JUSTE LA FIN DU MONDE

Du 22 janvier au 16 février 2002

Texte : Jean-Luc Lagarce
Mise en scène : Serge Denoncourt + Pierre Bernard

Avec Serge Denoncourt + Anne Dorval + Julie McClemens + Monique Miller + Luc Picard

Assistance à la mise en scène : Geneviève Lagacé
Scénographie : Louise Campeau
Lumières : Martin Labrecque
Costumes : Mérédith Caron
Musique : Stéphane Richard
Maquillages : François Cyr
Régie : Manon Bouchard

Une production d’ESPACE GO

« Plus tard, l’année d’après – j’allais mourir à mon tour – j’ai près de trente quatre ans maintenant et c’est à cet âge que je mourrai… je décidai de retourner les voir, revenir sur mes pas, aller  sur mes traces et faire le voyage, pour annoncer, dire, seulement dire, ma mort prochaine et irrémédiable, l’annoncer moi-même, en être l’unique messager. »
– Extrait, prologue aux lecteurs, personnage de Louis

Louis retourne, après dix ans d’absence dans sa famille dans le but d’annoncer sa mort prochaine : il est atteint d’une maladie incurable. Pourtant cette mort, Louis ne l’annoncera jamais. Car c’est plutôt avec la vie, dans tout ce qu’elle a de plus quotidien, qu’il renoue soudainement. Dans le rétablissement de ses rapports intimes avec les siens, Louis fait en effet rapidement office de confident, recevant les préoccupations de ses proches, se retrouvant très vite au beau milieu d’une inévitable saga familiale qui conjugue, comme toujours, amour et conflits. Paradoxalement celui qui se sait condamné devient celui qui amène les autres à se soulager de leurs propres douleurs, des anciennes rancœurs…

Au terme de cette rencontre familiale qu’il voulait pourtant définitive, Louis repartira sans n’avoir rien dit. On ne décèle pourtant chez lui aucune amertume face à l’inéluctable, aucune plainte, non, mais plutôt un stupéfiant don de lui-même à tous ceux et celles qui lui survivront. C’est dans ce geste, magnifique, qu’on mesure tout à coup l’ampleur de son amour : Louis a offert aux siens rien de moins que la parole, une parole quotidienne, à la fois ironique et tragique, toujours émouvante, qui résonne souvent comme un véritable hymne à la vie…

Juste la fin du monde, la fin du monde de Louis, nous met en présence d’un bouleversant théâtre de l’intime. D’un théâtre qui transcende du même coup sa propre histoire pour devenir réflexion, allégorie de notre rapport au monde, aux autres, à la famille. Un théâtre qui à force de nous toucher, de nous renvoyer à nous-même, nous rappelle une vérité universelle d’une brutale évidence: tous sommes appelés à disparaître, sans exception, tous nous seront un jour confrontés à quelque chose qui ressemble au destin de Louis…

Écrite à Berlin en 1990, quatre ans après avoir appris qu’il était atteint du virus du sida, Juste la fin du monde se découvre comme une œuvre quasi testamentaire, l’amorce d’un dernier adieu à la scène d’un fascinant auteur de la dramaturgie contemporaine. Créée par le metteur en scène Joël Jouanneau au Théâtre de Vidy-Lausanne en octobre 1999, Juste la fin du monde a été présentée en reprise, en novembre et décembre 2000, au Théâtre national de la Colline à Paris.

Jean-Luc Lagarce, né le 14 février 1957, est issu d’une modeste famille de Franche-Comté, en France.  Après des études universitaires en philosophie et des études en théâtre, il se consacre à l’écriture. Ses pièces sont le plus souvent habitées de son expérience et son univers exprime ses questionnements multiples face à l’existence et à la société dans laquelle il évolue. On lui doit notamment un manifeste magnifique: Du luxe et de l’impuissance. Malgré une carrière abruptement interrompue, Jean-Luc Lagarce est décédé des suites du sida en 1995, il avait 38 ans, l’auteur a à son actif une théâtrographie imposante (une vingtaine de pièces). Son œuvre est traduite dans plusieurs langues et publiée à travers le monde.  Jean-Luc Lagarce est l’un des auteurs contemporains les plus jouer en France.

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : Yves Renaud