UNE VISITE INOPPORTUNE

Du 15 septembre au 17 octobre 1998

Texte : Copi
Mise en scène : André Brassard

Avec France Castel + Érik Duhamel + Roger La Rue + Gérard Poirier + Dominique Quesnel + Paul Savoie

Assistance à la mise en scène : Josée Kleinbaum
Scénographie : Jean Bard
Lumières : Guy Simard
Costumes : François Barbeau
Accessoires : Lucie Thériault
Musique : Larsen Lupin (Jean Gaudreau + Richard Bélanger)
Maquillage : Angelo Barsetti

Une production d’ESPACE GO

Mot de la directrice :

Lorsqu’au printemps 1981, j’ai rompu avec le milieu institutionnel de l’époque en proposant mes services comme scénographe au Théâtre Expérimental des Femmes, j’étais consciente de poser un geste contraire à toutes les règles. Joindre les « Jeanne d’Arc » du TEF, c’était marcher au bûcher. Ça ne se faisait pas! Et je me souviens que je ne me sentais pas du tout… si courageuse…

J’ignorais alors que je participerais à faire grandir la compagnie, de maison en maison, jusqu’à ce jour. Pour l’heure, les regards se faisaient fuyants. Mais je n’oublierai jamais celui d’André Brassard, plongé dans le mien. Il y avait dans ce regard toute la confiance du monde dans la valeur de ma démarche. C’est qu’André Brassard a toujours été un militant actif pour tout ce qui fait du théâtre un îlot de résistance formidable de la pensée contre le conformisme, pour la démocratie. Plusieurs d’entre nous doivent à la confiance d’André le courage d’aller dans le sens de nos convictions – tout comme celui de ne pas craindre, non plus, nos errances. Cette liberté-là n’est pas légère. Elle est au service de la manifestation nécessaire de l’indignation face à toutes les formes de la souffrance.

C’est la première fois qu’André Brassard signe une mise en scène à l’ESPACE GO. Je suis très heureuse que ce grand penseur du théâtre – qui n’a jamais cherché à être dans l’air du temps mais a choisi sans cesse de retrouver les postures du débutant dans sa disponibilité, sa déraison – vous fasse découvrir l’auteur Copi par UNE VISITE INOPPORTUNE.

C’est un texte d’une rare insolence. Copi est décédé du sida en 1987 alors que le monde occidental prenait conscience de l’ampleur de la Peste des temps modernes. Il n’a jamais vu son texte joué. Il y met en scène sa propre mort, s’en moque, la fête! C’est un boulevard! Ça ne se fait pas! Pourtant si. Précisément parce qu’encore trop de préjugés obscurcissent notre jugement, figent notre capacité d’action. Ce spectacle, c’est notre manière à nous, à travers la rencontre avec cet auteur et le rire qu’il commande en offrande, de tenter de faire pénétrer plus de beauté, plus de tendresse, plus de compassion sur ce qui se joue autour de nous et sur tous ceux qui nous entourent.

Reste que ce texte ne peut s’incarner sans la générosité, l’engagement et le pouvoir d’imaginaire des comédiens-nes et des artisan-es qui le portent à la scène. Je salue le talent de cette troupe merveilleuse qui, en créant ce spectacle, crée un espace de liberté individuelle pour tous, renforcé par la sensation unique de faire partie d’une aventure commune, dans un geste de fraternité. Je ne vous cacherai pas les craintes qui nous ont habités tout au long de son élaboration. Mais voilà que plus nous cheminions dans sa réalisation, plus nous recevions des appuis de toute part et de tous les milieux de la société. Ces encouragements nous ont été des plus précieux et ont très certainement contribué au plaisir que nous avons pris à tout mettre en œuvre pour que puisse exister la Rencontre avec le public.

À vous tous, comme à la troupe d’UNE VISITE INOPPORTUNE, bon spectacle!

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : André Panneton