UNE FEMME À BERLIN

Texte : Marta Hillers (Journal, 20 avril – 22 juin 1945)
Traduction : Françoise Wuilmart
Adaptation : Jean Marc Dalpé
Mise en scène : Brigitte Haentjens

Avec Evelyne de la Chenelière + Sophie Desmarais + Louise Laprade + Frédéric Lavallée + Évelyne Rompré

Assistance à la mise en scène : Alain Roy + Julien Véronneau
Dramaturgie : Florent Siaud
Scénographie : Anick La Bissonnière
Lumière : Etienne Boucher
Costumes : Julie Charland
Musique : Bernard Falaise
Vidéo : Lionel Arnould
Accessoires : Julie Measroch
Maquillages et coiffures : Angelo Barsetti

Une coproduction ESPACE GO + SIBYLLINES + Théâtre français du CNA

 

« Soudain un doigt sur mes lèvres. J’ouvre les yeux. Les deux mains étrangères me desserrent les mâchoires. Puis, penché sur moi, il laisse tomber lentement, dans ma bouche, la salive accumulée dans la sienne. Je suis pétrifiée. Aucun dégoût, j’ai seulement froid. »
– Marta

 

1945. La guerre fait rage sur Berlin. Depuis plusieurs jours, les civils allemands sont entassés dans l’obscurité des abris souterrains. Dehors, un vacarme incessant. Les bombardements déferlent en roulement continu. Puis, plus rien. Un silence bizarre. Un silence plus terrifiant que l’écho des bombes, car il annonce l’arrivée des soldats russes. Le retour à la lumière sera brutal.

Dans un des quartiers occupés, une jeune Allemande possède les rudiments de la langue russe, ce qui fait d’elle la seule interlocutrice auprès de l’ennemi. Si cela lui procure certains avantages, en sera-t-elle pour autant épargnée?

Du 20 avril au 22 juin 1945, la jeune journaliste berlinoise Marta Hillers rédige dans des cahiers d’écolier un journal qui constitue un témoignage rare, parfois poignant, parfois drôle, de la vie quotidienne dans un immeuble habité par des femmes et des hommes qui se cachent dans la peur, le froid et la faim, au moment des derniers jours de la Seconde Guerre mondiale. Il lui fallait écrire, comme pour se parler tout bas, pour rester vivante.

UNE FEMME À BERLIN est une chronique commencée le jour où Berlin voit pour la première fois la guerre dans les yeux. Lorsque l’Armée rouge entre en Allemagne, ce sont d’abord les femmes qui subissent les représailles. Elles doivent payer pour les crimes commis par leurs maris, leurs pères, leurs frères. Malgré cela, les femmes sont restées debout au milieu des ruines de la ville.

Brigitte Haentjens est réputée pour ses mises en scène au style percutant et pour son exploration des fractures secrètes de l’identité féminine. Avec UNE FEMME À BERLIN, un texte dans lequel il est notamment question du sort des femmes en temps de guerre, elle fait résonner les mots de Marta Hillers dans une partition à quatre voix, pour en donner une à toutes ces femmes qui n’en ont pas eu.

 

La pièce UNE FEMME À BERLIN sera également présentée au Centre National des Arts du Canada à Ottawa du 30 novembre au 3 décembre 2016.

Avec l’autorisation de l’agence Felix Bloch Erben liée à Aufbau Verlag GmbH & Co. KG (Berlin, Allemagne) et des Éditions Gallimard pour la traduction française