INVENTAIRES

Du 17 septembre au 19 octobre 1991

Texte : Philippe Minyana
Mise en scène : Louise Laprade

Avec Suzanne Champagne + Sophie Faucher + Diane Lavallée

Assistance à la mise en scène : Sabrina Steenhaut
Scénographie : Stéphane Roy
Lumières : Michel Beaulieu
Costumes : François Barbeau
Musique : Philippe Ménard
Maquillage : Angelo Barsetti

Une production d’ESPACE GO

L’ESPACE GO réitère cette année en présentant au public montréalais un auteur français jamais joué au Québec : Philippe Minyana.

Plus d’une douzaine de textes depuis 1979, Philippe Minyana est un auteur fécond. Des mots, beaucoup de mots pour rendre compte du vide d’une chose dès qu’elle est nommée et du malaise d’une civilisation qui se raccroche aux peccadilles, faute de mieux. Et un humour qui égratigne la gorge, où le rire remplace les larmes car au bout du compte, c’est pareil.

« … une boule dans l’estomac, c’est pas l’alka-seltzer qui la fera passer… »
– Jacqueline

Créée à Dijon en 1987, reprise à Marseille puis au Théâtre de la Bastille à Paris, cette comédie noire a propulsé sous les feux de l’actualité théâtrale française l’auteur Philippe Minyana, qui menait jusque-là une recherche dramatique exigeante en marge des grands centres.

Une cuvette, une robe, un lampadaire. Trois femmes. Et des petits riens qui vont autour et qui font la vie, toujours pareille et infiniment singulière. Fortes en gueule, portées sur l’ironie, Jacqueline, Angèle et Barbara jouent à se souvenir de ce qu’elles furent avec un évident souci de la performance. Comme si quelqu’un pouvait les entendre…

« … c’est dur de vivre seule « somewhere it must be a man right for you » j’ai pas trouvé… »
– Barbara

L’écriture de Minyana commande la virtuosité. Pour accomplir une telle performance, il faut trois actrices capables, comme des fil-de-ferristes, de nous tenir en haleine, à bout de souffle. Suzanne Champagne, qui était de la distribution de LES FRIDOLINADES au théâtre (Rideau Vert 86-87 et 89-90) et que l’on peut voir à la télévision dans Chop Suey (T.M. 89-92), revêt la robe d’Angèle. Sophie Faucher, qu’on a vu dans Ding et Dong Le Film et au théâtre dans L’ANNONCE FAITE À MARIE (ESPACE GO 88-89) et dans ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR (T.N.M. 90-91), nous éclaire avec le lampadaire de Barbara. Diane Lavallée qui est de l’équipe de Samedi P.M. (R.C. 90-92) et que l’on a pu voir au théâtre dans L’ÉDUCATION DE RITA (Rideau Vert 85-86) porte ici la cuvette de Jacqueline.

Pour mettre en scène ce déferlement de mots où tragédies et ricanements vont de pair, Louise Laprade, que l’on connaît surtout comme comédienne (Léna Fulvi dans LA DÉPOSITION de Hélène Pedneault, ESPACE GO 88-89 et Paula Melançon dans Maryline de Lise Payette, R.C. 91-92), s’est mise à l’écoute des propos et confidences de femmes recueillis, mis en forme, réécrits par Minyana.

« … et juste après le coup du sourcil il y avait le coup du baiser… j’étais très naïve… »
– Angèle

INVENTAIRES. Et comme si la Vie elle-même en avait gros sur le cœur, et que tout cela était d’une telle absurdité qu’il vaut mieux en rire, franchement…

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : Les Paparazzi