Petit guide en cinq points pour une critique culturelle équitable

Le 16 avril dernier, dans le cadre de l’émission On dira ce qu’on voudra diffusée sur les ondes d’Ici Radio-Canada Première, Rebecca Makonnen invitait la chercheure Stéfany Boisvert et les comédiennes Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent à livrer sous la forme d’un petit guide les fruits de la recherche qu’elles ont menée en collaboration avec le Réseau québécois en études féministes sur le traitement médiatique accordé aux femmes en théâtre. Cette recherche s’inscrivait dans le cadre du chantier féministe sur la place des femmes en théâtre qui a eu lieu à ESPACE GO du 8 au 13 avril 2019.

1. Cherchez vos biais inconscients, reconnaissez-les et déconstruisez-les!
Qu’il s’agisse des autrices, des metteuses en scène ou des comédiennes, on observe une tendance à orienter davantage les articles qui les concernent autour de l’affect, et donc des dimensions émotionnelles de la création théâtrale. Au-delà des multiples façons dont on peut parler de création théâtrale, il y a donc une tendance à reproduire une vision des choses qui sous-entend que les créations des femmes nous feraient vivre des émotions, alors que celles des hommes nous feraient réfléchir.

Le problème n’est évidemment pas de souligner la dimension émotionnelle d’une pièce créée par une femme, mais de reproduire une logique binaire qui présume d’une différence femmes-hommes qui est toujours la même, et donc de proposer une vision limitative de l’œuvre théâtrale. Ce biais inconscient a aussi une incidence sur l’appréciation même d’une œuvre. La critique des pièces de femmes est en effet un peu plus positive et consensuelle (on reconnaît l’excellence et la rigueur du travail), mais il y a une tendance à valoriser davantage les créateurs pour leur originalité, leur innovation et leur autonomie…

Pour découvrir la suite du texte, nous vous invitons à consulter le site de l’émission On dira ce qu’on voudra.