CREDO

Du 20 novembre au 15 décembre 2001 (salle 2)

Texte : Enzo Cormann
Mise en scène : Christiane Pasquier

Avec Monique Spaziani

Dramaturgie : Marie-Claire Lanctôt Bélanger
Assistance à la mise en scène et régie : Alain Roy
Scénographie : Claude Goyette
Lumières : Guy Simard
Costumes : Ginette Noiseux
Musique : Robert Normandeau
Maquillages : François Cyr
Accessoires : Normand Blais

Une production d’ESPACE GO

Une femme nous raconte une histoire. Elle s’adresse à un mari qui tarde à rentrer, lui confie quelques fragments de sa vie, de ses pulsions les mieux enfouies. Hantée par le sexe et la mort, elle partage avec l’absent les pensées qui subliment son quotidien. Cette femme ressemble à beaucoup d’autres, les discrètes, les anonymes que l’on croise sur la rue, au marché, dans le bus ; celles qui se retrouvent fatalement face à elles-mêmes, le soir venu, avec leurs délires pour seuls complices. Au fil des mots, d’un monologue subversif, l’histoire de cette femme scellera la trame d’un suspense dramatique troublant, à la frontière du réel et de l’inconscient, le credo d’une histoire aux revirements inattendus…

L’animal social que nous sommes supporte mal d’être muré dans la geôle de ses propres chimères. Enzo Cormann l’a compris : dans Credo, il lègue ses mots à une âme tourmentée qui, d’un souffle à la fois raisonné et psychotique, exorcise l’insoutenable solitude de l’être.

« (…) ce serait donc l’histoire : On voudrait tant parfois qu’on nous vainque pour que périsse enfin l’angoisse ordinaire, s’éteigne en un simple forfait le doute quotidien, le scrupule d’être là, peut-être seul, abandonné, peut-être aimé, désiré, trop aimé. Et là, tout proche, il y aurait comme lacérée, l’âme d’un corps vaincu condamnée à l’errance. Il y aurait cette femme inconnue qui me hante ». Enzo Cormann.

Ce que veut Cormann, c’est « toucher aux nerfs », atteindre le réel par les chemins de l’inconscient. Jouant aux frontières de la réalité et de la fiction, travaillant l’écriture avec une habileté quasi chirurgicale, Enzo Cormann, maître du monologue, nous fait plonger au cœur de son exploration de l’être mais aussi de cette forme théâtrale qu’il creuse et fouille jusqu’à la rendre presque hallucinatoire.

Enzo Cormann a complété des études poussées en philosophie. Il est, des auteurs français contemporains, l’un des plus préoccupés par l’écriture, et l’un de ceux qui éprouvent l’urgence de soulever des questions essentielles, tout comme l’absence de réponse à ces mêmes questions. En Europe, depuis bientôt vingt ans, chaque saison théâtrale porte à l’affiche ses pièces, sa prose ivre de poésie.

« Je m’appelle Enzo Cormann. Je suis né en 1953, dans la maison du médecin de campagne d’un petit bourg gascon. Je vis désormais dans l’Isère, entre Chartreuse et Vercors. J’ai consacré ces vingt dernières années à l’écriture et à la scène, ce qui m’autorise à revendiquer le titre de petit artisan fictionneur. Je suis passablement névrosé, marié, rieur, père de deux garçons, jardinier, cynophobe, papivore, de corpulence moyenne – signe particulier : une licorne tatouée sur le bras gauche. Cormac Mac Carthy et Juan Carlos Onetti font partie de mes auteurs favoris. Je n’ai aucun plaisir à assister à la représentation de mes propres pièces. Je ne lis plus les critiques qui me sont consacrées depuis 1986. Je me produis régulièrement sur scène avec des formations de jazz, en qualité de récitant et vocaliste. J’ai écrit ma première comédie il y a peu. Ma prochaine pièce racontera l’histoire d’un arbre. Je publie l’essentiel de mon travail aux Éditions de Minuit ». E. Cormann.

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : Yves Renaud