Dossier dramaturgique (partie 3)

Les origines guerrières de la race thébaine : métaphore de la violence intrinsèque à la race humaine

TIRÉSIAS
La terre peut pas TE pardonner d’être un être civilisé comme tu l’es
parce que chaque cellule de ton corps d’être civilisé vient tu l’sens pas?
– de ce crâne brisé.

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 9)

Crimp le répète souvent dans sa réécriture, les Thébain.e.s sont les descendant.e.s du dieu de la guerre Arès. Comme la mythologie grecque le raconte, au moment de fonder la citadelle de Cadmée, qui deviendra la cité de Thèbes, le Phénicien Cadmos tue un dragon qui gardait une source sacrée. Or, ce dragon était le fils d’Arès, qui est le « dieu de la terre-slash-guerre », comme l’écrit Crimp. Suivant les conseils de la déesse Athéna, Cadmos arrache les dents du dragon et il les sème en terre. De ces dents semées surgissent des hommes casqués et armés, les Spartoï ou « hommes-semés ». Ils se battent, s’entretuent, et ceux qui survivent au massacre aident Cadmos à fonder la cité de Thèbes. Ainsi, les Thébains et les Thébaines (dont Créon, Œdipe, Jocaste et leur progéniture) sont des descendant.e.s de ces hommes-semés, et sont donc par extension des enfants du dieu Arès. Cela expliquerait la propension à la violence et à la guerre de la race thébaine (et humaine). L’histoire de la guerre fratricide entre Polynice et Étéocle ramène cette donnée à l’avant-plan.

La guerre comme extension de la politique ou la politique comme extension de la guerre?

OFFICIER
Pour faire une histoire courte
– dit l’officier qui parle doucement à la compagnie ici rassemblée –
personne a clarifié la situation politique
mais y z’ont tous les deux la bouche plein de terre pis d’sang.

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 13)

L’une des questions porteuses que pose la réécriture de Crimp, vu l’histoire humaine et le paysage ravagé de la politique mondiale actuelle, paraît être la suivante : la guerre est-elle une extension de la politique ou la politique est-elle une extension de la guerre?

La scène pivot de la pièce, qui oppose en joute oratoire Polynice et Étéocle, expose bien d’ailleurs comment les dirigeants sont parfois capables de commettre les actes les plus violents au nom de la justice, de la liberté ou de la sécurité, des concepts que l’on associe pourtant d’emblée à la démocratie. En bons sophistes et tyrans, les deux frères vont jusqu’à chercher à justifier leurs dérives autoritaires et leur guerre intestine au nom de la justice, d’une part (Polynice), et, d’autre part (Étéocle), de la stabilité, de la sécurité des citoyens et de l’ordre au sein de l’État.

Le tyran démagogue ou la question de l’alternance du pouvoir

LE MESSAGER
La démesure enfante le tyran […]

(Sophocle, traduction de Paul Mazon, ŒDIPE ROI)

JOCASTE
Devrions-nous pas, chacun d’entre nous, mett’ en perspective
– balancer – nos prop’ désirs avec ceux des autres?
Pourquoi a-t-on inventé la balance?
C’tait-tu jusse pour qu’les riches calculent à quel point y sont riches?
Ou c’est pour être certains qu’à la moisson chacun ait une part égale des récoltes?

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 5)

Démagogie : du grec demos, « le peuple » et ago : « conduire »
Tyran : du grec ancien túrannos, « maître », « roi »

Les auteurs grecs (notamment Solon, Aristote, Platon et les auteurs tragiques) qualifiaient les tyrans de « démagogues », parce qu’ils prenaient le pouvoir en gagnant d’abord la faveur du peuple, en le manipulant et en lui promettant l’émancipation et de meilleures conditions de vie que sous le régime précédent. Une fois au pouvoir toutefois, le tyran oubliait bien vite ses promesses, tenait le peuple sous son joug et mettait tout en œuvre pour garder le pouvoir absolu : exils ou meurtres de ses adversaires et opposants, guerres civiles, etc.

Le thème de la tyrannie qui parcourt l’ensemble du cycle thébain ressort particulièrement dans l’épisode de la lutte fratricide. À travers la figure tyrannique d’Étéocle, la pièce de Crimp aborde la question de la nécessité de l’alternance du pouvoir en politique. Il ne semble pas exagéré de dire que le concept du tyran démagogue grec puisse encore trouver des échos dans le paysage politique mondial actuel.

ÉTÉOCLE
C’est quoi l’problème avec le pouvoir absolu?
Ben sûr que c’t’une drogue :
mais c’t’une drogue qui transforme un être humain […] en un dieu.
J’ai eu les couilles de prende le pouvoir
– dit l’homme-roi-dieu-frère-fils Étéocle –
et j’ai maintenant les couilles de l’garder.
Pouvoir veut dire contrôle
pis contrôle veut dire sécurité pour mes – oui ils le sont – mes citoyens PLUS
viens pas icitte a’ec ton armée d’violeurs héroïques mercenaires
me faire la morale à propos d’justice pis d’pacte rompu.

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 5)

Œdipe et Pasolini : la conscience, l’éducation et le pouvoir

LE SPHINX
Une énigme assombrit ta vie. Quelle est-elle?

ŒDIPE
Je ne veux pas savoir, je ne veux pas t’entendre.
Œdipe brandit son arme sur le Sphinx.

LE SPHINX
L’abîme dans lequel tu veux me pousser est au plus profond de toi.

(Extrait du scénario du film Œdipe roi de Pier Paolo Pasolini, 1967)

Durant les années 1960, Pier Paolo Pasolini a adapté trois tragédies grecques pour le grand écran. Cette trilogie cinématographique se compose des films suivants : Œdipe roi (1967), Médée (1969) et Carnet de notes pour une Orestie africaine (1968-1970). Dans la pièce LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, Crimp fait directement allusion au film Œdipe roi :

LES « FILLES »
Ah, pis pourquoi quand la caméra bouge au travers d’la cime verte des arb’ de Thèbes à la fin du film Œdipe de Pier Paolo Pasolini datant de 1967, ça t’donne envie d’pleurer?

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 1)

Voici deux extraits d’entretiens avec Pasolini qui nous ont beaucoup interpellé.e.s pendant la phase de conception du spectacle :

EXTRAIT 1

Pasolini : C’est la chose qui m’a le plus inspirée dans l’Œdipe roi de Sophocle : le contraste entre une innocence totale [celle d’Œdipe] et l’obligation de savoir. Ce n’était pas tant la cruauté de la vie qui produit des crimes, mais le fait que ces crimes sont commis parce que les gens n’essaient pas de comprendre l’Histoire, la vie et la réalité.

(Extrait d’entretien avec Oswald Stack, Pasolini on Pasolini)

EXTRAIT 2

Journaliste : Et selon toi, précisément, à quoi ressemble le pouvoir? Où est-il? Où se trouve-t-il? Comment le définis-tu?

Pasolini : Le pouvoir est un système d’éducation qui nous divise en vaincus et en vainqueurs. Mais attention : un « même » système d’éducation qui nous forme « tous » — depuis ce qu’on appelle la classe dirigeante jusqu’aux plus pauvres. Voilà pourquoi tous veulent les mêmes choses et se comportent de façon identique. Si je dispose d’un conseil d’administration, ou d’une manœuvre boursière, je l’utilise. De même si je n’ai qu’un gourdin. Et quand je frappe, je fais violence pour obtenir ce que je veux. Et pourquoi est-ce que je le veux? Parce que l’on m’a enseigné que c’était bien de le vouloir. J’exerce donc mon bon droit. Je suis assassin et je suis bon. […]

Ici règne l’envie de tuer. Et cette envie nous lie comme les tristes frères de la faillite lamentable de tout un système social. J’aimerais autant que vous que nos problèmes se résolvent en isolant les brebis galeuses. Moi aussi je les vois les brebis galeuses! Je les vois même toutes! […]

Maintenant, laisse-moi récapituler. Première tragédie : une éducation commune, obligatoire, et fourvoyée, qui nous pousse tous au milieu d’une arène où chacun veut tout avoir, à n’importe quel prix. Nous sommes poussés dans cette arène, telle une armée sombre et étrange, au sein de laquelle les uns sont munis de canons, les autres de bâtons. La première chose à faire, classique, serait de se mettre « du côté des plus faibles ». Mais pour moi, dans un certain sens, tous sont faibles, car tous sont victimes. Et en même temps, tous sont coupables, parce que tous sont prêts au jeu de massacre. Pourvu qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent. Et de fait, l’éducation qu’ils ont reçue était : avoir, posséder, détruire.

(Pier Paolo Pasolini. Contre la télévision. Extrait de l’entretien « Nous sommes tous en danger ». Paris : Solitaires intempestifs, 2003, p. 97)

Les deux extraits nous ont intéressé.e.s en ce qu’ils recoupaient plusieurs thèmes abordés à la fois dans le cycle thébain et dans LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, notamment l’obligation de s’instruire et de s’interroger sur la vie, l’histoire humaine et son époque, ainsi que l’évocation du lien entre pouvoir et éducation. C’est de là qu’a surgi l’idée de choisir le contexte de la salle de classe comme porte d’entrée de la présente mise en scène. Le dispositif dramaturgique de Crimp évoqué plus tôt, soit cette impression que les acteurs récitent de force les dialogues comme s’il s’agissait d’une leçon apprise à contrecœur, y est aussi pour quelque chose. Les scènes de chœur ont également contribué à postuler cette hypothèse de création, notamment à cause de leurs nombreuses questions aussi énigmatiques qu’anti-didactiques, leurs allusions à des manuels avec notes en bas de page ainsi que leurs questionnaires à choix de réponses impossibles. Par ailleurs, le contexte de la salle de classe évoque la problématisation de la raison humaine qui est sous-jacente à l’épisode de la rencontre entre Œdipe et le Sphinx, un épisode qu’Euripide et Crimp rappellent à maintes reprises dans leurs pièces respectives.

Il importe de préciser qu’en choisissant le contexte de la salle de classe pour ancrer l’univers esthétique du spectacle, il n’est pas question de donner une leçon surplombante. De toute façon, sur ce point, le texte de Crimp agit plutôt comme un Sphinx : il se contente de poser des questions, et non de donner des réponses.

Le chœur et la figure de la Sibylle

Dans la tragédie d’Euripide, le chœur de Phéniciennes est destiné à servir Apollon, dieu de la prophétie, au sanctuaire de Delphes. Par extension, le chœur de « Filles » dans la réécriture de Crimp évoque subtilement la figure de la sibylle, soit la femme prophétesse qui prononçait les oracles au sanctuaire.

La devise « Connais-toi toi-même » qui était gravée à l’entrée du temple delphique encourageait les gens à s’interroger et à réfléchir sur leur propre posture dans le monde. Durant l’Antiquité, les Grecs venaient interroger la sibylle pour s’instruire sur les causes et les conséquences des conflits, identifier les origines d’un fléau, appréhender les destinées humaines et évaluer l’issue d’un projet compromettant. On consultait aussi l’oracle pour s’attirer les bonnes grâces des dieux, déterminer la voie la plus juste à emprunter ou identifier un coupable en situation de crime impuni. L’oracle de Delphes avait donc la triple fonction d’instruire, d’interroger et d’incarner la justice, au temps où la justice divine prévalait sur la justice humaine. Les sibylles étaient ainsi tour à tour professeures, inquisitrices et juges, par voie interposée. Avec leurs messages prophétiques obliques et énigmatiques, elles renvoyaient le plus souvent de nouvelles interrogations aux visiteurs, les invitant à mieux se « connaître eux-mêmes ». Par ailleurs, l’oracle et le mythe sont de beaux exemples de la dialectique de la raison humaine, qui est une rationalité pétrie d’irrationalité. En effet, comme la science ou la philosophie, les mythes et les légendes sont des outils indispensables à l’élévation de la conscience humaine, en ce qu’ils nous permettent de mieux réfléchir au monde et à l’histoire à l’intérieur desquels nous nous inscrivons.

Autour de la problématisation de la condition et de la raison humaines dans la pièce

ANTIGONE
J’aime ben les maths – c’est comme d’la poésie – mais pas les machines –
à moins qu’la poésie soit une machine –
mais ça c’est de la philo –
chus pas sûre d’aimer ça la philo : trop d’questions! […]

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 3)

LES « FILLES »
Si la réponse, c’est un être humain, ben c’est quoi la question?

(Martin Crimp, traduction québécoise de Christian Lapointe, LE RESTE VOUS LE CONNAISSEZ PAR LE CINÉMA, scène 4)

Chacun des héros du cycle thébain fait appel à la raison humaine : Cadmos introduit l’alphabet en Grèce et Œdipe, en résolvant les énigmes du Sphinx, devient le seul (ou du moins l’un des rares) héros mythologique grec à tuer un monstre uniquement par la force de l’esprit plutôt que par la force physique. De leur côté, juste avant de s’entretuer, Polynice et Étéocle s’engagent dans un débat autour des notions complexes de justice, de liberté, d’égalité et de pouvoir. Ainsi, les thèmes de la raison et de la cognition humaine traversent de manière sous-jacente ces épisodes du cycle thébain.

La « révolution cognitive », pour reprendre un vocable de l’historien israélien Yuval Noah Harari (auteur de Sapiens, 2011), nous a distingué.e.s du reste du règne animal, il y a de cela plusieurs centaines de milliers d’années. Grâce à la cognition, c’est-à-dire à notre capacité exceptionnelle à raisonner, inventer et s’adapter, l’humain est devenu l’animal le plus redoutable de la terre. Animal doué de raison, il s’est donné les outils pour régner sans partage.

Croyances, religions, spiritualité, mythes, agriculture, alphabets, philosophie, architecture, techniques et outils divers, armes, économie, musique et autres arts, politique, guerre, argent et pouvoir sont autant d’inventions humaines, de légendes et de conventions issues de notre faculté cognitive exceptionnelle. Les notions de tribu, de race, de liberté, de justice, de religion, de pouvoir ou d’argent sont des constructions humaines extrêmement complexes, des sphinx, au nom desquels on se déchire, on se divise, et pour lesquels l’on (se) sacrifie et l’on (se) tue.

Sous le vernis reluisant de la sapience de l’homo sapiens, du progrès humain et de la civilisation couvent pourtant encore la violence et la cruauté, ainsi que les subtiles déclinaisons des pulsions de vie et de mort : autant de manifestations trahissant notre part d’animalité soi-disant enfouie. Ce sont là les réminiscences de cette époque lointaine où l’être humain n’était qu’un animal comme les autres.

L’être humain est un animal civilisé. Étrange et fascinant paradoxe.

Art et guerre, beauté et barbarie, raison humaine et animalité ne sont pas des oppositions binaires. Ils marchent souvent main dans la main. Art de la guerre, beauté au service de la barbarie : nous sommes capables de tout, du sublime marié à l’horrible, de la violence entremêlée au sacré, du plus grand raffinement comme de la bestialité la plus crue.

Pensons à la filiation entre musique et fascisme, par exemple, dans le contexte de l’Allemagne nazie où les œuvres de Beethoven, Bach et Mozart ont été récupérées lors des cortèges militaires et des fêtes données par Hitler (Jeux olympiques de Berlin de 1936, anniversaire du Führer). Les chefs-d’œuvre de la musique allemande étaient aussi joués dans les camps de concentration pour régler la cadence de l’un des plus notoires génocides du XXe siècle (les livres La Haine de la musique de Pascal Quignard et Si c’est un homme de Primo Levi le mentionnent notamment).

À quoi nous servent la trigonométrie, les savants calculs mathématiques de Pythagore, ainsi que les plus récentes avancées dans le domaine de la chimie ou de la physique? Bien souvent, à perfectionner nos armes et notre art de la guerre, comme la figure du chef argien Capanée dans les pièces d’Euripide et de Crimp en témoigne (Capanée se sert de la trigonométrie et de l’échelle pour escalader les remparts de la citadelle). Einstein regretta que ses calculs aient servi à la fabrication de la bombe atomique. L’intelligence humaine serait-elle une arme de destruction massive?

Si la guerre, la tyrannie, le viol, l’inceste, l’esclavage, la domination masculine, le génocide, le parricide et le fratricide sont profondément humains, comme nous le rappellent les pièces d’Euripide et de Crimp (et l’actualité), alors qu’est-ce qui est inhumain? Ces tabous et ces problèmes demeurent des thèmes fondateurs de l’humanité à ce jour.

À quel escient utilisons-nous notre faculté exceptionnelle de raisonner? Pourquoi l’être humain est-il si destructeur, si dominant, si cruel, si violent? Pourquoi est-ce « le sang qui fait tourner les roues de l’histoire », comme le disait Martin Luther? Pourquoi la beauté et la barbarie marchent-elles main dans la main parmi les ruines et les décombres de notre histoire humaine? Pourquoi la pensée et les actes humains achoppent-ils sur les concepts de liberté, de justice, d’égalité, de démocratie et de pouvoir?

Qu’est-ce que l’être humain?

Nous sommes les héritiers d’une énigme insoluble, les tragiques enfants d’Œdipe. Nous avons sur les lèvres la réponse à l’énigme du Sphinx, « l’être humain », mais notre esprit s’égare encore autour des nouvelles questions qu’elle soulève. Les énigmes du Sphinx, devant les erreurs et les errances du progrès humain, refont surface, tendant à nos yeux aveugles un miroir reflétant notre propre abîme. Elles projettent dans le « cinéma déserté de notre esprit » l’histoire usée, répétitive, violente et tragique de la condition humaine.

Andréane Roy
Andréane Roy est une jeune dramaturge, chercheuse et musicienne. Après une formation en chant, elle obtient un baccalauréat en études théâtrales et en littérature comparée de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM et de l’Université de Montréal.

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