Repères biographiques de Denis Marleau

Denis Marleau (© Stéphanie Jasmin)

Né au Québec, Denis Marleau développe avec constance depuis quarante ans une pratique théâtrale où s’entrelacent ludisme, rigueur formelle et transversalité. Formé au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, il fonde en 1982 le Théâtre UBU suite à la création de CŒUR À GAZ & AUTRES TEXTES DADA  au Musée d’art contemporain de Montréal. Les spectacles-collages suivants –  PICASSO-THÉÂTRE (1985), MERZ OPÉRA (1987), OULIPO SHOW (1988), UBU CYCLE (1989), CANTATE GRISE (1990), LES UBS (1991), LUNA-PARK 1913 (1992) – se font remarquer notamment grâce au travail du metteur en scène sur la plasticité de la langue et l’utilisation virtuose de la voix par ses interprètes. Se tournant vers les écritures contemporaines, Denis Marleau explore ensuite les univers de Bernard-Marie Koltès (ROBERTO ZUCCO, 1993), de Thomas Bernhard (MAÎTRES ANCIENS, 1995), d’Antonio Tabucchi, (LES TROIS DERNIERS JOURS DE FERNANDO PESSOA, 1997), de Jon Fosse (QUELQU’UN VA VENIR, 2002) et de José Pliya, (NOUS ÉTIONS ASSIS SUR LE RIVAGE DU MONDE, 2005). Il monte également plusieurs pièces de l’auteur québécois Normand Chaurette, parmi lesquelles LE PASSAGE DE L’INDIANA (1996) et LE PETIT KÖCHEL (2001), qui sont créées au Festival d’Avignon. Il aborde parallèlement le grand répertoire allemand (Büchner, Wedekind, Lessing, Goethe), monte Shakespeare (OTHELLO, 2007; L’HISTOIRE DU ROI LEAR, 2012), Molière (LES FEMMES SAVANTES, 2012; TARTUFFE, 2016), de même que Sénèque avec la pièce AGAMEMNON dont il signe la mise en scène à la salle Richelieu de la prestigieuse Comédie-Française (2011). Invité de nouveau en 2015, il monte Innocence de Dea Loher dans cette même salle.

Avec la création de la « fantasmagorie technologique » LES AVEUGLES (2002) de Maurice Maeterlinck, applaudie sur trois continents, Denis Marleau s’engage, avec sa collaboratrice artistique Stéphanie Jasmin, dans une recherche approfondie sur l’intégration de la vidéo au service du personnage. En écho à cette expérimentation, il conçoit, pour l’exposition La Planète mode de Jean Paul Gaultier : de la rue aux étoiles (2011), initiée par le Musée des beaux-arts de Montréal, une installation vidéo à la demande du célèbre couturier. Dans le domaine lyrique, Denis Marleau met en scène La Trahison orale de Mauricio Kagel avec le Nouvel Ensemble Moderne (1992) et Le Château de Barbe-Bleue, de Béla Bartók au Grand théâtre de Genève (2007) et l’opéra fantasmagorique L’autre hiver au Manège Mons (2015) qui tournera par la suite en Europe et au Canada.

À ESPACE GO, Denis Marleau poursuit depuis de nombreuses années un cycle fructueux de collaboration amorcé en 2006 avec LA FIN DE CASANOVA de Marina Tsvetaïeva, suivi de CE QUI MEURT EN DERNIER de Normand Chaurette (2008), du COMPLEXE DE THÉNARDIER de José Pliya (2009), de JACKIE d’Elfriede Jelinek (2010) et des pièces LE DERNIER FEU de Dea Loher (2013) et LA VILLE de Martin Crimp (2014), deux spectacles qu’il a mis en scène avec sa complice de création, Stéphanie Jasmin. À l’automne 2014, Denis Marleau est invité par ESPACE GO à signer la mise en scène de LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES, la nouvelle pièce de l’auteure et artiste en résidence Evelyne de la Chenelière. Ce spectacle lui vaut une mise en nomination pour le prix de la mise en scène de l’Association québécoise des critiques de théâtre.

De nombreuses distinctions jalonnent le parcours de Denis Marleau. Deux fois lauréat du Prix du Gouverneur général du Canada (Prix du Centre national des arts, 1998; Prix de la réalisation artistique, 2012), il a aussi reçu plusieurs Masques de l’Académie québécoise du théâtre et plusieurs Prix de la critique. Il a été nommé chevalier de l’Ordre national du Québec (1999), chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de France (2002) et officier de l’Ordre du Canada (2011). Il est également titulaire de deux doctorats honorifiques décernés par l’Université Lumière Lyon 2 (2003) et par l’Université du Québec à Montréal (2009). En novembre 2014, le gouvernement du Québec lui décernait le prestigieux prix du Québec pour les arts de la scène, le Prix Denise-Pelletier.