Extraits

AVANT-GARDE, EXTRAIT I : QUELLE IDENTITÉ POUR ELLE?

On ne savait pas au juste si elle était sa collaboratrice, son amie, sa maîtresse, ou si elle deviendrait sa femme. « Elle sera ma femme », avait-il dit, tout au début, l’auteur discuté. Mais comment s’y fier, quand c’était lui qui parlait, est-ce que cela comptait pour quelqu’un qui faisait une telle consommation d’êtres humains?

AVANT-GARDE, EXTRAIT II

Ce Poète voulait de toutes ses forces provoquer. S’il se blessait en le faisant, c’était son affaire. Il se prétendait possédé par une image précise de son théâtre de l’avenir. Il fallait qu’il se débrouille pour trouver sa place dans le présent! Il fallait qu’il fût fou, il n’admettait rien.

AVANT-GARDE, EXTRAIT III : LE CUIR ÉPAIS DU RHINOCÉROS

L’auteur, lui, en parlait à son aise, il faut apprendre à avoir la peau épaisse au théâtre. Elle, c’était une membrane frémissante, secouée de vibrations insupportables.

AVANT-GARDE, EXTRAIT IV : SON TEMPS À LUI AVAIT PLUS DE VALEUR

Son emploi du temps, déjà, avait été mis en pièces. Elle séchait les cours et les séminaires, afin que l’auteur l’eût sous la main lorsqu’il avait besoin d’elle. Elle le déchargeait des petits ennuis quotidiens. Son temps à lui avait plus de valeur, ce n’était même pas contestable.

AVANT-GARDE, EXTRAIT V : DANS L’ATMOSPHÈRE DU GÉNIE

L’Homme l’exploitait, il en avait probablement le droit, un homme de talent avait cueilli ce qui se présentait. Et même si elle était exploitée, elle vivait dans une atmosphère de génie et avait son destin là-haut sous les toits, elle n’était pas perdue pour autant, enfin, pas encore.

AVANT-GARDE, EXTRAIT VI : LIBERTÉ MEURTRIÈRE

Elle connaissait la liberté, en avait vécu, c’était celle des brigands, dure pour les femmes, quand on exigeait d’elles qu’elles en fissent autant que les hommes, et tout finissait mal pour elle. Cette liberté devenait finalement meurtrière.