LE COLONEL DES ZOUAVES

Du 25 au 28 octobre 2000

Texte : Olivier Cadiot
Mise en scène : Ludovic Lagarde

Avec Laurent Poitrenaux

Chorégraphie : Odile Duboc
Éclairages : Sébastien Michaud
Costumes : Jean-JacquesVirginie Weil
Musique : Gilles Grand

Une production du CDDB-Théâtre de Lorient + Le Carreau/Scène Nationale de Forbach + Cie. Ludovic Lagarde (France) + ESPACE GO (Accueil)

Entrons dans la folie extraordinairement maîtrisée d’un majordome, d’un  butler qui, pour accomplir et améliorer son service, s’appuie sur une construction psychique insensée… Exilé dans son entresol, la conscience professionnelle de notre domestique tourne en effet très vite à l’obsession. Comme Robinson dans son île, notre héros cherche à contrôler tous les stades de son travail, ses méthodes (bien qu’inutiles!) deviennent de plus en plus complexes, de quoi devenir dingue! Son adage? Pour bien servir les gens il faut connaître leur goût, il faut les écouter! Pour mieux servir ses patrons, notre homme enregistre donc les conversations, les transcrit, transforme sa cave en véritable salle d’écoute et, à l’instar de l’imaginaire d’un service de police secrète, finit par devenir espion de fait!

En résulte un étonnant monologue qui mélange propos de table, commentaires, fragments de discours et morceaux de dialogues. Chaque scène de la vie quotidienne devient occasion pour perfectionner son ingénieux et délirant système. Chaque acte, chaque parole de la maisonnée, chaque portion de l’environnement dans lequel toute chose s’accomplit, nous sont scrupuleusement décrits et commentés. Mais, seconde après seconde, aussi systématique et inéluctable qu’un compte à rebours amorcé, le soliloque de notre personnage-narrateur se fait piège, provoque comme un frisson glacée qui grimpe le long de l’échine, nous donne à voir, à rire et à sentir la folie obsédante d’un homme, d’une société, aux frontières de la servitude et de la claire voyance, en quête d’un absurde désir de performance, de l’efficacité totale… L’univers d’un monde qui, à force de vouloir développer à l’infini sa mécanique intérieure, finit par se replier sur lui-même, par verrouiller un destin qui ne laisse finalement plus aucune illusion à l’homme…

Ce spectacle, créé au Centre Dramatique de Bretagne (à Lorient), a également été présenté à la Baracke de Berlin, ainsi qu’au Théâtre National de la Colline, en mai 1999, à Paris.

Affiche