MADEMOISELLE JULIE

Du 1er au 26 mai 2001

Texte : August Strindberg
Mise en scène : Brigitte Haentjens

Avec Annie Berthiaume + Anne-Marie Cadieux + James Hyndman

Assistance à la mise en scène et régie : Manon Bouchard
Scénographie : Anick La Bissonnière
Costumes : Julie Charland
Lumières : Guy Simard
Musique : Robert Normandeau
Maquillages : Angelo Barsetti
Accessoires : Patricia Ruel

Une production d’ESPACE GO

La nuit de la Saint-Jean, alors que le comte, son père, est absent et que les gens de la maison s’abandonnent à toutes les exubérances, Mademoiselle Julie, les sens enfiévrés par les festivités, rejoint son domestique Jean à la cuisine et l’invite à danser. Après avoir joué d’autorité, de provocation et de séduction avec son valet – un esprit fort qui se targue de dépasser sa condition –, la jeune comtesse s’offre à lui. Victime du manège qu’elle a elle-même initié, Julie n’est plus que vulnérabilité et désarroi devant ce serviteur opportuniste qu’elle abhorre, et qui la convainc de voler l’argent de son père pour qu’ils puissent s’enfuir. Le retour du comte met cependant fin aux préparatifs des amants : Jean retombe dans sa servilité et Julie, sur qui le déshonneur va s’abattre, n’a d’autres choix, à la suggestion de Jean, que d’en finir…

Mademoiselle Julie naît sous la plume d’August Strindberg, en 1888. La même année, elle est frappée d’interdit en Suède et au Danemark : la violence et la crudité de ses propos choquent les Scandinaves. Malgré la censure, la pièce est créée à Copenhague, le 14 mars 1889, pour une unique représentation privée. Mais c’est à Paris, en 1893, au Théâtre Libre d’André Antoine, que Mademoiselle Julie connaît le succès pressenti par son auteur – « ceci datera », disait-il, conscient d’avoir réussi un chef-d’œuvre. En Suède, Julie n’est montée qu’en 1906 – dix-huit ans après son écriture! –, dans une mise en scène d’August Falck, où elle triomphe enfin.

« L’âme de mes personnages (leur caractère) est un conglomérat de civilisations passées et actuelles, de bouts de livres et de journaux, des morceaux d’hommes, des lambeaux de vêtements du dimanche devenus haillons, tout comme l’âme elle-même est un assemblage de pièces de toute sorte. » – August Strindberg, préface de Mademoiselle Julie

Né à Stockholm, le 22 janvier 1849, August Strindberg connaît une enfance douloureuse qui s’avérera un terreau fertile pour ce gÈnie littéraire en devenir. Auteur de romans, dont La Chambre rouge (1879) qui sera considéré comme le premier roman naturaliste suédois, de pièces historiques (…RIC XIV, Christine) et naturalistes (Père, Mademoiselle Julie), August Strindberg utilise souvent sa propre vie amoureuse et conjugale – très mouvementée! – pour alimenter ses nouvelles (Mariés) ses récits autobiographiques (Plaidoyer d’un fou, Inferno), tout comme son théâtre. Prosateur, poète et dramaturge prolifique et innovateur (son corpus dramatique compte 58 pièces), August Strindberg a laissé la marque indélébile de son influence sur les symbolistes suédois, les expressionnistes allemands et le théâtre moderne en général. Dans la ville qui l’a vu naître, il meurt d’un cancer, le 14 mai 1912.

Affiche

Photo

Photo de l’en-tête : André Panneton