RÉVOLUTION À LAVAL

Texte : Guillaume Lagarde
Mise en scène : Sébastien Dodge

Avec Marc Béland + Philippe Boutin + Kathleen Fortin + Myriam FournierJacques L’Heureux

Assistance à la mise en scène et régie : Andrée-Anne Garneau
Éclairages : Mathieu Marcil
Musique : Gaétan Paré
Scénographie et costumes : Elen Ewing
Maquillages et coiffure : Sylvie Rolland-Provost
Direction technique : Anne-Sara Gendron
Direction de production : Catherine La Frenière
Direction artistique : Patrice Dubois

 

« Moé j’pense qu’une fois à toutes les vingt ans l’assiette au beurre devrait changer d’mains pis la grosse chaise devrait changer d’cul. »

– Mercédès Urbain

 

L’action se passe principalement à Laval, c’est-à-dire Nulle Part, ou peut-être Partout. Roméo est le maire corrompu et insatisfait de Mascouche et sa femme Mercédès le convaincra d’ourdir un complot meurtrier contre le maire de Laval, dans le but de se faire élire maire à sa place. C’est clair et pas tout à fait net.

Voici une comédie de mœurs très librement inspirée d’UBU ROI d’Alfred Jarry, dont le thème principal est, bien entendu, celui de la corruption politique. Mais la pièce, caricaturale, absurde et cinglante s’attaque à la corruption au sens large, à la sempiternelle reconduction du statu quo, à notre odieuse absence de mémoire, au manque de savoir-vivre généralisé et à la consanguinité ambiante du petit monde de la politique municipale.

Il s’agit du deuxième rendez-vous du Théâtre PÀP et de l’auteur des CHAMPS PÉTROLIFÈRES, Guillaume Lagarde, qui explore ici un tout autre registre et montre l’étendue de son talent. Grimpant l’arbre de notre généalogie dramaturgique, il pirate Jarry, valdingue dans le guignol, singe Shakespeare et chaparde Aristophane. Il grossit les traits de notre monde, le regarde avec justesse et humour et l’entache d’une encre rouge, arme ultime d’élévation. Si le trait semble gras, si la charge n’est que frontale, c’est un gros tant mieux et un immense tant pis. Lagarde amuse sérieusement et rembourre franchement les nids de poules de nos consciences.

Sébastien Dodge, qui a quelques fois collaboré avec le Théâtre PÀP à titre de comédien, signera la mise en scène de cette diatribe. Son sens aigu du trop-plein comme du pas assez, sa rigueur et sa précision mécanique des choses conviennent parfaitement à cet univers. Ce sera l’occasion pour lui de dialoguer avec des comédiens de grands talents qui frappent ici le mur du sans bon sens, position salto arrière.

Une production du Théâtre PÀP