LA VIE UTILE

Texte : Evelyne de la Chenelière
Mise en scène : Marie Brassard

Avec Christine Beaulieu + Sophie Cadieux + Evelyne de la Chenelière + Louis Negin

Assistance à la mise en scène : Emanuelle Kirouac
Décor : Antonin Sorel
Lumières : Sonoyo Nishikawa
Musique et conception sonore : Jonathan Parant
Vidéo : Karl Lemieux
Costumes : UNTTLD (José Manuel St-Jacques + Simon Bélanger)
Sonorisation : Frédéric Auger
Maquillages et coiffures : Angelo Barsetti

Une coproduction ESPACE GO + Festival TransAmériques (FTA)
Avec la collaboration d’Infrarouge

 

« Un jour, au cours de catéchèse, on m’a dit que l’Éternité, ce n’était pas seulement pour toujours. C’était aussi depuis toujours. Ça m’a bouleversée. »

– Evelyne de la Chenelière

 

Une chute à cheval. La cavalière tombe sans fin. Des secondes où le temps s’épaissit, où s’accumulent les couches d’une mémoire tissée de toute une vie utile. La femme constate qu’elle a traversé son existence dans une sorte d’indifférence, et tente de regarder le monde à travers une nouvelle fenêtre avant de le quitter pour de bon. Elle veut recommencer. Autrement.

Elle s’engage alors dans une ultime négociation… avec l’au-delà. Elle veut gagner du temps. Retarder le dénouement inéluctable du pacte, cette entente injustement conclue à son insu, qui veut que sans préavis, elle doive abandonner tout ce qu’elle a eu tant de mal à apprendre à nommer.

LA VIE UTILE est inspirée du chantier d’écriture d’Evelyne de la Chenelière. Sur le long mur du café-bar d’ESPACE GO, l’artiste a superposé pendant trois saisons des couches de mots, de lignes, de couleurs et de formes, à l’image du monde tel qu’elle se le représente : trouble, frémissant, instable et palpitant (au sens où sa chair palpite). Le chantier d’écriture portait tout ce qui obsède l’auteure depuis l’éveil de sa conscience d’être. Il y était question de l’enfance, ce temps où on ne sait pas encore dire ce que l’on pense, et de deux livres fondateurs qui ont forgé son imaginaire et son rapport au monde : le Précis de grammaire française (parce que la langue maternelle désigne le réel, le moule et le scelle) et la Bible (car le sort de notre âme pèse comme une malédiction muette sur nos consciences.)

Pour répondre à cette écriture par le théâtre, Evelyne de la Chenelière (UNE VIE POUR DEUX; LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES; LES LETTRES D’AMOUR) a souhaité retrouver la metteure en scène Marie Brassard, avec qui elle a collaboré pour LA FUREUR DE CE QUE JE PENSE. Toutes deux engagées dans un théâtre qui défie ses propres formes et contours, elles proposent un conte métaphysique, baroque et insolite, qui nous plonge dans les eaux troubles de la mémoire, du rêve, et de tout ce qui se façonne à notre insu.