LE PETIT BOIS

Du 2 mars au 3 avril 1993

Texte : Eugène Durif
Mise en scène : René Gagnon

Avec Yves Soutière

Conseillère : Lorraine Hébert
Assistance à la mise en scène : Sabrina Steenhaut
Scénographie : Stéphane Roy
Lumières : Guy Simard
Costumes : François Barbeau
Musique : Jean Sauvageau + Marcel Brunet
Maquillage et coiffures : Angelo Barsetti

Une production d’ESPACE GO

Mot de la directrice artistique :

Après les découvertes de Koltès, Minyana, voici Durif, voici LE PETIT BOIS d’Eugène Durif. LE PETIT BOIS raconte l’histoire d’un homme et de son désir d’homme. C’est résolument une histoire qui appartient à la communauté des hommes.

Plus que quiconque les auteurs me posent la question où en êtes-vous? Cette question essentielle qui vise au but essentiel ignore les approches prudentes ou stériles. Et mon travail à la direction artistique est de permettre que cette question inspire une réponse collective. Il ne se limite surtout pas au choix d’une œuvre, d’une équipe talentueuse, il est avant tout un engagement absolu dans un propos.

Ici je m’incline amoureuse, pour que puisse s’exprimer en toute intimité, une parole que l’époque censure.

Je suis le témoin depuis plusieurs mois du travail de René Gagnon qui se révèle un artisan de théâtre d’une générosité remarquable, d’Yves Soutière, de Jean Sauvageau, de Stéphane Roy, de Guy Simard, de François Barbeau. J’assiste à ce jeu insensé où ce qu’ils misent sur la scène est « soi » pour qu’entre ceux qui s’exposent et ceux qui regardent, quelque chose advienne comme une épiphanie.

Aujourd’hui encore je refais le serment de l’espoir, né celui-là, de ce qui ose enfin commencer à se renommer après toutes ces années, où l’éclat du féminisme a pu projeter dans l’ombre le désir charnel des hommes pour les femmes. Comme si la parole des femmes avait pu signifier le silence des hommes. On s’est mal compris.

Prendre le risque de réapprendre à aimer c’est accepter le risque de délivrer une violence insoupçonnée. Et pourquoi pas? Ce « pourquoi pas », devant toute affirmation qui ferme, interdit, arrête, c’est, je crois, l’article 1 de ce qui pourrait ouvrir à nouveau le dialogue.

Le désir est aussi violent. Et pourquoi pas? Pas de provocation, pas de terrorisme mais accepter d’aller voir, d’éprouver et de comprendre. Permettre que se pose encore entre nous la question toujours nouvelle du pourquoi, sans laquelle il n’est plus d’écoute attentive, sans laquelle il n’est plus d’humanité possible.

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : Les Paparazzi