LES MARGUERITE(S)

Portrait en pièces de Marguerite Porete et de son livre

Texte : Stéphanie Jasmin + Marguerite Porete
Mise en scène et vidéo : Denis Marleau + Stéphanie Jasmin

Avec Céline Bonnier ou Évelyne Rompré (en alternance selon un calendrier déterminé de représentations – voir ci-bas) + Sophie Desmarais + Louise Lecavalier

Scénographie : Stéphanie Jasmin
Assistance à la mise en scène : Carol-Anne Bourgon Sicard
Musique : Ana Sokolović
Lumières : Marc Parent
Costumes : Angelo Barsetti + Ginette Noiseux
Design sonore : Julien Éclancher
Diffusion et montage vidéo : Pierre Laniel
Maquillages et coiffures : Angelo Barsetti
Assistance aux décors : Stéphane Longpré
Régisseur Lumières et vidéo : Lee Anholt

Une coproduction ESPACE GO + UBU compagnie de création

 

« Vertus, je prends congé de vous pour toujours : j’en aurai le cœur plus libre et plus gai. […] Vous savez que j’étais à vous, tout entière abandonnée : j’étais alors votre esclave, j’en suis maintenant délivrée. »

– Marguerite Porete

 

Paris, 1310. Marguerite Porete se tient debout devant ses juges, 21 maîtres en théologie convoqués par Guillaume de Paris, Inquisiteur officiel de France et confesseur du roi Philippe le Bel. Qui est cette Marguerite? De quoi l’accuse-t-on? En quoi son livre Le Miroir des âmes simples et anéanties menace-t-il l’ordre religieux? Aujourd’hui, au dernier jour de son procès, Marguerite comparaît et persiste à opposer son silence à ses détracteurs, malgré la menace d’être condamnée à mort.

Née vers 1250 à Valenciennes, en France, Marguerite du Hainaut (dite Porete) est indissociable du seul livre connu d’elle, Le miroir des âmes simples et anéanties, un traité de vie spirituelle dans lequel elle prône une qualité d’amour, d’abandon de soi, de renoncement et d’effacement, une liberté et une légèreté d’être, défiant du coup le monopole du clergé sur l’interprétation de la parole sacrée. Les mots de Marguerite Porete ont une ampleur, une beauté fulgu-rante et font preuve d’une culture solide, aussi bien théologique que profane. Mais par sa liberté de ton, le livre est jugé hérétique en 1306 par l’évêque de Courtrai, avant d’être brûlé sur la place publique sous les yeux de Marguerite. Malgré l’interdiction qui pèse sur son livre, celle-ci persiste à en approfondir le propos et à le diffuser. Par cette résis-tance, elle devient l’un des premiers auteurs à être condamnés à mort à cause de ses écrits. Elle est brûlée vive le 31 mai 1310, place de Grève à Paris (aujourd’hui Place de l’Hôtel-de-Ville), après un an et demi de confinement. Par la suite, le livre a continué à circuler, malgré les interdits et les menaces d’excommunication. Écrit en français ancien, il a été traduit très tôt en anglais, en italien et en latin. Il a depuis marqué plusieurs intellectuels, écrivains et théologiens à travers les siècles.

Après des recherches qui l’ont menée de Paris jusqu’à Valenciennes, Stéphanie Jasmin reconstruit par une sorte d’enquête imaginaire en trois parties le portrait de cette écrivaine humaniste et libre. Dans Le procès, la danseuse et chorégraphe Louise Lecavalier incarne la présence mutique de Marguerite devant ses juges : une femme seule face au pouvoir des hommes de Dieu. Dans Les témoins, les comédiennes Céline Bonnier et Évelyne Rompré (en alternance selon un calendrier déterminé de représentations – voir ci-bas) forment à elles seules un chœur vivant de femmes, composé de cinq Marguerite historiques (Marguerite II de Flandres, Marguerite de Navarre, Margaret d’York, Marguerite d’Oingt et Marguerite Duras) qui ont eu un lien réel ou fictif avec Marguerite Porete et son livre et qui viennent témoigner de façon impromptue et dresser un portrait composite de cette femme. Dans La femme-livre, la comédienne Sophie Desmarais interprète une Marguerite d’aujourd’hui qui a trouvé le livre par hasard, perturbée et fascinée devant la soif d’absolu des mots de Porete.

Denis Marleau et Stéphanie Jasmin sont à nouveau réunis dans un projet de création inédit, qui marque la réouver-ture du Théâtre ESPACE GO après des travaux de réparation et d’agrandissement. Les deux compagnies ont réalisé conjointement des spectacles qui se sont distingués par la beauté et l’originalité formelle de leurs propositions scé-niques et par les performances remarquables de leurs interprètes, dont CE QUI MEURT EN DERNIER de Normand Chaurette, JACKIE d’Elfriede Jelinek, LE DERNIER FEU de Dea Loher, LA VILLE de Martin Crimp, LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES d’Evelyne de la Chenelière, et AVANT-GARDE, de Marieluise Fleisser.

Calendrier de l’alternance

Céline Bonnier
Première semaine : 20, 21, 22 février 2018
Deuxième semaine : 2, 3 (16 h et 20 h) mars 2018
Troisième semaine : 6, 7, 8 mars 2018
Quatrième semaine : 16, 17 (16 h et 20 h) mars 2018

Évelyne Rompré
Première semaine : 23, 24 (16 h et 20 h) février 2018
Deuxième semaine : 27, 28 février 2018, 1er mars 2018
Troisième semaine : 9, 10 (16 h et 20 h) mars 2018
Quatrième semaine : 13, 14, 15 mars 2018