LA FIN DE CASANOVA

Du 12 septembre au 7 octobre 2006

Texte : Marina Tsvetaïeva
Mise en scène : Denis Marleau

Avec Pierre Lebeau + Éliane Préfontaine + Gaétan Nadeau

Scénographie et bande sonore : Denis Marleau
Collaboration artistique : Stéphanie Jasmin
Assistance à la mise en scène : Martin Émond
Costumes : Daniel Fortin
Éclairages : Marc Parent
Accessoires : Stéphane Longpré
Maquillages et coiffures : Angelo Barsetti
Musique : John Rea
(Extraits de Schattenwerk interprétés par les violonistes Scott St. John et Mark Fewer)

Une coproduction ESPACE GO + UBU compagnie de création + Théâtre français du CNA (Ottawa)

« Tu viens trop tard, la fête est vieille.
Les petites amies de mes années
Dorées, t’en auraient dit, de ces merveilles
Sur mes festins de nuit. – Toi, tu es née
Trop tard – je n’ai à t’offrir que mes yeux. »
– Casanova

Dans un château de Bohème, le dernier soir de l’année 1799, le vieux Casanova décide de partir avec le siècle qui s’éteint. Il fait ses bagages et ses adieux aux femmes de sa vie en parcourant les lettres accumulées, mi-amusé, mi-amer. Ce temps des femmes et de l’amour est révolu et il se résigne, non sans colère, à cette fin. Mais voilà que surgit de la tempête une jeune fille qui lui déclare son amour. Il croit rêver. Pourtant, Francisca s’incarne de plus en plus sous ses yeux, fantasque, enfantine et brûlante de sincérité.

Loin du marivaudage entre un homme et une femme, il s’agit plutôt de la rencontre impossible et bouleversante entre deux êtres aux pôles opposés de la vie, au moment où le crépuscule d’un siècle laisse place à l’aube du suivant. Marina Tsvetaïeva, grande poétesse russe du XXe siècle, a écrit cette pièce des lumières, en vers heurtés et fulgurants, à l’image de la quête éperdue d’un absolu poétique et amoureux qui la consumera toute sa vie.

Marina Tsvetaïeva (1892-1941) livre une pièce dans laquelle vers morcelés, saccades et syncopes déferlent et s’entrechoquent. La fièvre est constante. « L’homme ne voit le monde correctement que dans la suprême exaltation »*, consignera-t-elle dans un carnet… À ce sentiment sans appel, elle aspire toute sa vie. Mariée à un combattant de l’Armée, la poétesse nourrit des passions parallèles (parmi lesquelles Boris Pasternak), aussi entières que fugaces, qui se manifestent par des correspondances enflammées, suivies de désillusions brutales. Embellissement, déception, rejet, mépris. Son Casanova incarnera ce désenchantement inéluctable face à la réalité, cette quête d’absolu, inatteignable et toujours recommencée. N’écrivait-elle pas à ses proches, peu avant son suicide : « sans l’amour, je n’ai pas de vie »* et « quand je n’aime pas je ne suis pas moi »*?

Tsvetaïeva signe LE PHÉNIX  (ou LA FIN DE CASANOVA) en 1919, un an après s’être liée d’amitié avec un groupe d’acteurs du Studio Vakhtangov, à Moscou. Elle écrit pour eux six courtes pièces (ROMANTIKA), ayant pour thème récurrent la rencontre amoureuse, et dont les deux dernières sont consacrées à Casanova. LE PHÉNIX, composée de trois tableaux autonomes, clôt le cycle. Denis Marleau s’est intéressé au dernier d’entre eux, centré sur le huis clos entre les deux protagonistes. À sa demande, André Markowicz est le traducteur-ciseleur des fulgurances incandescentes de la poétesse.

* Les citations surmontées d’un astérisque proviennent de Vivre dans le feu (Robert Laffont), une sélection de notes et de lettres de l’auteure, présentée par Tzvetan Todorov.

Affiche

Photos

Photo de l’en-tête : Marlène Gélineau Payette