Repères biographiques d’Ovide

NOM

Ovide (Publius Ovidius Naso)

DATE ET LIEU DE NAISSANCE
Ovide
Ovide

Le 13 des calendes d’avril (20 mars dans notre calendrier) de l’an 711 depuis la fondation de Rome (43 avant J.-C.), à Sulmone, petite ville des Abruzzes, située à environ 135 kilomètres à l’est de Rome.

Son père appartient à l’ordre des chevaliers, catégorie de la population la plus fortunée après celle des sénateurs. Destiné au métier d’avocat, préalable requis pour se lancer dans la carrière politique, Ovide reçoit une éducation soignée. Il est très jeune lorsqu’on l’envoie à Rome pour y étudier la rhétorique auprès des meilleurs professeurs.

À dix-sept ans, les exercices publics de déclamation (composition et lecture de discours fictifs) lui font connaître ses premiers succès. À dix-huit ans, il entreprend le traditionnel voyage en Grèce, berceau des arts et de la littérature. Ce séjour couronne l’éducation de tout jeune Romain de bonne famille. Il en profite pour visiter également l’Asie Mineure et la Sicile. Il se livre ensuite à sa carrière littéraire.

Son œuvre compte des poèmes amoureux et de grandes compositions épiques. Ovide décide très
tôt de se consacrer à la poésie, vers laquelle un penchant très prononcé l’attire depuis l’enfance. Il doit lutter contre les résistances de son père, qui cherche à le détourner de cette vocation peu lucrative. Fréquentant les cercles lettrés et les beaux esprits de la capitale, il se lie d’amitié avec les poètes déjà célèbres (Gallus, Horace, Tibulle) et les jeunes talents de sa génération (Properce). Il devient le poète de l’amour et ses premières compositions rencontrent immédiatement la faveur de la haute société de Rome. Son premier recueil, Les Amours, où il chante sa liaison avec une amante imaginaire, Corinne, lui confère la célébrité. Suivront Les Héroïdes, lettres fictives d’amoureuses de la mythologie (Pénélope, Phèdre, Didon, Ariane, Médée, Hélène, etc.) à leurs amants, Les Fars, L’art d’aimer, Les Remèdes à l’amour, sortes de manuels de l’amour, et une tragédie, MÉDÉE, dont nous n’avons que deux vers.

Ovide abandonne ensuite l’inspiration amoureuse pour une poésie plus élevée destinée à chanter les hauts faits du passé et de la tradition légendaire tout en glorifiant Rome et son nouveau guide, l’empereur Auguste. Il écrit Les Métamorphoses et Les Fastes, œuvre destinée à illustrer par la fable le calendrier religieux romain. Il ne pourra achever les douze livres prévus de cette seconde œuvre en raison de la sévère condamnation qui le frappe.

L'empereur Auguste
L’empereur Auguste

En 8 après J. –C., Ovide, alors au sommet de sa gloire, est condamné à l’exil par l’empereur Auguste, pour des motifs difficiles à établir. Les causes de cet exil sont une énigme qui a fait couler beaucoup d’encre. Selon la version la plus répandue, la sanction visait l’auteur de L’Art d’aimer, jugé immoral. Le prince travaillait au rétablissement des bonnes mœurs. La musique d’Ovide ne s’harmonisait pas bien avec cette politique.

Il est envoyé aux confins de l’empire, sur les bords du Pont- Euxin (actuelle mer Noire), à Tomes, petite ville de garnison située à l’embouchure du Danube. Récemment conquise, la contrée est encore barbare et le climat y est très rude. Le poète multiplie plaidoyers et suppliques pour obtenir la grâce impériale. Ces lettres poétiques où il déplore son malheur seront rassemblées en deux recueils, les Tristes et les Pontiques. En vain, il ne sera jamais autorisé à revoir l’Italie et meurt en 17 après J. – C. Il avait également occupé les six ou sept ans de cette misérable existence à retoucher Les Métamorphoses, qu’il considérait comme son chef-d’œuvre.

Bibliographie

Ovide — Les métamorphoses, Petits Classiques Larousse, 2010
Ovide — Amours, André Daviault et Philipe Heuzé, Rivages Poche/Petite Bibliothèque