SAISON DE LA FRANCE – LES BONNES

Du 26 au 29 septembre 2001

Texte : Jean Genet
Mise en scène : Alfredo Arias

Avec Alfredo Arias + Laure Duthilleul + Marilù Marini

Scénographie et costumes : Chloé Obolensky
Lumières : Laurent Castaingt
Assistance à la mise en scène : Marco Avogadro
Assistance décors et costumes : Kathy Lebrun
Musique : Aldo BrizziEl Olvido el futuroFrancis PoulencImprovisation en ut mineur – Hommage à Édith Piaf

Une production du Groupe TSE / L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet (Paris – France) + ESPACE GO (Accueil)

Solange et Claire, saturées de leur haine pour Madame et de leur mépris pour elles-mêmes, s’adonnent à un jeu de théâtre miroir, pervers et violent, où l’une (Claire) joue Madame et l’autre (Solange), sa propre sœur. Incapables d’exécuter leur désir meurtrier lorsque Madame les rejoint, les bonnes se prennent au piège de leur propre préméditation. La patronne partie, la vérité s’impose au coeur de la fiction et le sort funeste de Claire apparaît dans le miroir comme le seul reflet possible. S’inspirant du crime des soeurs Papin qui, en 1933, assassinèrent leurs maîtresses dans un cérémonial sanglant, Les Bonnes fit scandale lors de sa création.

L’événement France au Québec / la saison à Espace Go se clôt par une saisissante reprise d’un classique du répertoire contemporain français : Les Bonnes de Jean Genet. Revisitée par l’audacieux metteur en scène Alfredo Arias et ses complices du Groupe TSE, cette production troublante du chef-d’œuvre de Genet renoue avec le désir bafoué de l’auteur d’y voir des hommes tenir des rôles de femmes. En effet, Arias y endosse le corps de Madame, la patronne des bonnes. Un retour aux sources. Une vertigineuse descente poétique dans l’abîme de l’inconscient. Présentée en mars dernier au Théâtre de l’Athénée – où Louis Jouvet créa la pièce, en 1947 –, cette relecture marquante fut célébrée tant par la critique que le public.

Jean Genet voit le jour à Paris, en 1910, mais ne connaîtra pas ses géniteurs. Très tôt, il est remis à l’Assistance publique, qui le confie à des paysans bourguignons chez qui il passe son enfance. À dix ans, on l’accuse injustement de vol et on le place en maison de correction. Cet événement le marque et le métamorphose : de la société des gens honnêtes, il passe à celle des dévoyés dans laquelle on l’a condamné. S’en suivent de longues années de pérégrinations délinquantes qui le mènent des bas-fonds de Pologne et d’Espagne jusqu’à la prison de Fresnes (Paris) où il écrit son premier poème, Le Condamné à mort, en 1942. Au cours des années qui suivent, il écrit romans et poésie ainsi que sa première œuvre dramatique, Les Bonnes (1947). Les années 50 et 60 voient l’éclosion de son théâtre avec des pièces provocantes et somptueuses telles Le Balcon (1956), Les Nègres (1958) et Les Paravents (1961). Écrivain mythique et prolifique, Genet aura exprimé avec rigueur, dans son œuvre autobiographique Le Journal d’un voleur (1949), le dessein d’un homme à l’enfance dérobée. Il meurt, en 1986, dans la ville qui l’a vu naître.

Affiche