CABARET DES MOTS

Du 23 avril au 18 mai 2002
En reprise du 11 novembre au 6 décembre 2003

Montage de textes et mise en scène : Paul Buissonneau, d’après l’œuvre de Jean Tardieu

Avec Carl Béchard + Pierre Chagnon + Violette Chauveau + Élisabeth Chouvalidzé + Danièle Panneton + Claude Prégent + François Sasseville

Assistance à la mise en scène et régie : Manon Bouchard
Décor : Mario Bouchard
Costumes : Ginette Noiseux
Éclairages : Guy Simard
Musique originale : Silvy Grenier
Projections vidéo : Jean-Pierre St-MichelDavid Clermont Béïque
Maquillages : Jacques-Lee Pelletier

Une coproduction ESPACE GO + Théâtre français du Centre National des Arts du Canada (CNA)

« LUI, avec violence : Et tu, et tu, et tu, et tu!
ELLE, avec la même violence : Pas moi, mais toi, pas moi, toi!
LUI : Pardon, tu me!
ELLE, furieuse : Comment, je te?
LUI : Oui, je te!
ELLE : Je te jamais, moi!
LUI : Si tu me!
ELLE : C’est toi qui!
LUI : Moi qui quoi? »
– Les amants du métro

Puisé à même le riche terreau de l’œuvre de Tardieu, CABARET DES MOTS est à l’image même de son auteur : un spectacle curieux et inventif, malicieux et discret, qui passe inlassablement de la banalité à l’étrange, du familier au merveilleux, traversé par le sens des mots, leur fonction, leur usage quotidien, leur bruit. Cette musique grave et touchante, syncopée de mots et de silences, est à la fois une lutte et un vibrant hommage d’amour au langage, ce « murmure jeté au vent », seul capable de triompher du temps et de la mort. Son angoisse métaphysique, il a su la traduire par un jeu précis et subtil de mots, en jouant des correspondances entre ceux-ci, les sons et les couleurs, avec une virtuosité très personnelle : Tardieu construit de façon trop brève pour avoir le temps de se prendre au sérieux!

Au cœur même de CABARET DES MOTS, se niche la passion de Danièle Panneton, comédienne, metteure en scène et pédagogue, pour les auteurs de l’avant-garde du XXe siècle. Tête chercheuse, cœur vibrant, c’est avec l’instinct infaillible des plongeurs de fond qu’elle a fouillé l’œuvre de Tardieu pour en ramener des trésors, « mélange indécomposable de poésie authentique et d’espièglerie profonde. » Si l’on dit des textes de l’auteur qu’ils interpellent les metteurs en scène créatifs, il ne faut pas s’étonner que Paul Buissonneau ait répondu à l’invitation, avec la fougue et la truculence qu’on lui connaît! Ce « dresseur du grand cirque de l’imaginaire » s’est à son tour approprié l’œuvre de Tardieu pour en faire une véritable fête du verbe et de l’image.

Né en 1903, Jean Tardieu écrit depuis sa jeunesse mais ne publie qu’en 1933 sa première plaquette de vers. Il compose des pièces de théâtre à partir de 1945, jouées en France et à l’étranger. Écrivain inclassable, Jean Tardieu aura connu les grands mouvements de l’histoire littéraire du XXe siècle sans jamais appartenir à aucun d’eux. Admirateur de Valéry, ami des Surréalistes et des Pataphysiciens, contemporain attentif d’Éluard et de Frenaud, il compose une œuvre vaste et diversifiée, qui va de la poésie lyrique à la méditation, de l’humour à la gravité, de la comédie au drame, mais toujours à travers l’obsession du langage verbal et des différents langages des arts. Passionné de musique et de peinture (sa mère est musicienne et son père, peintre), il essaie de faire entendre et voir dans l’art de l’écriture des sons et des images inconnus: (Poèmes à voir, qui peuvent se lire dans tous les sens). Ce travail incessant d’écriture sera complété par celui qu’il fait à la radio, durant de longues années d’après-guerre, et qui s’avère un véritable laboratoire de la parole.

Jean Tardieu est mort en 1995, à l’âge vénérable de 92 ans. Il a obtenu de nombreux prix, notamment le Grand Prix de l’Académie Française en 1972, le Prix de la Critique en 1976, et le Grand Prix National des Lettres en 1993, pour l’ensemble de son oeuvre.

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : Yves Renaud