Extraits de presse

3 étoiles et demie

Avant-garde, une magnifique première rencontre au sommet entre Denis Marleau et Dominique Quesnel.

Pour incarner les mémoires de Fleisser, Denis Marleau a pertinemment fait appel à nulle autre que Dominique Quesnel.

La comédienne nous offre une autre de ses magistrales performances, modulant avec expertise sa voix chaude pour rendre autant la détresse que la résilience du personnage, ainsi que les points de vue des personnages secondaires, dont le glacial poète et l’idiot d’époux.

Le metteur en scène Denis Marleau a construit un écrin parfait pour ce magnifique texte et son interprète avec un traversant où se situe également le musicien Jérôme Minière.

La musique et les images du Berlin d’époque, manipulées au ralenti par Stéphanie Jasmin, assurent le contrepoint parfait à une performance dont le crescendo bien planifié nous amène à l’explosion de douleur du personnage principal. Renversant!
Mario Cloutier, La Presse

 

AVANT-GARDE : FAIRE FACE À SA VÉRITÉ

L’auteure allemande Marieluise Fleisser (1901-1974), dont la vie de créatrice fut bouleversée par sa rencontre avec Bertolt Brecht et par l’avènement du régime nazi, publia tardivement ce « récit », Avant-garde, en 1962. Cette grande voix de la littérature allemande du 20e siècle ne connut la gloire de son vivant que par le scandale. L’Histoire la força par ailleurs au silence et à un exil intérieur de 30 ans, avant qu’elle puisse publier à nouveau. Ses échecs amoureux et ses doutes artistiques en firent une figure tragique dont ce spectacle permet d’appréhender la complexité, mais aussi d’apprécier l’écriture précise, lapidaire, bouleversante de vérité.

Le metteur en scène Denis Marleau, touché par ce récit, a vu juste en en confiant l’interprétation à Dominique Quesnel, comédienne au sommet de son art, qui porte le texte avec intensité, jouant en nuances, à la fois vulnérable et forte, une œuvre où se multiplient les ruptures de ton. Bien que largement autobiographique, ce monologue à la troisième personne du singulier, en partie conjugué au très littéraire imparfait du subjonctif, nous plonge dans la pensée de Cilly Ostermeier.

Sur un plateau sombre, équipé d’écrans translucides sur lesquels sont projetés des photos et des films d’époque, au ralenti et légèrement flous, comme les présences évanescentes d’humains fréquentés dans sa jeunesse, le personnage de Cilly passe lentement de la candeur à la révolte. L’interprète, d’une justesse sans faille, est appuyée par la prestation musicale de Jérôme Minière. Avec sobriété, celui-ci offre des interprétations sensibles de songs de Kurt Weill tirées notamment de L’Opéra de quat’sous, archiconnues, qu’il arrive à réinventer, qu’il les chante en anglais ou en allemand. Des intermèdes bienvenus, évoquant une époque d’éclosion créatrice foisonnante.

Après avoir quitté Brecht pour reprendre sa vie en main, Cilly-Marieluise retourne dans son patelin natal. L’artiste se taira dès lors pour une période de trois décennies. L’œuvre ici représentée suscite l’intérêt pour tout ce qu’elle a écrit, avant et après.
Raymond Bertin, revuejeu.org

 

ENTRE SOUMISSION ET INDÉPENDANCE, DOMINIQUE QUESNEL ENDOSSE SON PERSONNAGE AVEC UNE PRÉCISION ADMIRABLE

Avant-garde est un récit à la troisième personne publié en 1963. Marieluise Fleisser y relate dans une langue vive, précise et sensible le trajet de Cilly Ostermeier, un personnage qui n’est autre que son alter ego.

À l’abondance de texte et au minimalisme de la mise en scène, Jérôme Minière offre un contrepoint en chantant joliment quelques-uns des airs de Brecht et de Weill. Dans un dispositif scénique où la transparence et les projections vidéo occupent une place de choix, Dominique Quesnel évolue sur une passerelle entre le passé et le présent, la campagne et la ville, la soumission et l’indépendance. La comédienne endosse son personnage avec une précision admirable, exprimant jeunesse et maturité, naïveté et désenchantement, exil intérieur et renaissance.
Christian St-Pierre, Le Devoir

 

DOMINIQUE QUESNEL BRILLE

Le titre Avant-garde, dans le contexte de cette pièce coup de poing de l’Allemande Marieluise Fleisser, ne veut rien dire et ne rend pas justice à son auteure. Mais, c’est bien là le seul reproche que l’on pourrait faire à cette production délectable mise en scène par un maître, Denis Marleau, et livrée avec force vérité par la comédienne Dominique Quesnel.

Décor conçu habilement par Stéphanie Jasmin.

La comédienne Dominique Quesnel est lumineuse dans l’adaptation de la pièce qu’en a faite Denis Marleau à partir de l’excellente traduction de Henri Plard.

Tour de force de Dominique Quesnel

Sur un ton juste et touchant, sans qu’on s’en lasse une seule seconde, Dominique Quesnel est criante de vérité dans ce solo troublant qui la pousse jusqu’au bord des larmes. La comédienne a visiblement été bien dirigée par Denis Marleau dans ses moindres gestes et mimiques, créant avec ce personnage pour le moins paradoxal une osmose belle à voir.

En alternance, Jérôme Minière revient à l’avant-scène, pour chanter, même en allemand, les airs les plus connus du tandem Bertolt Brecht – Kurt Weill. Ses interprétations viennent nous atteindre comme autant de bouffées d’air frais tout en demeurant dans le réalisme de la pièce.

Avec sa pièce Avant-garde, Marieluise Fleisser vient déboulonner le mythe brechtien par le biais d’une autocritique du milieu du théâtre qui porte à réflexion, tout en offrant un réel petit bijou de pièce dans une période faste du théâtre montréalais.
Gilles G. Lamontagne, sorstu.ca

 

PIÈCE POIGNANTE INTERPRÉTÉE PAR DOMINIQUE QUESNEL

Une Dominique Quesnel captivante

Le personnage de Cilly Ostermeier est ici incarné par Dominique Quesnel et avec son petit côté de conteuse aguerrie, elle nous embarque assez rapidement dans ce récit poignant, en oscillant entre violence, tendresse et humour. La pièce dure 1h30 et on ne s’ennuie pas, même s’il peut nous arriver de décrocher à certains moments. Dominique Quesnel est captivante et sait utiliser le ton nécessaire pour stimuler l’attention. Avec une sobriété dans le décor, des images floues projetées sur les cases illustrant les propos évoqués, et les ombres en arrière-plans, on focalise notre regard sur cette femme face à nous, tout en appréciant la métamorphose constante autour d’elle.

Bien qu’il ait été écrit à une époque où la femme artiste avait encore peu de légitimité, ce récit poignant apparaît toujours aussi actuel en traitant des paradoxes d’une femme créatrice, avec ses sentiments, ses doutes et son affirmation en tant que personne. Une interprétation qui suscite toutefois beaucoup d’intérêt pour Dominique Quesnel et Denis Marleau le metteur en scène.
Mélanie Vibrac, atuvu.ca

 

AVANT-GARDE : MARIELUISE FLEISSER, UNE FEMME QUI VAUT LE DÉTOUR À L’ESPACE GO

Dominique Quesnel incarne la jeune Cilly Ostermeier avec candeur, fragilité et douceur. Ses gestes traduisent une certaine réserve, un désir de s’estomper, de se diluer dans cet homme adulé. Puis, plus loin, elle dévoile une autre facette d’elle-même, celle qui se révolte, qui rage, qui expulse la colère trop longtemps ravalée, mais avec retenue.

Un texte évocateur et puissant, un duo d’interprètes à couper le souffle

Si la mise en scène est épurée, la densité réside dans les mots. Ils sont évocateurs et poétiques, provoquant des images fortes, traduisant une conscience aiguisée des états d’âme de Marieluise Fleisser. Des images défilent sur des boîtes en plexiglas, créant un univers voluptueux. Les contours flous dessinent des femmes des années 30, 40 qui s’estompent, vaporeuses.

Ces images nous font voyager au rythme de la prestation musicale de Jérôme Minière. Sa participation agit telle « une mémoire sensorielle » comme le précise Denis Marleau, mais révèle aussi une époque qui explose sur le plan artistique. Jérôme Minière est tout simplement époustouflant, charmant et désarmant de sincérité dans l’interprétation en allemand qu’il fait de ces pièces. Vraiment, chapeau!

Quant à Dominique Quesnel : il s’agit sans aucun doute de l’une des meilleures actrices au Québec. Réciter seule sur scène un texte de cette ampleur, avec nuances, variant l’intensité, mais avec une maîtrise accrue… Bref, cette pièce suscite également une curiosité insatiable de partir à la découverte de Marieluise Fleisser, des adaptions cinématographiques de ses pièces à la lecture de ses œuvres littéraires. Une femme vraiment inspirante. À voir!
Edith Malo, lesmeconnus.net