INVENTAIRES

(Reprise)
Du 10 janvier au 11 février 1995

Texte : Philippe Minyana
Mise en scène : Louise Laprade

Avec Suzanne Champagne + Sophie Faucher + Diane Lavallée + Gerry Leduc

Assistance à la mise en scène : Sabrina Steenhaut
Scénographie : Stéphane Roy
Lumières : Guy Simard
Costumes : François Barbeau
Musique : Philippe Ménard
Maquillage : Angelo Barsetti

Une production d’ESPACE GO

« Une boule dans l’estomac c’est pas l’alka-seltzer qui la fera passer. »
– Jacqueline

Une cuvette, une robe, un lampadaire.
Trois femmes qui nous racontent, comme ça, leur vie, dressant un inventaire à la fois désopilant et tragique. Avec des éclats de rires et des sanglots dans la gorge, Jacqueline, Angèle et Barbara évoquent leurs joies et leurs regrets, crachant les mots comme on égrène un chapelet, avec une lucidité désarmante et une touchante obstination à ne pas disparaître.

Avec humour et finesse, Philippe Minyana croque le portrait émouvant de trois femmes accrochées à un quotidien en carton-pâte.

Créée à Dijon en 1987, reprise à Marseille puis au Théâtre de la Bastille, à Paris, Inventaires a valu à Phlippe Minyana une nomination pour le « Molière » du meilleur auteur. Présentée à ESPACE GO en 1991, Inventaire marquera l’ouverture du nouveau théâtre ESPACE GO, dans une version revue et augmentée. Inventaires, c’est le plaisir du théâtre. Un bonheur rare.

Voilà des années qu’ESPACE GO étonne et ravit le public en dénichant des pièces inédites, en présentant des chefs-d’oeuvre oubliés et en favorisant la découverte d’auteurs de théâtre. C’est avec un immense plaisir qu’ESPACE GO propose à nouveau une incursion dans l’univers de Philippe Minyana, un passionné du langage.

Le style Minyana, c’est le déferlement des mots, avec humour et ironie.
Philippe Minyana : Moi, dans la vie, je parle vite et j’aime bien que ça aille vite. J’aime bien, au théâtre, quand il y a une parole d’urgence, quand il y a un peu de fièvre.

Vous avez écrit Inventaires à partir de témoignages de femmes habitant Paris ou la région parisienne.
P.M. : Je suis allé interviewer trois femmes plusieurs fois : une ex-militante syndicaliste, une ouvrière et ma voisine, qui était secrétaire bilingue dans un hôtel. Et puis j’ai écrit ces trois monologues, comme ça, assez vite, avec la mémoires des choses réelles, mais en reconstituant leurs vies. À tel point que la dame qui faisait Angèle a été très fâchée après moi. Quand elle a vu le spectacle elle a été outrée parce que je faisais mourir tout le monde : son mari, ses beaux-frères…

Lionel Povert a écrit à votre sujet : « Il veut craché aujourd’hui tous ces mots qu’il a enfouis au fond de sa mémoire. » Vous êtes fasciné par les mots?
P.M. : Ah complètement! Et je suis fasciné aussi par la structure du langage oral, le rythme de la parole. Et j’essaie dans mes pièces de retraduire ça. C’est trois locomotives, ces bonnes femmes, trois TGV. Il faut qu’elles entrent, qu’elles disent tout, alors elles vont vite, et donc il n’y a pas de ponctuation. Et si elles respectent vraiment ma partition, elles doivent aller vite.

La notion de plaisir, est-ce important au théâtre?
P.M. : Oui. Je ne perds jamais l’idée de grotesque et de drôlerie. Je ne peux pas faire un théâtre sinistre et triste et qui se prends au sérieux. Je pense que ces bonnes femmes, qui racontent toute leur vie, elles jubilent, elles sont contentes de tout dire.

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : André Panneton