SAISON DE LA FRANCE – L’AMANTE ANGLAISE

Du 12 au 15 septembre 2001

Texte : Marguerite Duras
Mise en scène : Michel Raskine

Avec Marief Guittier + Guy Naigeon + Michel Raskine

Costumes : Josy Lopez
Lumières : Thierry Gouin
Son : Franck Morel
Assistance à la mise en scène : Gwenaël Morin
Régie sonore : Frédéric Gourdin
Régie générale : Martial Jacquemet

Une production du Théâtre Le Point du Jour (Lyon – France) + ESPACE GO (Accueil)

« La seule différence entre Claire Lannes et nous, c’est le meurtre… »
– Marguerite Duras

Le 8 avril 1966, on découvre en France, dans un wagon de marchandises, un morceau de corps humain. Dans les jours qui suivent, dans d’autres trains, on continue de découvrir d’autres fragments de ce même corps. Puis tout s’arrête. Une seule partie manque : la tête. On ne la retrouvera jamais… Très vite, une femme est arrêtée, Claire Lannes (Marief Guittier), résidente de Viorne depuis vingt ans, depuis son mariage avec Pierre Lannes (Guy Naigeon). Dès qu’elle se retrouve en face de la police, Claire avoue son crime. Elle dit avoir assassiné sa cousine, Marie-Thérèse Bousquet, sourde et muette. Le mobile du crime n’ayant pas été établi au cours du procès, un interrogateur (Michel Raskine) tente de percer le mystère du couple Lannes.

Femme de lettres proche des auteurs du Nouveau Roman et cinéaste, Marguerite Duras est l’une des figures emblématique de la scène littéraire française depuis notamment Hiroshima mon amour (1959), adapté au cinéma par Alain Resnais (1960). Avec son roman L’Amant, qui lui vaut le prix Goncourt en 1984, c’est la consécration, Duras atteint une notoriété internationale. Celle qui avait pour vrai nom Marguerite Donnadieu retrace son enfance et son adolescence hors du commun dans plusieurs de ses romans (Un Barrage contre le Pacifique, 1950). Née en Indochine, elle est élevée sur les bords du Mékong, où ses parents sont enseignants. En 1932, ayant accumulé en Indochine la matière de son œuvre future, elle vient terminer ses études (droit, sciences politiques et mathématiques) à Paris et adhère au Parti communiste. Engagée toute sa vie, de la Résistance à la guerre d’Algérie, Duras prend également part aux contestations de Mai 68 et au mouvement féministe. Son œuvre rassemble une quarantaine de romans (Le Marin de Gibraltar, Moderato cantabile), une dizaine de pièces de théâtre et de films (India Song, Le Camion). Marguerite Duras s’est éteinte à Paris, le 3 mars 1996.

Reconnu pour abhorrer l’image surmédiatisée de celle qui faisait, selon lui, trop souvent figure de star de la littérature française, Michel Raskine s’est longtemps rangé du côté des durassophobes notoires. Au moment de la mort de Duras, plus que jamais confronté au spectre de l’idôle, Raskine tente cependant de reconsidérer sa position. Il fouille sa mémoire et se souvient alors du choc qu’il avait ressenti lors de la présentation de L’Amante anglaise créée par Madeleine Renaud, en 1968. Il relit la pièce. La vision d’une mise en scène s’impose instantanément à lui…

« Suite à ce coup de foudre à retardement, j’ai d’abord réalisé à quel point j’avais eu un discours un peu crétin à l’égard de Duras. J’ai vraiment été fasciné, impressionné, par la qualité de cette pièce. Bien sûr, le fait divers proprement dit a peu d’intérêt, ce n’est qu’un prétexte. L’Amante est une sublime introspection. Avec une sensibilité qui tient du génie, Duras nous fait peu à peu entrer dans le mystère, celui du meurtre, de l’état psychologique de celle qui l’a commis. Ce qui l’a intéressée, ce qui nous fascine, c’est qu’on approche de très près la folie, on découvre l’état de fragilité de Claire dont la seule façon de se sortir d’elle-même était le meurtre C’est une authentique tragédie. »

Affiche