Extraits de presse

 

Scotchée à mon siège, captivée par la partie très polarisée de ping-pong politique et émotif que se livraient les quatre actrices incarnant chacune un archétype et le discours qui l’accompagne, je ne me suis pas ennuyée une seule minute.

Mieux encore : pendant une heure et demie, je me suis par moments projetée dans Yara (Nora Guerch), la jeune Libano-Québécoise rebelle qui se sent plus acceptée par la communauté anglo-montréalaise que par les francophones. Je me suis retrouvée dans Isabelle (Pascale Bussières), la Française cérébrale et psychorigide née à Chambly, et dans Riham (Christina Tannous), jeune musulmane voilée qui vit dans la peur et dans le rejet.

Quant à Josée Rivard (Amélie Grenier), cette blogueuse de souche qui a déjà fricoté avec La Meute et d’autres groupes extrémistes et qui a inondé le web de ses coups de gueule tapageurs contre l’Islam, le gouvernement et les médias, je l’ai trouvée un brin sympathique.

Annabel et sa bande ont voulu mettre en scène le dialogue de sourds qui sévit présentement chez nous au sujet de l’Islam, de l’immigration, de l’intégration et de l’identité culturelle et religieuse, de toutes ces questions qui polarisent et divisent les Québécois en groupes hostiles campés dans leurs positions et refusant d’en sortir.

Le fait de voir cette polarisation exposée en trois dimensions sur scène est en soi pertinent. C’est une invitation à prendre du recul et à assister au spectacle de notre propre désassemblement. Et à mes yeux, c’est un exercice qui ne peut être qu’utile et éclairant.

Nathalie Petrowski, La Presse+

 

L’Assemblée nous tient en haleine du début à la fin tel un suspense politique bien ficelé.

Christina Tannous toute en nuance, truculente Amélie Grenier, Pascale Bussières excellente dans sa froideur et Nora Guerch parfaite pour exprimer la rage de son personnage d’origine libanaise.

Dès les premiers contacts entre ces quatre femmes, la tension monte, les dialogues sont entrecoupés de petites parenthèses où nous avons accès aux pensées des «personnages», belle trouvaille dramaturgique pour briser la linéarité du texte. Pour ajouter à la tension dramatique, une bande sonore (Antoine Bédard) diablement efficace vient accentuer certaines répliques assassines, souligner un mot déplacé, rythmer un débat qui autrement aurait pu être lancinant.

Nous avons une pièce avec une structure dramatique solide, où nous avons de la difficulté à croire que ce sont des personnes réelles derrière ces personnages, ceci dit avec tout le respect et l’admiration pour ces quatre femmes, qui se sont prêtées au jeu, et pour les actrices, qui les interprètent avec vérité et sensibilité.

Porte Parole nous donne une réponse par le théâtre à une problématique de plus en plus présente : comment réussir à dialoguer dans un monde où la surcommunication provoquée par les médias sociaux devient rapidement sous-communication.

Jean-Claude Côté, revuejeu.org

 

En amenant le public à réfléchir et à participer au spectacle, les artisans de la pièce poussent jusqu’au bout une démarche profondément démocratique sur l’art de débattre, de réunir des points de vue opposés, de déconstruire les préjugés et, surtout, d’écouter l’autre. Loin des rumeurs et du bruit.

Mario Cloutier, La Presse+

 

C’est du théâtre documentaire à son meilleur. J’ai adoré, et je trouve que ça devrait être obligatoire.

Rebecca Makonnen, Esprit critique

 

Immigration, place de la religion dans l’espace public, discrimination vécue par les minorités visibles… Alors que plusieurs sujets sont devenus infréquentables sur les réseaux sociaux, ou même trop explosifs pour les soupers de famille, la pièce L’Assemblée réussit à ramener le public dans la discussion. Une percée salutaire sur ces terrains minés.

L’intérêt de l’exercice vient de l’espace créé entre les personnages et le public, qui incite celui-ci à y aller de sa propre pensée, à répondre intérieurement aux arguments exposés devant lui. Pour pouvoir observer et montrer la polarisation à l’œuvre, les auteurs ont en effet choisi des participantes ayant des opinions si tranchées, et si fortement influencées par leur parcours personnel qu’il est impossible de s’identifier entièrement à l’une ou l’autre d’entre elles. L’adhésion, le rejet et l’empathie fluctuent au gré des répliques.

On se sent interpellé comme rarement au théâtre de nos jours.

Le public est d’ailleurs invité à monter sur scène à la fin de la pièce pour se prêter au même exercice, c’est-à-dire confronter ses points de vue à ceux de parfaits inconnus. Loin du dérapage redouté, l’échange en face à face se révèle autrement plus civilisé, et éclairant, que l’anonymat des réseaux sociaux. Et au-delà des quelques braves qui tentent l’expérience chaque soir, ce sont des dizaines d’autres conversations qui se poursuivent entre amis au sortir de la salle.

Preuve, s’il en fallait, que partager de véritables réflexions sans forcément chercher à en arriver à un consensus (bref, avoir de réels débats) demeure un besoin essentiel de la vie en société – et ce, aussi périlleux qu’un sujet puisse paraître.

Espérons que des diffuseurs verront l’intérêt de proposer cette expérience dans le reste du Québec.

Ariane Krol, La Presse+

 

L’Assemblée est un « must to see » cette saison. Vraiment. Comme tous les spectacles de théâtre documentaire de la compagnie Porte Parole (je ne m’en cache aucunement, le travail de Annabel Soutar et de sa compagnie est dans ceux que je préfère) celui-ci s’avère extrêmement pertinent, voire essentiel pour tout Québécois, jeune, vieux, nouvel arrivant, immigrants de toutes générations… bref, pour tout citoyen qui s’interroge sur la notion d’identité, de vivre ensemble et de diversité. La mise en scène brillante de Chris Abraham est parfois décalée du réel de la discussion, ce qui est nouveau pour un spectacle de Soutar. Ceci nous permet de prendre notre souffle et de nous projeter dans la tête de chacun et de leurs premières impressions, apartés pertinents et importants. Projeté sur écran, nous assistons tel un débat télévisé, à cette confrontation pavée de bonnes intentions, mais qui s’avère être en fait une véritable bombe sous pression. Touchant, pertinent, confrontant et déstabilisant, ce qui se joue sur la scène de GO est crucial et hautement intéressant dans le contexte social et politique actuel. Ce spectacle doit assurément être joué ailleurs que devant un public de théâtre. Va voir cela et vite.

Jordan Dupuis, Quartier général

 

L’Assemblée est une pièce percutante créée à partir de propos recueillis lors de rencontres organisées entre des femmes de cultures différentes, aux opinions divergentes. Ces personnes réelles sont interprétées par un quatuor d’actrices formidables. Pascale Bussières, en intellectuelle qui sous son assurance cache sa solitude. Amélie Grenier dans un rôle aussi flamboyant qu’exaspérant. Nora Guerch en jeune rebelle à l’énergie animale. Christina Tannous, habitée par la peur et la bonne volonté.

Les comédiennes et les deux animateurs du débat nous entraînent dans la fosse aux lionnes, au cœur du superbe écrin offert par la scène de l’Espace Go. Une heure cinquante d’échanges tendus, souvent malaisants, ponctuée de touches d’humour rustique ou cinglant.

Espérons que cette pièce, petit bijou du théâtre documentaire, soit une étincelle, le déclencheur de conversations animées à mener dans les chaumières ou en société…

Agnes Huguet, mazrou.com

 

Les quatre interprètes se glissent si aisément dans la peau de leur personnage qu’on a parfois le sentiment d’être en train d’épier la rencontre initiale. Leur jeu est absolument impeccable.

Pourtant, il aurait été dangereusement facile de verser dans la parodie dans le cas de Josée, la vlogueuse colorée. Or, Amélie Grenier a su capter les divers aspects de sa personnalité sans tomber dans ce piège.

L’Assemblée est le genre d’œuvre qui nous habite longtemps. On continue à y penser plusieurs jours après y avoir assisté. C’est une pièce qui a le pouvoir de nous mettre face à nos propres idées préconçues et de provoquer la réflexion. Il serait vraiment intéressant et pertinent qu’elle soit présentée dans les écoles. À voir absolument!

Nancie Boulay, arp.media

 

Des performances uniformément étourdissantes de véracité.

Il est difficile de passer sous silence le portrait pétrifiant de Josée Rivard que fait Amélie Grenier, qui vomit avec conviction toute l’énergie de la célèbre vidéoblogueuse, l’un des personnages les plus controversés que nous avons croisés sur une scène cette saison.

Ne répondant jamais clairement aux questions des modérateurs, ramenant sans cesse le débat à ses propres expériences, interrompant sans relâche les autres participantes, multipliant les contradictions, insistant sur le fait qu’elle ne souhaite que «protéger son patrimoine», c’est un point de vue qui n’est souvent représenté que par la caricature dans la plupart des œuvres théâtrales. Mais ici, c’est une bonne grosse dose de réalité qui s’apparente à une douche froide.

Les idées s’entrechoquent avec fracas, et on passe par toutes les nuances de l’intolérance, notamment lorsqu’il est question d’islamophobie et de féminisme – même entre femmes.

La conclusion de cet exercice de haute voltige idéologique, qui bouscule les convictions et qui excelle à faire réfléchir, même bien des jours après la représentation, est que rien ne vaut les rencontres physiques, un concept qui a fait ses preuves depuis l’agora de la Grèce antique.

L’argument est soutenu, et le public, lui, sort convaincu.

Pierre-Alexandre Buisson, labibleurbaine.com

 

Une œuvre tout sauf politiquement correcte.

Spécialisé dans le théâtre documentaire, Porte Parole dans cette nouvelle pièce donne la parole aux femmes et cette parole est totalement libre.

Chacune des quatre actrices joue son rôle de manière impeccable. Le débat est vif, agrémenté d’arguments raisonnés ou issus de l’expérience de vie des protagonistes, souvent drôle et toujours sujet à réflexion pour le public.

Les quatre femmes sont sincères, intelligentes et de bonne foi, et leur confrontation produit ce qu’on pouvait en attendre. Elles se découvrent progressivement, perçoivent mieux les difficultés de chacune, les identités auxquelles elles tiennent. En somme, de la discussion naît une meilleure compréhension des points de vue.

Sophie Jama, pieuvre.ca

 

En discutant avec des collègues qui ont apprécié la pièce beaucoup plus que moi, il m’a fallu admettre que L’Assemblée provoque des échanges stimulants. Elle force la réflexion et nous met devant nos contradictions. Et en ce sens, que l’on aime ou pas la pièce, le pari de Porte Parole est réussi. Même si je suis restée sur ma faim.

Je n’attends pas d’une pièce de théâtre qu’elle règle des problèmes de société, propose des solutions ou soit l’équivalent d’une thèse de doctorat. Mais je m’attends à ce qu’elle me propose un regard, un point de vue, une faille par où passerait un peu de lumière… Or, dans ce cas, il n’y a pas réellement de point de vue. Donc à quoi bon? La polarisation existe, oui, on le sait. C’est pénible et déprimant, oui, on le sait. Mais encore?

Rima Elkouri, La Presse+

 

L’impact sur le spectateur demeure totalement viscéral.
L’ovation debout n’est donc que justifiée.

Élie Castiel, revuesequences.org

 

Bien qu’extrêmement stéréotypée, la Québécoise qui veut protéger son «patrimoine», mais qui est néanmoins ouverte à l’autre, est merveilleusement jouée par Amélie Grenier. C’est elle qui offre les moments les plus croustillants du spectacle. Christina Tannous se démarque également en jouant une musulmane pratiquante fébrile, écorchée par le regard des autres, mais qui désire quand même prendre sa place dans la société québécoise.

Emmanuel Martinez, TVA Nouvelles, Agence QMI

 

Une belle expérience à vivre.

Francine Grimaldi, Samedi et rien d’autre, ICI Radio-Canada Première