Le mythe d’Œdipe

Ligné d'Œdipe

Le plus connu des héros du cycle thébain est certainement Œdipe, dont le mythe a inspiré à Sophocle les célèbres tragédies ŒDIPE ROI et ŒDIPE À COLONE. Dans sa pièce LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, Martin Crimp synthétise avec esprit ce mythe dans les scènes 2 et 9.

Laïos et Jocaste, couple royal de la cité de Thèbes, n’arrivent pas à concevoir d’enfant. Laïos se rend à Delphes, pour interroger Apollon. L’oracle lui révèle que s’il a un enfant, celui-ci le tuera. N’écoutant pas l’avis du dieu, Laïos et Jocaste ont un fils. Se rappelant la prophétie funeste, Laïos perce les chevilles du poupon pour le pendre par les pieds et ordonne à l’un de ses gardes de le suspendre à un arbre du Cithéron, afin qu’il y soit dévoré par les bêtes. Le garde prend pitié de l’enfant et le confie à un berger corinthien venu faire paître son troupeau transhumant dans les pâturages du Cithéron. Le berger corinthien emmène alors l’enfant auprès du couple royal de Corinthe, Polybe et Mérope, qui sont sans descendance et qui l’adoptent.

Arrivé à l’âge adulte, Œdipe fuit Corinthe, car il craint que ne s’accomplisse un oracle d’Apollon lui prédisant qu’il tuera son père et épousera sa mère. Sur le chemin de l’exil, il croise un vieil homme, le roi Laïos, accompagné de ses gardes. Œdipe refuse de leur céder le passage, alors les gardes le provoquent. Œdipe les tue tous, sauf un des gardes qui prend la fuite (nul autre que l’homme qui avait remis le poupon au berger corinthien).

Ensuite, de passage à Thèbes, Œdipe croise la Sphinge, un monstre qui accable la cité en dévorant ceux qui ne savent répondre à ses énigmes (c’est-à-dire, tous ceux qui la rencontrent). Cependant, Œdipe trouve la réponse et la Sphinge, folle de douleur et de rage, se suicide en se jetant du haut de la citadelle de Cadmée (fortifications de la cité construites par Cadmos et les Spartoï). Célébré comme un héros par le peuple cadméen, Œdipe épouse Jocaste et devient roi de la cité de Thèbes, dont le trône était resté vacant depuis la mort récente de Laïos.

Les années passent, et Œdipe et Jocaste ont désormais quatre enfants : Antigone, Ismène, Étéocle et Polynice. La peste, un fléau envoyé par les dieux, afflige la Cité. Œdipe envoie son beau-frère Créon à Delphes, afin de connaître la cause du courroux divin.

L’oracle révèle que l’assassin de Laïos vit à Thèbes et que c’est son crime impuni qui souille la cité. Œdipe mène alors une enquête pour identifier le coupable. Le devin Tirésias, un ancien garde de Laïos devenu berger (celui qui avait fui lors de l’attaque du carrefour) ainsi qu’un messager corinthien révèlent à Œdipe qu’il est le coupable recherché et qu’il ignore tout de lui-même : il n’est pas fils du roi de Corinthe, mais bien fils et assassin de Laïos, fils et époux de Jocaste, et frère de ses enfants.

Horrifié de découvrir son identité réelle, son crime et son inceste, Œdipe se crève les yeux. À la suite de cette révélation, ses fils Étéocle et Polynice décident de le chasser du trône. Œdipe leur prédit qu’ils auront à se battre et à s’entretuer pour le pouvoir. Craignant cette malédiction, les deux frères font pacte de régner un an chacun, en alternance. Au terme de la première année, Étéocle refuse de laisser le pouvoir à son frère Polynice qui, déterminé à occuper le trône à son tour, revient aujourd’hui à Thèbes à la tête d’une puissante armée.

Alors que les deux fils d’Œdipe s’apprêtent à s’affronter sur le champ de bataille, leur mère Jocaste tente une ultime tentative de conciliation pour empêcher une guerre qui pourrait mettre en péril la cité de Thèbes et la vie de son peuple.

Chez Sophocle, Jocaste se pend en apprenant son inceste. Chez Euripide, dans LES PHÉNICIENNES, elle ne se suicide pas en l’apprenant, mais elle se tuera sur le cadavre de ses deux fils à la fin de leur lutte fratricide.