté qui prend des allures de spectacle de punk, de spectacle de rock. On a d’ailleurs trois musiciens sur scène. Vraiment, on est dans un concert de rock et tout le mon chante très bien. La distribution est impeccable, vraiment. Alex Bergeron, Céline Bonnier, et Dany Boudreault qui ressemble à Robert Mapplethorpe, je veux dire, c’est … oui… avec les cheveux, ce corps si agile, si fluide, les costumes qui y sont pour beaucoup évidemment. Céline Bonnier et Martin Dubreuil, ont une belle complicité. C’est vraiment du très haut calibre que nous offre l’ESPACE GO. On attend évidemment l’annonce de supplémentaires parce qu’il devrait y en avoir tellement ce spectacle vaut vraiment le détour.
Evelyne Charuest, Gravel le matin, ICI Radio-Canada Première

 

Parce que la nuit | Toucher le divin
Au théâtre, comme au cinéma ou en littérature, s’attaquer à un monument n’est pas chose aisée. Le dossier de presse de Parce que la nuit débute avec une lettre de l’équipe adressée à Patti Smith. La missive commence comme suit : « Chère Patti, je ne sais pas comment on écrit une lettre à Patti Smith […] » et se termine ainsi : « nous aspirons à transmettre ce feu optimiste que tu portes […]». Le message est gorgé d’humilité et d’admiration pour le sujet, pose les problématiques du projet et jette les bases de cette messe pulsative de 2 h 10 où l’on célèbre la création et les vivants.

Il en faut de l’énergie pour suivre Patti Smith. Sur scène, Patti éclot dans les bouches d’Alex Bergeron, de Céline Bonnier, de Dany Boudreault, de Martin Dubreuil et de Leni Parker, son corps germe dans les instruments de Bernard Falaise, de Rémi Leclerc et d’Alexandre St-Onge. Patti Smith nait un lundi. Lorsqu’elle débarque à New York pour la première fois, c’est un lundi. C’est un signe. Dans la salle de l’Espace Go, nous sommes mercredi et Patti Smith toute entière vient de prendre possession de nos corps.

La pièce de Dany Boudreault et de Brigitte Haentjens, mise en scène par Brigitte Haentjens se veut une exploration de la vie et de l’œuvre de Patti Smith à son image, disloquée, éclatée et libre. Cette liberté s’incarne formellement dans le texte, délié, scandé de manière quasi incantatoire par des interprètes possédés. Brigitte Haentjens signe un spectacle plus musical que théâtral, mais ce n’est pas un défaut. Bien au contraire. Céline Bonnier et Leni Parker se démarquent. Céline Bonnier a une très belle voix chantée, avec une forte présence scénique. Son jeu est sincère et prenant, ce qui fait qu’on y croit et que le public dans la salle se laisse prendre par le contexte créatif de cette artiste singulière débarquant à New York au début des années 70, sans le sous et le ventre vide.

Aussi, le climat survolté du départ reste toujours le même pendant ces deux heures. Mais rien pour bouder son plaisir. Cette scène, habitée d’un côté par les trois excellents musiciens que sont Bernard Falaise, Rémi Leclerc et Alexandre St-Onge est d’une vibrante et pure énergie musicale, à l’image même du phénomène Patti Smith.
Gilles G. Lamontagne, sorstu.ca

 

Une messe punk
Dans la salle, on a la sensation grisante d’être dix ou d’être mille, de frôler l’intimité de Patti, de partager ses amours, ses deuils, puis de s’en détacher au détour d’un accord pour apprécier l’ampleur du phénomène et la saveur du spectacle. Sur scène, les interprètes incarnent fiévreusement Patti et ses facettes, partageant ses gesticulations éclatées, buvant son verbe désarticulé et poussant ses notes chamaniques à leur paroxysme. Tout est calculé pour s’affranchir de la forme – c’est paradoxalement ce que l’on pourrait reprocher à la mise en scène, ce calcul, peut-être prévisible, trop visible, qui n’enlève rien à la fureur divine de l’icône et à la palpitante performance des musiciens et des acteurs.
Léa Arthémise, atuvu.ca

 

À mi-chemin entre une pièce de théâtre et un show rock, Parce que la nuit évoque le parcours de l’insaisissable Patti Smith, grande prêtresse punk et icône de l’effervescente scène new-yorkaise des années 1970. À la fois poète, chanteuse, muse et grande amoureuse, la Patti Smith créée par les auteurs Dany Boudreault et Brigitte Haentjens (qui signe aussi la mise en scène) est multiple, complexe, mais complètement libre. Même si elle a gardé ses cheveux blonds, Céline Bonnier se glisse à merveille dans la peau de cette femme corbeau, dans un mélange unique de vulnérabilité et de désir.
Benoit Valois-Nadeau, Journal Métro

 

Mon coup de cœur théâtral de la semaine. Pourquoi aller voir « Parce que la nuit »? Parce qu’il y a sur scène une équipe qui joue, chante et danse avec une belle énergie.
Parce que Céline Bonnier, Dany Boudreault, Alex Bergeron, Leni Parker et Martin Dubreuil sont accompagnés par trois fabuleux musiciens : Bernard Falaise, Rémi Leclerc et Alexandre St-Onge. Parce que « Parce que la nuit » nous donne la furieuse envie de replonger dans l’œuvre de Patti Smith.
Parce que malgré quelques longueurs ici et là, j’ai eu l’impression d’être invitée dans le studio d’Andy Wharhol, The Factory, et de vivre une expérience immersive.
Peut-être simplement parce que Patti Smith nous donne le goût de vivre. C’est déjà pas mal, non ?
Marie-Anne Poggi, Les irrésistibles

 

Une pièce enivrante à l’image du personnage énergique et créateur qu’est la grande artiste Patti Smith. L’excellente Céline Bonnier, entourée d’audacieux et solides comédiens, nous fait revivre les moments d’inspiration de cette femme sensible et rockeuse. Militante pacifiste, poétesse, chanteuse, actrice, auteure-compositeure et photographe, Patti Smith est une femme rebelle aux multiples facettes. Et la pièce nous brosse, dans toute sa complexité, un magnifique portrait de cette créatrice qui continue son chemin. Écrite par Dany Boudreault et Brigitte Haentjens, avec la collaboration de Céline Bonnier, cette pièce biographique explore avec finesse et énergie la vie et l’œuvre littéraire et musicale de Patti Smith. Une œuvre où dialoguent en permanence l’utopie et la réalité, l’euphorie et l’angoisse, la liberté et la dépendance. Et ces dualités, les cinq comédiens sur scène en prennent possession et les transmettent aux spectateurs avec fougue. Ça déménage!

La présence de trois musiciens (Bernard Falaise, Rémi Leclerc, Alexandre St-Onge) et le jeu de lumières transforment la pièce en un show rock. Ça déménage!
Pas besoin de décor spectaculaire, c’est le jeu des comédiens, leurs costumes qui évoluent au fil du temps et les mots qui prennent d’assaut la scène.
On sent une totale complicité entre les comédiens (Alex Bergeron, Céline Bonnier, Dany Boudreault, Martin Dubreuil, Leni Parker) pour que le public prenne part à ce happening de liberté qu’a été la vie de cette star américaine.
Micheline Rouette, arp.media

 

Le spectacle est un mélange entre concert rock et théâtre. Les acteurs sont aussi de très bons chanteurs, voire des danseurs comme on en voit dans des concerts rock échauffés. Parce que la nuit permet de s’approcher un peu plus de cette artiste qui mérite vraiment d’être découverte.
Sophie Jama, pieuvre.ca

 

Une œuvre de haute pulsation: celle de la chanteuse, performeuse, poète et auteure Patti Smith, figure phare de la contre-culture newyorkaise. Les prestations des acteurs (dont celle de Céline Bonnier), la force des musiciens et le swing de cette lettre d’amour à une pasionaria des temps modernes valent vraiment le détour.
Odile Tremblay, Le Devoir

 

Adoré passer 2 heures dans l’univers de Patti Smith grâce à la pièce « Parce que la nuit » à ESPACE GO. La famille, l’aliénation, le punk, l’art, l’amitié, l’amour de la vie. Et Céline Bonnier toujours juste et vraie.
Stéphane Leclair, RDI (sur Twitter)

 

Parce que la nuit est un fabuleux spectacle inspiré de la vie de Patti Smith! C’est à l’Espace Go! Il reste peu de billets! Battez-vous pour en obtenir un! Vraiment!
Mario Girard, La Presse (sur Twitter)

Céline Bonnier incarne la prêtresse rock avec une justesse plutôt frappante.
Les performances musicales sont irréprochables, il va sans dire.
Le sens de l’esthétique de Brigitte Haentjens est toujours au rendez-vous, avec des costumes sobres mais stylés de Julie Charland, qui mettent l’accent sur l’aspect androgyne avant-gardiste des interprètes.
Pierre-Alexandre Buisson, Bible Urbaine