LA PROMESSE DE L’AUBE

Du 10 janvier au 4 février 2006

Texte : Romain Gary
Adaptation et mise en scène : André Melançon

Avec Maxim Gaudette + Patrick Goyette + Sharon Ibgui + Andrée Lachapelle + Paul Savoie + (en alternance) Gabriel Favreau + Aliocha Schneider

Assistance à la mise en scène et régie : Manon Bouchard
Scénographie : Guillaume Lord
Lumières : Éric Champoux
Costumes : Ginette Noiseux
Musique : Catherine Gadouas
Accessoires : Normand Blais
Maquillages : Jacques-Lee Pelletier

Une production d’ESPACE GO

« J’ai été formé par le regard d’une femme, moi, je veux bien et j’en redemande. »
– Romain Gary

Depuis son enfance sur les routes de l’exil jusqu’à la Libération, conduit par une mère à la confiance inébranlable, l’écrivain Romain Gary se raconte. Gary jongle avec les décors de sa Russie natale, la Lituanie, la Pologne, et, enfin, Nice, où flottent des parfums de Méditerranée. En bon illusionniste, il recrée les dialogues avec tous ces gens qui ont croisé son chemin et surtout avec Nina, qui ne voit rien de moins chez son garçon, qu’un nouveau Yehudi Menuhin, un Nijinski, …Victor Hugo!

Au moment où janvier fige Montréal dans la glace, ESPACE GO nous offre un ticket à destination des mers chaudes. Les deux pieds dans le sable de Big Sur, le narrateur amorce son récit et la célèbre plage américaine se transforme en une vaste scène qui fait revivre une page de l’Histoire du XXe à travers le courage d’une femme en marche vers une Terre de justice où élever son fils.

Voilà le tour de force que la remarquable adaptation de La Promesse de l’aube par André Melançon réussit : faire apparaître sous nos yeux le monde de Romain Gary à travers la parole généreuse de cet immense romancier.

La Promesse de l’aube est plus un retour d’ascenseur qu’une autobiographie classique. Gary traînait depuis longtemps dans ses bagages cette promesse faite à sa mère de lui rendre un jour l’hommage qu’elle méritait. Dans La Promesse de l’aube, elle tient le premier rôle d’un voyage dans le temps, chargé d’amour, d’humilité et de reconnaissance. Sans cette femme qu’aucun coup du destin n’a réussi à affaiblir, jamais Romain Gary n’aurait trouvé la force de s’insérer dans le monde, de devenir un homme… et d’écrire.

André Melançon a su extraire l’essence du roman pour faire vivre devant nous un Gary complexe, fascinant et fragile. Sa mise en scène donne un accès direct aux paroles de Nina, aux questions de l’enfant, du pilote de guerre à la recherche de lui-même. Autour de lui, le narrateur voit graviter des personnages qui incarnent, dans des tableaux colorés, des souvenirs nets dont il comprend de mieux en mieux le caractère quasi prophétique. Car Nina, Gary à 6 ou à 22 ans, Adèle ou Monsieur Zaremba ont bien été des «personnages», des humains plus grands que nature, qui parcouraient l’existence avec une lucidité aussi enchanteresse que dépourvue de toute arrogance. Ils apparaissent sur scène aux côtés du narrateur et on assiste en observateur privilégié à la touchante rencontre d’un homme avec ce qu’il a été, avec ce qu’il est devenu. Les tableaux sont d’autant plus justes qu’ils sont tracés par la plume d’un Gary qui n’a plus rien à se prouver et qui, fait rare, ne cherche pas à régler ses comptes avec une humanité qu’il respecte. Ce sont toutes ces subtiles beautés, et les fatalités  aussi, qu’André Melançon et les comédiens qui l’entourent parviennent à illustrer. On ressort émus par ce récit, les lèvres amusées et les yeux éblouis par autant d’admiration pour une mère qui sut élever si haut dans l’esprit de son fils l’honneur d’être un homme.

André Melançon évolue dans le monde du cinéma depuis près de 40 ans et il y a remporté de nombreuses et de prestigieuses distinctions. Tout comme c’était le cas pour ses productions cinématographiques, l’adaptation et la mise en scène de LA PROMESSE DE L’AUBE représentent pour lui un défi. C’est lors d’une relecture de La promesse de l’aube, que se fait le déclic : il doit en faire une adaptation pour le théâtre. À mesure que le projet prend forme, il constate dans son travail la présence de préoccupations récurrentes : la relation entre l’adulte et l’enfant, le rêve, l’espoir et la dignité.

Romain Gary est né le 8 mai 1914 à Wilno, en Lituanie. Il arrive en France, à Nice, avec sa mère, à l’âge de 13 ans. En France, il fait son droit et s’engage dans l’aviation; il termine la Seconde Guerre mondiale comme compagnon de la Libération et commandeur de la Légion d’honneur. Le succès de son premier roman Éducation européenne, prix des Critiques en 1945, coïncide avec son entrée au Quai d’Orsay. En poste à Sofia, Berne, New York et La Paz en tant que diplomate, il continue à écrire, et c’est avec Les racines du ciel qu’il remportera son premier Prix Goncourt en 1956. Il quitte la vie diplomatique en 1961 à l’âge de 47 ans. En 1973, Romain Gary a déjà écrit dix-neuf romans et il éprouve le sentiment de ne plus surprendre personne. Commence alors l’aventure Émile Ajar. Sous ce pseudonyme, Romain Gary publie un nouveau roman, La vie devant soi (1975), qui se mérite le Prix Goncourt. Ce deuxième Goncourt fait de Romain Gary le seul auteur à avoir deux fois reçu la prestigieuse récompense. Le 2 décembre 1980, Romain Gary met fin à ses jours. La supercherie quant à la réelle identité d’Émile Ajar ne fut jamais découverte du vivant de l’auteur qui la révèle dans le document posthume Vie et mort dÉmile Ajar (1981).

Affiches
Andrée Lachapelle

Patrick Goyette

Photos

Photo de l’en-tête : Robert Etcheverry