Mouvement des Femmes pour l’Équité en Théâtre

Le 3 novembre 2016 est annoncée une lecture publique des textes lauréats du prix Michel-

Tremblay décerné par le Centre des auteurs dramatiques et le Conseil des arts et des lettres du Québec. Des huit lauréats récompensés lors des sept années précédentes, sept sont masculins. La seule femme est ex aequo avec un homme. L’énormité de cet écart fait réagir Marilyn Perreault. Elle ouvre un fil de discussions avec une dizaine d’autrices. La conversation passe de dix interlocutrices à trente, à cinquante, à quatre-vingts, à plus de cent, en quelques jours seulement.

Le 20 novembre 2016, ce rassemblement de créatrices indignées et fatiguées de sentir que leur genre a encore aujourd’hui un impact sur la considération de leur travail donne naissance au mouvement des Femmes pour l’Équité en Théâtre (F.E.T.). Rapidement, le problème est cerné : le théâtre est encore un milieu d’hommes. Dans tous les interstices de la question, dans les préjugés favorables et défavorables, dans l’écoute des spectatrices et des spectateurs, dans les choix des textes montés et édités, dans les critiques adressées, dans les prix gagnés et dans la latitude financière qui les accompagne; ce qui, en création, s’appelle la liberté.

Par la suite, ce sont plus de 250 heures qui sont consacrées à un minutieux travail de recherche afin de créer 145 pages de compilation et d’analyse de données statistiques. Les F.E.T. ont compté et répertorié les femmes à l’écriture et à la mise en scène dans les programmations des cinq dernières années des principaux théâtres francophones de Montréal et de Québec.

C’est en solidarité avec l’ensemble du milieu, dans une démarche de conciliation plutôt que de confrontation, que les F.E.T. revendiquent la place des femmes dans l’espace public, rencontrent les instances gouvernementales et les directions de théâtre et agissent dans les milieux scolaires pour sensibiliser la population à leur cause.

Aujourd’hui, ce groupe féministe non-mixte est composé de plus de deux cents créatrices. L’organisation travaille pour que soit reconnue la valeur réelle du travail artistique de ses membres à travers diverses actions militantes. Son fonctionnement est basé sur une structure décisionnelle participative non hiérarchique et il n’y a pas de porte-parole officielle. L’organisation en sous-comités se fait selon les envies et talents de chacune et les décisions y sont prises au consensus. La formation est ouverte à toutes les femmes du milieu théâtral dans leurs pluralités et leur diversité.