JACKIE

Du 5 au 30 octobre 2010

Texte : Elfriede Jelinek
Mise en scène : Denis Marleau + Stéphanie Jasmin

Avec Sylvie Léonard + Olivier Schmitt (caméraman sur scène)

Décor, accessoires et vidéo : Denis Marleau + Stéphanie Jasmin
Costumes : Isabelle Larivière
Éclairages : Marc Parent
Musique et environnement sonore : Nicolas Bernier
Maquillages et coiffures : Angelo Barsetti
Assistance à la mise en scène : Martin Émond

Une coproduction ESPACE GO + UBU compagnie de création

« Quel miracle qu’une image comme moi sache parler. »
– Jackie

Qui est Jackie Kennedy? Quelle femme se cache derrière la silhouette en tailleur Chanel reconnaissable entre toutes? Quelles pensées occupent l’esprit de cette première dame des États-Unis à l’image plus que parfaite autant en épouse souriante, en mère aimante qu’en digne veuve? Que sait-on réellement de Jackie? Finalement bien peu de choses, et les milliers d’images qui ont documenté toute sa vie n’en disent pas plus sur l’énigme qui fonde l’icône qu’elle est devenue. Grande metteure en scène d’elle-même, soucieuse du moindre détail et ne commettant aucune faute de style, elle est celle qui donne le ton. Mais sur ses tourments intérieurs face aux passions et aux drames qui ont jalonné sa vie, elle a réussi à maintenir le mystère derrière un sourire aussi insondable et éternel que celui de la Mona Lisa. Et si, en se protégeant du monde avec ses vêtements comme armure, elle s’était piégée elle-même? Et si c’était l’image qui vampirisait sa propre existence?

En 2000, Elfriede Jelinek écrit les DRAMES DE PRINCESSES, une variation en cinq tableaux autour du thème La Jeune Fille et la Mort. De Blanche Neige à Sylvia Plath et Ingeborg Bachmann, en passant par la Belle au Bois dormant, Rosamunde et JACKIE qui en est le dernier volet, l’auteure s’intéresse aux modèles féminins qu’elles constituent ou auxquels elles se sont butées. Modèles qui ont été « mis en marché » dans la société de consommation en autant de stéréotypes qui fondent les rapports entre les femmes et les hommes. Ces princesses des temps anciens et modernes parlent d’elles-mêmes en tant qu’images, perpétuellement au pied du miroir. Jelinek s’intéresse précisément à cette surface réfléchissante, où le sujet se voit objet, confondant son propre désir avec celui des autres. De ces brouillages entre la forme et le fond, entre l’être et le paraître, Jelinek tisse dans JACKIE une trame textuelle au style infiniment tonique où l’ironie, l’humour et le trivial côtoient la mélancolie et la tragédie.

Elfriede Jelinek est née à Vienne en 1946. Elle est l’auteure inclassable d’une douzaine de romans et d’une vingtaine de pièces, où elle déconstruit les mythes, les clichés et les stéréotypes relayés par les médias que par les idéologies, avec une passion pour le langage sous toutes ses formes. À l’instar de son compatriote Thomas Bernhard, Jelinek est une artiste engagée et souvent considérée subversive dans son pays. Prix Nobel de littérature en 2004, elle se fait connaître d’un plus large public avec son roman LA PIANISTE, adapté au cinéma par Michaël Haneke.

Denis Marleau est l’un des metteurs en scène incontournables de la scène québécoise dont la démarche singulière rayonne depuis près de trente ans ici et à l’étranger. Codirecteur d’UBU avec Stéphanie Jasmin, collaboratrice artistique depuis 2001, il signe avec elle la mise en scène de cette nouvelle création. Ils rencontrent pour la première fois la comédienne Sylvie Léonard qui prend à bras-le-corps la partition aux voix multiples de cette étonnante Jackie dépeinte par Jelinek. JACKIE est la quatrième collaboration entre ESPACE GO et UBU, un lien qui témoigne d’une complicité artistique fondée sur l’estime et sur une passion commune pour les écritures contemporaines. Ce texte de Jelinek s’inscrit dans cette lignée puisqu’on découvrira pour la première fois sur une scène à Montréal cette auteure à l’écriture originale et percutante.

Pièces tirées de Drames de princesses : La jeune fille et la mort IV

L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.

Affiche

Photos
Vidéo

Photo de l’en-tête : Caroline Laberge